Pour beaucoup de seniors, la question de garder son animal en résidence senior est source d’angoisse. Chats sur les genoux, chiens derrière la porte… Ces compagnons apportent chaleur, présence et repères au quotidien, et leur absence peut renforcer solitude et stress.
Cet article vous explique les règles à connaître, les conditions pour vivre avec votre animal, et les établissements qui les acceptent vraiment, afin de préserver ce lien précieux et le bien-être des résidents.
Les bienfaits de la présence animale chez les seniors
Impossible d’ignorer l’impact positif des animaux sur le moral et la santé des résidents. Le contact avec un chien ou un chat apaise, encourage à sortir, à bouger. Les échanges entre voisins se multiplient lors des promenades, les routines se maintiennent, la solitude s’efface un peu.
La science le confirme : tension artérielle abaissée, stress réduit, mobilité entretenue, mémoire stimulée. L’animal devient un médiateur social, parfois le dernier repère affectif.
- Soutien émotionnel fort, surtout lors des périodes de transition ou de deuil
- Incitation à l’exercice – même modéré, quelques pas suffisent
- Stimulation des échanges entre résidents, familles, personnel
- Rythme quotidien préservé : repas, soins, sorties
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Nouveau cadre légal : la loi « Bien vieillir » et l’arrêté de 2025
Depuis avril 2024, le paysage a changé. La loi n° 2024-317, dite « Bien vieillir », a posé un principe inédit : les résidents d’EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et de résidences autonomie peuvent, sous conditions, vivre avec leur animal de compagnie. Un arrêté du 3 mars 2025 a ensuite précisé les modalités pratiques. Pour la première fois, un texte légal balise la question, alors que jusque-là, seule une circulaire de 1986, sans valeur contraignante, évoquait le sujet.
Mais le droit n’a rien d’automatique : il se conjugue avec des exigences strictes. Responsabilité du résident, hygiène, sécurité, respect du voisinage. Le directeur de chaque structure reste maître du règlement intérieur.

Quelles règles pour garder son animal en établissement ?
Avant de pouvoir partager son quotidien avec un animal en établissement, il est essentiel de connaître les règles strictes et les responsabilités qui accompagnent cette cohabitation.
Des conditions strictes, un engagement personnel
Vivre avec un animal en EHPAD ou en résidence autonomie impose de prouver sa capacité à répondre à ses besoins. À l’admission, ou lors de l’arrivée d’un animal, il faut présenter un certificat vétérinaire tout récent, mentionnant l’identification, l’état de santé, les vaccinations, traitements éventuels, et surtout la non-dangerosité de l’animal.
Le résident reste intégralement responsable : soins quotidiens, nourriture adaptée, eau propre renouvelée, suivi vétérinaire, entretien du matériel (laisse, litière, cage). Il doit aussi s’assurer que l’animal ne dérange ni le personnel, ni les autres résidents – même dans les espaces privatifs.
- Certificat vétérinaire obligatoire, à renouveler en cas de doute sur la santé ou le comportement
- Animal identifié, vacciné, stérilisé selon les cas
- Absence de risques pour autrui : morsures, griffures, peur, allergies
- Respect des espaces interdits aux animaux (salles de restauration, certains lieux collectifs), sauf chiens-guides
- Matériel pour contenir l’animal fourni par le résident
La gestion des incidents, petits ou grands, relève aussi de la responsabilité du propriétaire. Un animal bruyant, malpropre ou agressif peut entraîner une révision de l’accord, voire un refus définitif.
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Des interdictions nettes pour certains animaux
Le texte réglementaire exclut explicitement les chiens de catégorie 1 (chiens d’attaque – pit-bulls, boerbulls, tosas) et de catégorie 2 (certains chiens de garde, comme le rottweiler ou l’American Staffordshire terrier). Ces races, considérées comme potentiellement dangereuses, restent interdites, quelle que soit la structure. Les autres animaux, chats, chiens de taille modérée, oiseaux, petits rongeurs sont évalués au cas par cas.
Les établissements qui acceptent (vraiment) les animaux : qui s’engage ?
Même si la loi encourage l’accueil des animaux, chaque établissement reste libre de définir ses propres conditions : comprendre ces règles permet de savoir où et comment son compagnon pourra réellement être accepté
EHPAD et résidences autonomie : le nouveau cadre, la réalité du terrain
Avec la loi de 2024, le principe d’acceptation devient la règle. Pourtant, dans les faits, chaque direction conserve une marge de manœuvre. Le texte impose l’accueil sous réserve que l’animal ne nuise pas à la sécurité, l’hygiène, la tranquillité du collectif. Les conditions varient : taille, nombre d’animaux, accès aux espaces communs. Certains établissements n’ouvrent la porte qu’aux animaux calmes, âgés, de petite taille.
Le dialogue reste donc décisif : contacter la structure visée, poser toutes les questions, demander à consulter le règlement. Les modalités précises se négocient parfois au cas par cas, en fonction du type d’animal, de son comportement, du profil du résident. Un accord peut être remis en cause si le contexte évolue.
Résidences services seniors : une politique d’accueil souvent plus ouverte
Les résidences services seniors – structures privées, non soumises à l’obligation de la loi – affichent pour certaines une politique nettement plus accueillante. Les groupes comme Domitys, par exemple, font de l’acceptation des animaux un engagement affiché. Tous les établissements du réseau accueillent chats, chiens (de petite et moyenne taille), oiseaux, petits rongeurs, sous réserve de respect du voisinage et de l’hygiène.
Dans ces structures, l’intégration de l’animal s’accompagne souvent de services dédiés : espaces verts sécurisés, accès à des vétérinaires, garderie, ateliers de médiation animale. La rencontre préalable avec l’animal, la vérification de son adaptation, font partie du processus d’admission. L’objectif : garantir le bien-être de tous, résidents comme animaux.
- Animaux autorisés sous conditions (comportement, taille, nombre)
- Responsabilité du résident : soins, hygiène, gestion des absences
- Espaces adaptés, personnel sensibilisé
- Accompagnement possible pour l’adoption d’un nouvel animal
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Questions fréquentes et situations concrètes
- Possibilité de venir avec plusieurs animaux : souvent limité, à négocier avant l’entrée
- Acceptation d’animaux âgés ou incontinents : cas par cas, selon la capacité du résident à gérer l’hygiène
- Refus de la résidence : solutions à envisager (famille, associations, adoption collective d’un animal par l’établissement)
- Changement de politique interne : le résident peut se retrouver en difficulté, dialogue indispensable
- Que faire en cas d’hospitalisation ? Certaines résidences proposent une solution de garde temporaire
Les établissements publics restent parfois plus rigides, tandis que les résidences privées rivalisent de souplesse, dans la limite de l’intérêt collectif. Une constante : tout doit être anticipé. Lire le règlement, demander un accord écrit, préparer un plan B pour l’animal si la situation l’exige.
À vérifier avant d’emménager avec son animal : la check-list essentielle
- Consulter le règlement intérieur de la résidence, obtenir une confirmation écrite
- Faire établir un certificat vétérinaire détaillé, à jour
- Prévoir le matériel adapté (litière, cage, laisse, gamelles, jouets)
- Évaluer la capacité à gérer seul ou avec aide les soins quotidiens
- Anticiper le bien-être de l’animal : espace, sorties, stimulation, adaptation à la vie collective
- Identifier une solution de secours en cas d’imprévu (hospitalisation, fatigue, accident)
Alternatives et solutions collectives
Quand la présence d’un animal personnel n’est pas possible, d’autres options émergent. De plus en plus d’établissements proposent la médiation animale : animaux visiteurs venus de l’extérieur, adoption d’un animal collectif dont le soin est partagé. Cette approche permet de préserver le contact, sans les contraintes logistiques et sanitaires d’un animal propre à chaque résident.

Ressources utiles et textes de référence
- Loi n° 2024-317 du 8 avril 2024
- Arrêté du 3 mars 2025
- Service-Public.fr – Animaux en EHPAD
- Réseau Domitys
- « Mon animal de compagnie, compagnon de santé » – Janet Ruckert, éditions Le souffle d’or
FAQ pratique : vos questions, nos réponses
Un animal peut-il être refusé même si la loi l’autorise ?
Oui, si l’animal présente un danger, des troubles du comportement, ou si le résident ne peut pas assurer son entretien. L’établissement doit justifier sa décision, mais la sécurité collective prévaut.
Comment éviter une séparation douloureuse ?
Dialoguer très tôt avec la direction, fournir tous les documents demandés, anticiper les besoins de l’animal. Si le refus est inévitable, chercher une solution de garde temporaire ou confier l’animal à des proches.
Les chiens-guides sont-ils concernés par les restrictions ?
Non. Les chiens d’assistance bénéficient d’une exception légale : leur présence est toujours autorisée, sans condition de taille ou de race, dans tous les espaces publics et privés recevant du public.
Existe-t-il un recours en cas de changement de politique de la résidence ?
Les résidents peuvent saisir le médiateur, voire engager une action en justice si l’animal était accepté à l’entrée. Mais la voie du dialogue reste toujours à privilégier.
La présence animale, un enjeu de société en mutation
Le droit d’emmener un animal en résidence senior s’impose désormais dans le paysage français, mais la réalité dépend largement du dialogue, du respect des règles communes, et de la capacité à anticiper. Si l’accompagnement progresse, chaque situation reste unique. Préparer son projet, s’informer, défendre son lien avec son compagnon, c’est aujourd’hui possible – jamais garanti d’avance, mais plus accessible qu’hier.



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