DMLA : comprendre la dégénérescence maculaire et les solutions de prise en charge pour les seniors

DMLA comprendre la dégénérescence maculaire et les solutions de prise en charge pour les seniors
Maisons de retraite

Le vieillissement s'accompagne souvent d'un changement de regard sur le monde, parfois au sens littéral. Parmi les affections visuelles qui s'installent avec l'âge, la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) occupe une place prépondérante. Première cause de handicap visuel chez les plus de 60 ans en France, elle bouleverse le quotidien, met à l'épreuve la vie sociale et l'autonomie, sans pour autant signer la fin de toute activité. Comprendre les mécanismes de la DMLA, anticiper ses conséquences, organiser la prise en charge : autant de défis à relever pour les seniors et leurs proches.

Comprendre la DMLA : mécanismes, risques et symptômes

La DMLA est une maladie de la rétine qui altère progressivement la vision centrale, avec des mécanismes, des formes et des signes qu’il est essentiel de comprendre pour agir tôt.

Un trouble de la macula, des formes variées

Au cœur de la rétine, la macula concentre les cellules photoréceptrices qui permettent la vision centrale, précise, celle qui sert à lire, reconnaître un visage, conduire. La DMLA s'attaque à cette zone, provoquant une altération progressive de la vision centrale tandis que la périphérie du champ visuel reste souvent intacte.

Deux visages dominent la maladie :

  • La forme atrophique (ou sèche) : la plus fréquente, environ 80 % des cas. Elle évolue lentement, sur plusieurs années, par disparition progressive des cellules de la macula. La perte de vision centrale s'installe insidieusement, parfois sur une décennie.
  • La forme exsudative (ou humide) : plus rare, mais aussi plus rapide et agressive. Ici, de nouveaux vaisseaux sanguins anormaux prolifèrent sous la rétine, provoquant des hémorragies et des œdèmes. Sans intervention, la perte visuelle centrale peut être brutale, en quelques semaines, voire jours.

détection d'une forme atrophique de DMLA chez un senior

Facteurs de risque : le poids de l'âge, mais pas seulement

La fréquence de la DMLA explose avec l'âge : 1 % des 50-55 ans, 10 % entre 65 et 75 ans, jusqu'à 30 % au-delà de 75 ans. 

D'autres paramètres s'imbriquent :

  • Hérédité : la génétique pèse lourd. Un antécédent familial multiplie le risque par quatre.
  • Tabac : un fumeur s'expose à un risque quatre à cinq fois supérieur à celui d'un non-fumeur.
  • Régime alimentaire déséquilibré : peu d'oméga-3, peu d'antioxydants, trop de graisses saturées.
  • Exposition excessive aux UV sans protection oculaire.
  • Surpoids et sédentarité viennent compléter le tableau.

Reconnaître les signes avant-coureurs

Au début, la DMLA avance masquée. Puis, insidieusement, la vision centrale se trouble. Les lignes droites se gondolent, des taches sombres (scotomes) se forment au centre du champ visuel. La lecture devient difficile malgré une correction adaptée. Les couleurs semblent moins vives, les contrastes s'effacent, l'éblouissement survient plus facilement.

La gêne nocturne s'installe, rendant les déplacements à la tombée du jour délicats.

Dépistage et diagnostic : repérer tôt pour agir vite

Surveiller sa vue après 50 ans prend tout son sens. Un contrôle ophtalmologique tous les un à deux ans s'impose, plus rapproché si des facteurs de risque sont présents. L'autosurveillance, par exemple avec la grille d'Amsler (outil simple accessible en ligne), aide à détecter tôt une déformation du champ visuel.

En cas de symptômes, une consultation rapide (moins d'une semaine) s'impose. L'ophtalmologiste s'appuie sur plusieurs examens : mesure d'acuité visuelle, examen du fond d'œil à la lampe à fente, tomographie en cohérence optique (OCT) pour visualiser la macula, parfois angiographie pour préciser la forme de la maladie.

Prise en charge médicale : ralentir l'évolution, stabiliser la vision

Même si la DMLA ne se guérit pas, une prise en charge adaptée permet d’en ralentir l’évolution et de préserver au mieux la vision restante.

Traitements selon la forme de la maladie

  • DMLA atrophique : pas de traitement curatif à ce jour. Une supplémentation par compléments alimentaires (antioxydants, vitamines, oméga-3) peut ralentir la progression. Un suivi régulier demeure essentiel.
  • DMLA exsudative : injections intraoculaires d'anti-VEGF (comme le ranibizumab ou l'aflibercept) pour bloquer la prolifération des vaisseaux anormaux. Parfois, un traitement combiné par photothérapie dynamique au laser infrarouge s'ajoute. L'efficacité dépend de la précocité de la prise en charge.

Rééducation et accompagnement pluridisciplinaire

Quand la vision centrale recule, d'autres professionnels entrent en jeu :

  • Orthoptistes pour apprendre à utiliser les zones de rétine non atteintes. 
  • Ergothérapeutes et psychomotriciens pour réorganiser le quotidien, sécuriser les déplacements, adapter les gestes de tous les jours. 
  • Psychologues, associations, groupes de parole : le soutien émotionnel compte autant que la rééducation.

Adapter le quotidien : préserver l'autonomie malgré la perte de vision

Adapter son environnement et ses habitudes permet de préserver l’autonomie, de rester actif et de sécuriser le quotidien malgré la baisse de la vision. 

Aménagement du logement

  • Supprimer les zones d'ombre, 
  • Placer des éclairages à détection de mouvement pour éviter les chutes nocturnes, 
  • Renforcer les contrastes sur les marches, les interrupteurs, la vaisselle,
  • Désencombrer les espaces de circulation, 
  • Placer les objets indispensables à portée de main et bien visibles. 

Étiquettes en gros caractères, pochettes colorées, corbeilles organisées facilitent le repérage.

Aides techniques et outils du quotidien

Loupes à éclairage intégré, montres parlantes, téléphones à larges touches, balances et fours à commande vocale : le matériel spécialisé compense la perte de finesse visuelle. 

Les téléagrandisseurs et logiciels de lecture sur écran ouvrent accès à la presse et aux documents administratifs. 

Les centres d'information sur les aides techniques (CICAT) et le centre d'appel ARRADV (0800 013 010) orientent dans le choix du matériel.

loupe de lecture pour un senior atteint de DMLA

Vie sociale, loisirs, mobilité : rester actif

  • Lecture : livres en gros caractères, audiolivres, bibliothèques sonores (association Valentin Haüy).
  • Jeux adaptés : pions et cartes XXL, plateaux contrastés, dominos et scrabble repensés.
  • Films audiodécrits : une autre façon de profiter du cinéma.
  • Déplacements : instructeurs spécialisés en locomotion, cartes d'invalidité pour un accompagnement dans les transports, solutions de transport adapté proposées par les collectivités.
  • Conduite automobile : une évaluation médicale s'impose, la sécurité prime. L'arrêt de la conduite fait parfois partie du parcours.

Aide à domicile[2] et accompagnement

La perte d'autonomie visuelle n'exclut pas la possibilité de rester chez soi. Aide pour le ménage, les courses, la préparation des repas, la toilette, l'habillage : les services d'aide à domicile[2] interviennent selon les besoins, de façon ponctuelle ou régulière.

Soutien financier et ressources pour l'adaptation

Type d'aideBénéficiairesUtilisation 
APA à domicile (allocation personnalisée d'autonomie)Personnes de plus de 60 ans en perte d'autonomieFinancement de l'aide à domicile, matériel adapté, aménagement du logement
PCH (prestation de compensation du handicap)[2]Personnes handicapées, à tout âgeMatériel, adaptation du logement, aide à la personne (hors tâches domestiques)
Aides des caisses de retraiteRetraitésIntervention à domicile, aides techniques
Ma Prime Adapt'Seniors et personnes handicapéesTravaux d'adaptation du logement
Complémentaires santéTous publicsPrise en charge du reste à charge sur matériel ou interventions

Les démarches se font via les services sociaux, la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), les collectivités ou directement auprès des organismes concernés.

Prévention et suivi : agir sur les leviers modifiables

Il n’existe pas de solution miracle contre la DMLA, mais de nombreux leviers permettent de limiter les risques et de préserver la vision. 

Arrêter de fumer réduit de façon significative la probabilité de développer la maladie. Porter des lunettes filtrant les UV et la lumière bleue protège la rétine des agressions extérieures. 

L’alimentation joue un rôle important : fruits, légumes, poissons gras, huiles riches en oméga-3, vitamines et antioxydants contribuent à la santé oculaire. 

Pratiquer une activité physique régulière, maintenir un poids stable et stimuler la circulation sanguine sont autant d’habitudes bénéfiques. 

Enfin, la vigilance reste essentielle : la rééducation orthoptique et les visites régulières chez l’ophtalmologiste, surtout à partir de 65 ans, permettent de détecter précocement toute évolution et d’adapter la prise en charge

Associations, réseaux et ressources : ne pas rester seul face à la DMLA

  • Rétina France : information, soutien, financement de la recherche sur les maladies rétiniennes.
  • Association Valentin Haüy : matériel spécialisé, médiathèques, accompagnement social.
  • Fédération des aveugles de France : informations, conseils, plateforme Savoiraider.org pour les aidants.
  • ARRADV : centre d'appel et conseils pratiques pour l'adaptation du quotidien, droits et démarches.

Des formations existent pour les proches aidants, essentielles pour comprendre les besoins spécifiques, anticiper les difficultés et préserver la qualité de la relation.

FAQ – Prise en charge de la DMLA, questions essentielles

La DMLA rend-elle totalement aveugle ? 

Non, la vision périphérique reste généralement préservée, seule la vision centrale est altérée.

Un traitement peut-il guérir la maladie ? 

Aucun remède définitif, mais les traitements de la forme humide ralentissent la progression et stabilisent la vision chez de nombreux patients.

La maladie est-elle héréditaire ? 

Oui, la prédisposition familiale joue un rôle majeur.

Quels types d'hébergement existent pour une perte d'autonomie importante ? 

Hébergement familial, colocation senior, établissements spécialisés, solutions d'accueil temporaire ou durable selon le degré d'autonomie.

Où trouver des informations fiables ? 

Assurance Maladie, INSERM, sites associatifs (Valentin Haüy, Retina France)

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