Repas mixés, textures modifiées : comment un EHPAD accompagne les personnes âgées qui ont des difficultés à manger ?     

Repas mixés, textures modifiées comment un EHPAD accompagne les personnes âgées qui ont des difficultés à manger
Actualités des Maisons de retraite

Vous avez constaté que votre parent en maison de retraite éprouve de plus en plus de difficultés à s’alimenter et vous craignez qu’il ne fasse une fausse route, qu’il ne se déshydrate ou bien qu’il ne perde trop de poids ? En EHPAD, les équipes proposent des plans alimentaires adaptés aux capacités des résidents, incluant des repas mixés ou d’autres textures modifiées. Cette prise en charge vise à sécuriser son alimentation en EHPAD, à préserver des apports nutritionnels suffisants et, autant que possible, à maintenir le plaisir de manger.

Pourquoi certains résidents ont-ils besoin de repas adaptés ?

Avec l’âge ou la maladie, manger peut devenir plus difficile. L’EHPAD doit alors repérer les obstacles rencontrés afin de proposer une réponse personnalisée.

Les difficultés qui peuvent empêcher une personne âgée de manger 

Avec l’âge, certains résidents ont du mal à mâcher en raison d’une mauvaise dentition, d’un appareil dentaire mal ajusté ou d’un manque de force tout simplement. D’autres peuvent souffrir de troubles de la déglutition, appelés dysphagie. Ces troubles peuvent notamment apparaître après un AVC[2] ou être liés à une maladie neurodégénérative, comme les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson.

Une perte d’autonomie peut aussi empêcher la personne de couper ses aliments, de porter les couverts à sa bouche ou de bien se tenir à table.

Les troubles peuvent concerner les aliments solides, mais aussi les liquides, qu’il faudra alors épaissir pour faciliter la déglutition et limiter le risque de fausse route chez le senior.

seniors dépendants qui ont besoin de repas avec des textures adaptées

Les risques d’une alimentation mal adaptée

Une personne qui a peur de s’étouffer peut progressivement manger et boire moins. Des douleurs à la mastication, des repas trop longs ou une fatigue importante peuvent avoir le même effet. Une alimentation mal adaptée expose alors à plusieurs risques :

  • des fausses routes et des éventuelles complications respiratoires ;
  • une déshydratation ;
  • une dénutrition[3] ;
  • une perte de poids et de masse musculaire ;
  • une fatigue accrue ;
  • une plus grande vulnérabilité aux infections et aux chutes ;
  • une diminution de la mobilité et de l’autonomie.

La prise en charge doit donc être personnalisée et régulièrement réévaluée. Les aliments ne doivent pas être systématiquement mixés : la texture choisie dépend des difficultés et des capacités de chaque résident.

LIRE AUSSI : Alzheimer et refus d’alimentation en EHPAD : ce que l’établissement peut faire et ce que la famille peut exiger

Comment l’EHPAD adapte-t-il les repas aux besoins des résidents ?

En maison de retraite, les repas sont adaptés aux capacités de chaque résident. La texture choisie doit faciliter et sécuriser la prise alimentaire. 

Les différentes textures proposées aux seniors en maison de retraite

L’adaptation est progressive et personnalisée. Une texture modifiée pour une personne âgée peut être temporaire, par exemple après une hospitalisation, ou s’inscrire dans la durée. Elle doit évoluer avec son état de santé et ses capacités.

TextureCaractéristiquesPour qui ? 
Hachée Aliments hachés, très tendres et faciles à mâcherLégères difficultés à mâcher, mais capables d’avaler de petits morceaux
Moulinée Aliments mous et légèrement granuleux. Résidents qui ne peuvent plus mâcher de morceaux, mais qui tolèrent une consistance légèrement granuleuse 
MixéeAliments sont transformés pour obtenir une consistance homogène, épaisse et sans morceaux Pour les personnes ayant des difficultés importantes à mâcher ou à avaler 
Lisse ou semi-liquide Préparation est très fine, homogène et plus fluide qu’une texture mixée classiquePour les résidents présentant des troubles de la déglutition plus importants, après une évaluation individuelle. 
LiquideAlimentation fluide, avec une consistance proche de celle d’une crème anglaisePersonnes qui ne peuvent pas consommer de préparations plus épaisses. 

Comment la préparation des repas est-elle encadrée ?

Les repas peuvent être préparés dans la cuisine de l’EHPAD ou par un prestataire extérieur. Dans les deux cas, leur préparation doit respecter des règles d’hygiène et de qualité nutritionnelle.

Le décret du 30 janvier 2012 fixe des exigences concernant la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements sociaux et médico-sociaux, dont les EHPAD. Les menus doivent être variés et tenir compte des besoins des résidents.

Pour choisir et préparer la bonne consistance, les professionnels peuvent s’appuyer sur le référentiel international IDDSI. Celui-ci classe les aliments et les boissons selon leur texture et leur épaisseur. Cet outil permet d’harmoniser les pratiques et de sécuriser l’alimentation des personnes ayant des troubles de la déglutition.

Lorsque le résident mange peu, les plats peuvent être enrichis avec du fromage, des œufs, de la crème ou du lait en poudre. Si l’alimentation habituelle ne suffit plus, le médecin peut prescrire des compléments nutritionnels.

personnel de l'ehpad préparant des repas avec des textures adaptées pour les résidents

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Comment préserver le plaisir de manger avec des textures modifiées ?

Modifier la consistance d’un plat ne doit pas faire disparaître son goût. L’apparence, les odeurs et l’ambiance du repas contribuent aussi à donner envie de manger.

Comment rendre un repas mixé plus appétissant ?

Un repas mixé peut rester agréable si les équipes veillent à : 

  • préserver les couleurs et les saveurs ;  
  • présenter séparément la viande, les légumes et les féculents ; 
  • varier les aliments et les recettes ; 
  • respecter les goûts et les habitudes du résident (épicé, sucré-salé, etc.) ; 
  • soigner la présentation de l’assiette.

Préserver la convivialité et respecter le rythme du résident 

Le repas reste un moment important de la vie collective. Lorsque sa situation le permet, le résident peut manger dans la salle commune avec les autres personnes accueillies.

Son rythme doit toutefois être respecté. Certains résidents ont besoin de plus de temps, d’un environnement calme ou d’une aide pour utiliser leurs couverts. Les équipes peuvent aussi corriger leur position à table et leur proposer de petites bouchées.

L’accompagnement doit rester discret et respectueux. Si la durée du repas devient trop longue et fatigante, de plus petites quantités peuvent être proposées plusieurs fois dans la journée.

Quels professionnels interviennent dans l’accompagnement alimentaire ?

L’accompagnement des personnes âgées qui ont des difficultés à manger mobilise plusieurs métiers. Leur coordination permet de concilier sécurité, nutrition et qualité de vie.

Le rôle des équipes en EHPAD

Les aides-soignants et les infirmiers observent le déroulement des repas. Ils peuvent repérer une toux, un refus alimentaire, une fatigue inhabituelle ou une baisse des quantités consommées.

Le médecin traitant évalue la situation médicale et peut prescrire une alimentation adaptée. Le médecin coordonnateur participe à l’organisation de la prise en charge dans l’établissement.

Selon les besoins, un orthophoniste peut évaluer la déglutition et proposer des adaptations de texture, de position ou de rythme. Le diététicien veille à l’équilibre des menus et aux apports nutritionnels.

L’équipe hôtelière et les professionnels de la cuisine assurent la préparation, la présentation et le service. Ils doivent connaître les consignes propres à chaque résident.

Pourquoi les textures doivent-elles être régulièrement réévaluées ? 

Les difficultés alimentaires peuvent évoluer rapidement. Les équipes surveillent donc le poids, l’appétit, l’hydratation et le comportement du résident pendant les repas.

Une alimentation mixée ne doit pas devenir définitive par automatisme. Si les capacités de la personne s’améliorent ou se dégradent, une nouvelle évaluation peut conduire à modifier la texture.

Les professionnels observent également les aliments laissés dans l’assiette. Cela peut permettre de repérer un plat mal accepté, une perte d’appétit ou une difficulté à avaler une certaine consistance.

Comment les familles peuvent-elles participer au suivi alimentaire ?

Lors de l’entrée en établissement, la famille peut transmettre les habitudes du résident : ses plats préférés, les aliments qu’il refuse, le rythme des repas, ses pratiques culturelles ou religieuses. Ces renseignements permettent de préserver ses repères personnels.

Les proches peuvent également signaler une perte de poids, un appareil dentaire devenu inconfortable ou un changement de comportement.

Avant d’apporter un aliment, il reste indispensable d’interroger l’équipe. Un gâteau, un fruit ou un bonbon apparemment anodin peut ne pas convenir à la texture prescrite et présenter un risque de fausse route.

Repas adaptés en EHPAD : un enjeu de santé mais aussi de qualité de vie

Une alimentation adaptée vise à protéger le résident sans lui retirer le plaisir de manger. Elle participe directement à son bien-être quotidien.

Pour éviter la dénutrition en EHPAD, les professionnels ne surveillent pas uniquement le contenu de l’assiette. Ils prennent aussi en compte les capacités physiques, l’environnement, les goûts et l’aide nécessaire pendant le repas.

Régulièrement réévaluées, les textures modifiées peuvent sécuriser l’alimentation tout en préservant l’autonomie. Le résident continue ainsi à reconnaître les saveurs et à partager un moment convivial.

FAQ

Pourquoi un EHPAD propose-t-il des repas mixés ?

Un repas mixé peut être proposé lorsqu’une personne éprouve des difficultés importantes à mâcher ou à avaler. Cette adaptation vise à faciliter la prise alimentaire, à limiter les risques de fausse route et à éviter la dénutrition.

Quelle différence entre texture mixée et texture modifiée ?

La texture mixée est une forme de texture modifiée. Elle est lisse, homogène et sans morceau. Le terme « texture modifiée » englobe aussi les consistances tendres, hachées, moulinées ou épaissies.

Les repas mixés sont-ils moins bons pour les personnes âgées ?

Ils ne sont pas nécessairement moins savoureux ou moins nutritifs. Tout dépend de leur préparation, de ce qu’on y ajoute (crème, fromage, etc.) et de la présentation. Les ingrédients doivent rester variés et adaptés aux goûts du résident.

Qui décide qu’un résident doit avoir une alimentation adaptée ?

La décision repose sur une évaluation individuelle et pluridisciplinaire. Le médecin et l’équipe soignante peuvent solliciter un orthophoniste ou un diététicien. La texture est ensuite transmise aux équipes chargées de la cuisine et du service.

Comment éviter la dénutrition chez une personne âgée en EHPAD ?

Il faut repérer rapidement la perte de poids ou d’appétit, adapter la texture, proposer une alimentation suffisamment riche et respecter les goûts de la personne. L’enrichissement des plats, le fractionnement des prises et, si nécessaire, les compléments nutritionnels s’intègrent dans un suivi médical.

Sources : 

  • référentiel international IDDSI (International Dysphagia Diet Standardisation Initiative) ;
  • legifrance.gouv.fr. – Décret n° 2012-144 du 30 janvier 2012.

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