L’amélioration constante des soins et de l’accompagnement des personnes âgées au sein des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes est devenue une priorité de notre société. Face à cette exigence croissante, le modèle PATHOS[1] constitue un outil et indispensable, offrant une approche efficace pour répondre aux besoins des résidents. Dans cet article, nous explorerons en profondeur le rôle et le fonctionnement du modèle PATHOS en EHPAD, mettant en lumière son utilité fondamentale dans l’optimisation de la qualité des soins et l’évaluation de la dotation budgétaire des maisons de retraite.
Qu’est-ce que le modèle PATHOS ?
Le modèle PATHOS est une méthode d’évaluation des soins médicaux et médico-techniques requis par les résidents d’un EHPAD. Cette grille permet d’évaluer les besoins en soins de l’ensemble des personnes accueillie. Elle contribue ainsi à déterminer les moyens nécessaires à leur prise en charge et au financement des soins dans l’établissement.
Le PATHOS ne mesure pas le niveau de dépendance des résidents : celui-ci est évalué à l’aide de la grille AGGIR[4].
Le modèle PATHOS a été mis en place par le Syndicat national de gérontologie[5] clinique (SNGC) et le service médical de la Caisse nationale de l’assurance maladie. Depuis 2010, il est géré par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie).

Quel est le rôle du PATHOS en EHPAD ?
La coupe PATHOS est cruciale pour les directrices et directeurs d’EHPAD, car elle contribue à déterminer le financement des soins alloué à l’établissement.
Importance de l’évaluation des résidents en maison de retraite médicalisée
L’évaluation des résidents en maison de retraite médicalisée permet de cerner leurs besoins de manière approfondie, contribuant ainsi à une prise en charge optimale.
Au niveau individuel
Grâce au modèle PATHOS, la situation de chaque résident de l’EHPAD est évaluée par le médecin coordonnateur au regard de ses pathologies et des soins requis. L’outil l’aide à qualifier et à quantifier les soins requis pour chacun. Ces données sont ensuite regroupées afin d’évaluer les besoins en soins à l’échelle de l’établissement.
Au niveau collectif
Au niveau collectif, le modèle PATHOS devient une référence incontournable pour l’élaboration du projet de soins et les moyens nécessaires au sein de l’établissement.
Les évaluations individuelles, regroupées, permettent d’obtenir le PATHOS Moyen Pondéré (PMP) de l’EHPAD. Cet indicateur correspond à la charge moyenne en soins requis par résident. Il contribue au calcul du financement des soins de l’EHPAD. Plus le PMP est élevé, plus les besoins en soins évalués sont importants.
Ainsi, le PATHOS au niveau collectif devient un outil stratégique pour la direction de l’EHPAD dans la gestion des ressources financières, des moyens humains et matériels.
Le rôle du médecin coordonnateur
L’évaluation de la perte d’autonomie et des besoins médico-techniques des résidents est effectuée par le médecin coordonnateur de la maison de retraite.
Une fois la coupe PATHOS validée par un médecin désigné par le directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS), les données sont consignées dans l’application GALAAD du CNSA, utilisée pour le suivi des « coupes AGGIR-PATHOS ». La validation de la coupe AGGIR relève, quant à elle, du conseil départemental.
Ces données contribuent également à une analyse nationale des besoins et des pathologies en EHPAD, permettant d’ajuster la politique de médicalisation et de prise en charge des résidents en établissement.
Le lien entre le modèle PATHOS et la grille AGGIR
Le modèle PATHOS et la grille AGGIR (Autonomie Gérontologique Groupes Iso-Ressources) sont complémentaires.
Alors que la grille AGGIR se concentre sur la mesure de la perte d’autonomie et de facto sur la capacité de la personne âgée à réaliser les actes essentiels de la vie courante, le PATHOS, lui, permet d’évaluer les soins médicaux et médico-techniques requis en fonction des pathologies des résidents.
Ces deux outils combinés offrent une vision complète de la perte d’autonomie et des besoins en soins des résidents en EHPAD. Ils facilitent la répartition équitable des ressources humaines et matérielles au sein des établissements.
| Modèle PATHOS | Grille AGGIR | |
|---|---|---|
| Ce qui est évalué | Pathologies et soins médicaux et médico-techniques requis | Perte d’autonomie dans les activités de la vie quotidienne |
| Résultat pour l’EHPAD | PATHOS moyen pondéré (PMP) | GIR[7] moyen pondéré (GMP) |
| Utilité pour le financement | Contribue au calcul des moyens consacrés aux soins | Contribue au calcul des moyens liés à la dépendance |
| Validation | Médecin de l’ARS | Médecin du conseil départemental |
Comment se matérialise le modèle PATHOS ?
Le modèle PATHOS s’articule autour de trois variables.
Les 50 états pathologiques
Le modèle PATHOS comprend 50 états pathologiques différents, qui regroupent différentes situations cliniques rencontrées chez les personnes âgées, notamment :
- maladies cardio-vasculaires : hypertension, insuffisance cardiaque, maladies coronariennes, etc.
- maladies respiratoires : bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), pneumopathies, insuffisance respiratoire, embolie pulmonaire, etc.
- pathologies neurologiques : maladie d’Alzheimer, démence, accident vasculaire cérébral (AVC[8]), etc.
- maladies endocriniennes : diabète, dysthyroïdie, troubles de l’hydratation, etc.
- pathologies musculo-squelettiques : arthrose[9], ostéoporose[10], polyarthrite rhumatoïde.
- troubles psychiatriques : dépression[11], troubles anxieux, troubles cognitifs.
- maladies infectieuses : infections respiratoires, infections urinaires, infections cutanées, etc.
- maladies uro-néphrologiques : insuffisance rénale, incontinence[12].
- pathologies digestives : maladie de Crohn, syndrome du côlon irritable, cirrhose.
- affections dermatologiques : psoriasis, escarre[13], dermatite, ulcères cutanés, etc.
- autres domaines pathologiques : cancers, maladies oculaires, etc.
Cette diversité reflète la complexité des profils de santé rencontrés en EHPAD.
Les 12 profils de soins
Une fois les états pathologiques du résident identifiés, chacun est associé à l’un des 12 profils de soins qui vont de l’absence de traitement ou de surveillance médicale à la nécessité de soins lourds (lorsque le pronostic vital est engagé), en passant par le besoin de rééducation fonctionnelle, la surveillance épisodique, les soins de prise en charge psychiatrique ou encore les soins locaux de plaies complexes.
Les 8 postes de ressources
Les postes de ressources correspondent aux moyens médicaux et médico-techniques nécessaires pour assurer les soins requis par les résidents. Au nombre de huit, ils sont essentiels pour évaluer les ressources à mobiliser afin de garantir une prestation de soins complète et de qualité.
- soins de gériatrie[14] ;
- soins de psychiatrie ;
- soins infirmiers ;
- rééducation ;
- psychothérapie ordonnancée (psychologue, psychomotricien) ;
- actes de biologie ;
- actes d’imagerie ;
- pharmacie et petit matériel.
| Bon à savoir : le modèle PATHOS actuellement utilisé en EHPAD est la version 2022. Des travaux de modernisation de l’outil sont en cours, notamment pour faciliter et fiabiliser les coupes PATHOS. |
Comment fonctionne le modèle PATHOS concrètement en EHPAD ?
Le modèle PATHOS est utilisé conjointement avec la grille AGGIR pour évaluer la situation des résidents de la maison de retraite médicalisée. Il permet aux professionnels de santé d’identifier les pathologies présentes ainsi que les soins requis. La grille AGGIR permet, quant à elle, de déterminer leur niveau de dépendance.
En outre, le modèle PATHOS, en déterminant les besoins de l’ensemble des résidents d’un établissement, permet d’évaluer les exigences en matière de personnel soignant et d’identifier les divers moyens à mobiliser.
Questions fréquentes
À quelle fréquence une évaluation PATHOS est-elle réalisée en EHPAD ?
L’évaluation est réalisée avant la conclusion du CPOM de l’établissement, puis au cours de sa troisième année. Elle doit ensuite être validée selon la procédure prévue avec l’ARS.
Un PMP élevé signifie-t-il que l’EHPAD est de moins bonne qualité ?
Non. Un PMP élevé indique que les résidents ont, en moyenne, des besoins en soins médicaux et médico-techniques plus importants. Il ne constitue pas un indicateur de qualité de l’établissement.
Le score PATHOS a-t-il un impact sur le prix payé par le résident ?
Non. Le PMP intervient dans le calcul du forfait soins de l’EHPAD. Il ne détermine pas le tarif hébergement facturé au résident.
Une maladie grave entraîne-t-elle forcément un score PATHOS élevé ?
Non. Le PATHOS tient compte non seulement de la pathologie, mais surtout des soins qu’elle nécessite à un moment donné. Une maladie stabilisée peut ainsi demander moins de ressources qu’une affection nécessitant une surveillance ou des soins importants.
Le PATHOS tient-il compte des soins réellement dispensés dans l’EHPAD ?
Le modèle évalue les soins requis, c’est-à-dire ceux dont les résidents ont besoin. Il ne se limite donc pas aux moyens ou aux soins effectivement disponibles dans l’établissement.





Laissez un commentaire