Différence entre EHPAD et résidence senior : comment savoir laquelle choisir selon l’autonomie (GIR 1 à 6)

Différence entre EHPAD et résidence senior comment savoir laquelle choisir selon l’autonomie (GIR 1 à 6)
Maisons de retraite

Quand l'âge avance, la question du logement adapté revient vite sur le devant de la scène. Entre EHPAD et résidence senior, les différences ne sont pas seulement administratives ou tarifaires. Elles touchent au cœur du projet de vie, à l'autonomie, à la santé, au confort, aux liens familiaux, à l'équilibre financier. Savoir décoder les nuances, comprendre ce que recouvrent les niveaux GIR[1] 1 à 6, c'est éviter le choix par défaut. Et parfois, anticiper une évolution inévitable.

Repères : comprendre les deux modèles

Avant de comparer les prestations et les coûts, il est essentiel de bien comprendre ce qui distingue une résidence senior d’un EHPAD, tant en termes d’autonomie que de niveau d’accompagnement.

Résidence senior : autonomie, confort, vie sociale préservée

La résidence senior, parfois appelée résidence autonomie ou résidence services, s'adresse aux personnes âgées autonomes en GIR[1] ou 6. On y croise des femmes et des hommes encore mobiles, capables de gérer l'essentiel du quotidien – courses, toilette, repas, sorties. 

Le plus souvent, il s'agit de logements privatifs (studios, T2, parfois T3), aménageables à sa guise, avec cuisine et salle de bain adaptées.

L'atmosphère y diffère nettement de celle d'un établissement médicalisé : pas de blouses blanches en continu, mais une présence rassurante du personnel, des services à la carte (restauration, ménage, animations, sécurité 24h/24 par téléassistance). La vie collective, sans obligation, favorise le lien social et lutte contre l'isolement sans imposer de rythme. 

femme senior dans son logement individuel en résidence senior

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EHPAD : accompagnement médicalisé et sécurité 24h/24

L'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) va beaucoup plus loin dans l'accompagnement. Il accueille principalement des personnes dont la perte d'autonomie est significative, nécessitant une aide quotidienne pour les actes de la vie courante (toilette, habillage, alimentation, déplacements). 

Ici, la présence d'un personnel médical et soignant est permanente, jour et nuit. Les soins, la surveillance, la gestion des pathologies chroniques ou des troubles cognitifs (maladie d'Alzheimer, Parkinson…) font partie du quotidien. 

La prise en charge est globale : hébergement, restauration, soins, activités, sécurité.

Le profil type ? Seniors classés GIR[1] 1 à 4 selon la grille AGGIR[3][4], incapables de rester seuls à domicile, même avec des aides extérieures.

Le GIR[1] : l'indicateur pivot du choix

Tout tourne autour du GIR[1], pour Groupe Iso-Ressources. Cette grille nationale, utilisée par les équipes médico-sociales, mesure le degré de dépendance sur une échelle de 1 (dépendance lourde) à 6 (autonomie complète). L'évaluation du GIR[1] conditionne l'orientation, le montant des aides financières, et le type de structure accessible.

  • GIR[1] 1-2 : dépendance majeure, besoin d'aide constante, souvent troubles cognitifs ou pathologies lourdes.
  • GIR[1] 3-4 : assistance régulière requise pour plusieurs gestes quotidiens, mais autonomie mentale parfois préservée.
  • GIR[1] 5-6 : autonomie globale, aide ponctuelle éventuellement (courses, ménage, gestion administrative).

Cadre de vie, prestations : deux univers différents

Au-delà du niveau d’autonomie, la résidence senior et l’EHPAD offrent des cadres de vie et des prestations très différents, qui influencent fortement le quotidien des résidents.

Résidence senior : indépendance, souplesse, convivialité

Ici, la liberté prime. Chacun vit dans son appartement, conserve ses habitudes, invite famille et amis, choisit ses activités. Les espaces communs (salle d'animation, restaurant, jardin) sont des lieux de rencontre, jamais une obligation. Le mobilier personnel, la décoration, la gestion du temps : tout reste possible. Les services sont proposés à la carte. Il n’y a pas de médicalisation, mais la possibilité pour les résidents de solliciter des professionnels de santé libéraux au besoin.

  • Animation, ateliers prévention, vie culturelle
  • Restauration sur place ou à domicile, selon l'envie
  • Sécurité renforcée grâce à la téléassistance
  • Blanchisserie, ménage, aide administrative sur demande

En moyenne, une cinquantaine de résidents, parfois moins dans les MARPA[5] rurales (30 places maximum).

EHPAD : sécurité, soins, accompagnement permanent

En EHPAD, la vie collective s'organise autour d'un accompagnement permanent. Chambres individuelles ou doubles, espaces communs adaptés, accessibilité universelle. Le personnel médical (infirmiers, aides-soignants, médecins coordonnateurs) veille jour et nuit sur les résidents. La surveillance continue, la gestion des traitements, la prévention des chutes, les soins d'hygiène et de confort forment le socle du service.

  • Activités adaptées au niveau de dépendance
  • Prise en charge de la douleur, accompagnement en fin de vie[6]
  • Soutien psychologique, suivi nutritionnel
  • Sécurité renforcée, présence humaine continue

femme senior bénéficiant d'un suivi médical en EHPAD

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Bouquet de services : quelles différences concrètes ?

CritèreRésidence seniorEHPAD
Type de logementAppartement privatif, personnalisableChambre individuelle ou double, mobilier standardisé
Services inclusConfort, sécurité, loisirs, restauration (optionnelle)Soins médicaux, aide quotidienne, restauration adaptée
Niveau de dépendanceFaible à modéré (GIR[1] 5-6)Élevé (GIR[1] 1-4)
PersonnelAnimation, sécuritéSoignants, personnel médical
AutonomiePréservée, encouragéeLimitée, assistée
Coût moyen (2025)600 à 900 € (studio T1)Environ 2 630 €

Finances, aides : le vrai coût du choix

Le budget est souvent un critère déterminant : résidence senior et EHPAD n’impliquent ni les mêmes coûts, ni les mêmes aides financières.

Résidence senior : coût modéré, aides au logement

Le coût mensuel reste généralement modéré. Il se compose principalement du loyer, des charges courantes et des services optionnels choisis à la carte. Les tarifs débutent autour de 600 € par mois pour un studio en résidence autonomie et peuvent atteindre 1 300 € dans les résidences services les plus haut de gamme

Les résidents peuvent bénéficier d’aides au logement (APL ou ALS), de soutiens financiers des caisses de retraite et, dans certains établissements habilités, de l’aide sociale à l’hébergement (ASH). L’APA, versée à domicile à partir du GIR[1] 4, peut également financer des aides humaines complémentaires.

EHPAD : tarif élevé, mais aides spécifiques

Le budget est nettement plus élevé. La facture moyenne dépasse 2 600 € par mois en 2025, en raison d’une prise en charge globale. 

Le coût se répartit en trois volets : l’hébergement (logement et restauration), la dépendance (calculée selon le GIR[1]) et les soins, ces derniers étant pris en charge par l’Assurance maladie. 

Des aides spécifiques peuvent réduire le reste à charge, comme l’APL ou l’ALS, l’APA versée en établissement, et l’ASH lorsque l’EHPAD est habilité à l’aide sociale.

Admission : démarches et conditions d'accès

Les conditions d’admission diffèrent sensiblement selon le type d’établissement, tant par la complexité des démarches que par les critères d’accès.

Résidence senior

Un dossier d’admission est généralement suffisant, accompagné de pièces justificatives liées à l’âge, aux ressources et au niveau d’autonomie. 

Après acceptation, le résident signe un contrat de séjour[7] précisant clairement les tarifs, les prestations incluses et les services optionnels. Ces établissements sont autorisés et contrôlés par le conseil départemental, qui veille au respect des normes et à la qualité de l’accueil.

EHPAD

Le dossier d’admission est médico-social et nécessite une évaluation préalable du niveau de dépendance (GIR[1])

La signature d’un contrat de séjour[7] est obligatoire, détaillant les conditions d’hébergement, de soins et d’accompagnement. 

En raison d’une forte demande, notamment en zone urbaine, les listes d’attente sont fréquentes, ce qui rend l’anticipation des démarches souvent indispensable.

Correspondance profil / structure

ProfilSolution privilégiée
Senior autonome, vivant seul, bonne santéRésidence senior
Autonomie préservée, besoin d'aide ponctuelleRésidence senior + aides à domicile
Dépendance physique ou pathologie évolutiveEHPAD adapté
Soins médicaux fréquents, surveillance constanteEHPAD
Volonté d'indépendance, besoin de sécuritéRésidence senior

Conseils de terrain pour bien choisir

  • Faire évaluer le GIR[1] avec le médecin traitant ou une équipe spécialisée.
  • Visiter plusieurs établissements, comparer l'ambiance, la propreté, les services, les tarifs.
  • Échanger avec les résidents, les familles, le personnel.
  • Anticiper : ne pas attendre la crise pour changer d'environnement.
  • Vérifier l'habilitation de la structure aux aides sociales.

À retenir

Le choix entre EHPAD et résidence senior repose d'abord sur le niveau d'autonomie mesuré par le GIR[1]. Pour les seniors autonomes (GIR[1] 5-6), la résidence senior offre liberté, sécurité, vie sociale et coûts maîtrisés. Dès que la dépendance s'installe (GIR[1] 1 à 4), l'EHPAD devient la solution de référence – sécurité, soins, accompagnement total. Rien d'anodin, ni d'absolu. L'évolution personnelle, l'environnement familial, le budget, l'état de santé, tout compte.

L'essentiel : anticiper, s'informer, se faire accompagner pour que le changement soit un choix réfléchi, non subi.

FAQ pratique : réponses aux questions courantes

Peut-on passer d'une résidence senior à un EHPAD ?

Oui, si la perte d'autonomie l'exige. Il faudra déposer une nouvelle demande, avec un dossier médical mis à jour.

Une résidence senior peut-elle être médicalisée ?

Non, mais on peut organiser des soins à domicile via des intervenants extérieurs (SSIAD[8], infirmiers, médecins libéraux).

Comment savoir si l'EHPAD est indispensable ?

Lorsque le quotidien devient risqué, quand l'aide à domicile[9] ne suffit plus ou que la surveillance médicale devient permanente. L'évaluation GIR[1], réalisée par un professionnel, donne l'indicateur clé.

Existe-t-il des dispositifs d'accompagnement pour choisir ?

Oui : plateformes d'orientation (ViaTrajectoire), CCAS[10], assistantes sociales, points d'information locaux, sites publics (pour-les-personnes-agees.gouv.fr).

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