En EHPAD, ce sont souvent les mêmes visages qui accompagnent les résidents du lever au coucher, les aident à se déplacer, observent leur état ou prennent quelques minutes pour les rassurer. Les aides-soignants et AMP[1] en EHPAD occupent ainsi une place très visible dans la vie quotidienne, sans pour autant exercer les mêmes fonctions. Entre soins, accompagnement, prévention et soutien relationnel, leurs missions se complètent au sein de l’équipe. Mieux connaître leur rôle permet de comprendre comment votre proche sera accompagné au quotidien et d’identifier les bons interlocuteurs selon ses besoins.
Quel est le rôle des aides-soignants et AMP en EHPAD ?
Leur présence régulière permet d’apporter à chaque résident l’aide dont il a besoin tout en restant attentif à son évolution.
Les aides-soignants et AMP en EHPAD dans les gestes du quotidien
Se lever, se laver ou prendre son repas peut devenir difficile avec l’âge, sans pour autant nécessiter une aide identique pour chaque personne. Ces professionnels accompagnent le résident selon son degré d’autonomie :
- lever et coucher ;
- toilette ;
- habillage ;
- déplacements ;
- installation ;
- aide pendant les repas.
Pour l’aide-soignant, cet accompagnement s’inscrit dans un cadre professionnel précis. Son référentiel prévoit notamment les soins liés à la vie quotidienne, l’évaluation de l’état clinique et l’accompagnement de la personne dans ses activités. Il exerce sous la responsabilité d’un infirmier diplômé d’État.
L’AMP, devenu aujourd’hui AES, intervient, de son côté, dans l’accompagnement de la vie quotidienne et sociale. L’objectif reste de répondre aux besoins réels sans réduire la personne à sa dépendance.

Observer l’état de santé et prévenir les risques
Parce qu’ils voient régulièrement les résidents, ces professionnels peuvent repérer des modifications parfois discrètes. Par exemple, si une personne mange moins, boit peu, se déplace moins facilement, paraît douloureuse, plus fatiguée ou inhabituellement confuse. Ces observations sont transmises à l’équipe afin qu’elles puissent être évaluées.
Cette vigilance participe également à la prévention de risques fréquents en EHPAD, notamment les chutes, la dénutrition[2], la déshydratation, la souffrance psychique et les risques liés aux médicaments. L’aide-soignant peut aussi observer la peau lors des soins et participer aux mesures destinées à prévenir les lésions liées à l’immobilité.
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Préserver autant que possible les capacités du résident
Aider une personne âgée ne signifie pas accomplir tous les gestes à sa place. Si votre parent peut encore se laver le visage, enfiler un vêtement ou manger seul, le professionnel peut lui laisser le temps nécessaire tout en apportant une aide pour ce qui reste difficile.
Cette façon de procéder entretient les capacités physiques et les habitudes qui peuvent encore l’être. Le niveau d’aide doit donc être ajusté entre un soutien ponctuel pour certains résidents et un accompagnement beaucoup plus présent pour d’autres.
Les recommandations de la HAS consacrées à la qualité de vie en EHPAD insistent également sur le respect des habitudes personnelles, de l’intimité et des choix du résident. L’autonomie ne se résume pas à marcher ou s’habiller seul. Pouvoir exprimer ses préférences et participer aux décisions du quotidien compte tout autant.
Ces différentes missions s’entrecroisent au fil d’une même journée. Un simple repas, par exemple, peut associer aide physique, observation de l’appétit et échange avec le résident.
| Mission | Exemples d’intervention |
| Accompagnement quotidien | Lever, habillage, déplacements, repas… |
| Soins d’hygiène et de confort | Toilette, installation, aide à l’élimination… |
| Observation de l’état de santé | Douleur, fatigue, appétit, comportement… |
| Prévention des risques | Chutes, dénutrition, déshydratation, escarres… |
| Soutien relationnel | Écoute, présence, échanges, réassurance… |
Quelle différence entre un aide-soignant et un AMP en EHPAD ?
Si leurs interventions peuvent se rejoindre au quotidien, ces professionnels sont issus de formations différentes et n’exercent pas exactement les mêmes fonctions.
Deux professionnels aux compétences complémentaires
L’aide-soignant est un professionnel du champ sanitaire titulaire du diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS). Son référentiel couvre notamment :
- l’accompagnement dans les activités quotidiennes ;
- les soins adaptés à son champ de compétences ;
- l’observation de l’état clinique ;
- la prévention des risques ;
- la transmission des informations.
Il travaille sous la responsabilité de l’infirmier dans le cadre prévu par le Code de la santé publique.
L’aide médico-psychologique (AMP) relevait, quant à lui, du secteur social et médico-social. Sa fonction associait :
- un accompagnement quotidien ;
- la relation d’aide ;
- le maintien de l’autonomie ;
- la participation sociale.
Les deux approches peuvent ainsi se rencontrer autour du lever, du repas, des déplacements ou de la communication. La dimension soignante reste toutefois plus marquée dans le métier d’aide-soignant, tandis que l’AMP, est formé à l’accompagnement social et éducatif de la personne.
Que devient le métier d’AMP aujourd’hui ?
Le diplôme d’État d’aide médico-psychologique n’est plus délivré aujourd’hui. En 2016, le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) a été créé pour remplacer à la fois le diplôme d’AMP et celui d’auxiliaire de vie sociale. Les titulaires de l’ancien diplôme d’AMP ont alors obtenu de droit le DEAES dans la spécialité « accompagnement de la vie en structure collective ».
Le DEAES a ensuite été réorganisé en 2021. Son référentiel actuel porte notamment sur l’accompagnement dans les actes essentiels de la vie, le respect des droits et choix de la personne, la vie sociale, la communication et le travail en équipe.
Selon les établissements, les fonctions autrefois exercées par les AMP peuvent aujourd’hui être assurées par des AES. L’intitulé du poste peut donc varier d’un EHPAD à l’autre. Vous pouvez néanmoins encore rencontrer des professionnels présentés comme AMP. Certains ont été formés avant la réforme et continuent naturellement d’exercer.
Le titre du poste ne suffit donc pas à comprendre les fonctions exercées. Le diplôme et l’organisation propre à l’établissement apportent une information plus précise.
| Professionnel | Mission principale | Exemples d’intervention |
| Aide-soignant | Soins et accompagnement de la vie quotidienne | Hygiène, confort, observation, prévention |
| AMP / AES | Accompagnement relationnel, éducatif et social | Autonomie, communication, vie sociale, repères |
Comment les aides-soignants et AMP contribuent-ils au bien-être des résidents ?
La qualité de l’accompagnement dépend aussi de la manière dont les gestes sont proposés, expliqués et adaptés à chaque personne.
Une relation quotidienne fondée sur l’écoute et la confiance
Une toilette peut être techniquement bien réalisée et néanmoins mal vécue si elle est précipitée ou si la personne ne comprend pas ce qui lui arrive. La relation compte donc autant que le geste.
Prévenir avant de toucher, respecter la pudeur, demander une préférence lorsque le choix est possible ou tenir compte du rythme habituel contribue à préserver la dignité du résident.
Cette proximité permet aussi de remarquer qu’un résident paraît triste, inquiet, inhabituellement silencieux ou refuse soudain certaines aides. Un échange calme peut parfois permettre de comprendre ce qui le gêne. Si le changement persiste ou inquiète, il doit être signalé à l’équipe afin d’en rechercher la cause.

Un accompagnement personnalisé pour préserver l’autonomie
Deux résidents ayant le même âge peuvent avoir des besoins très différents. L’un aura seulement besoin d’un bras pour rejoindre la salle à manger, l’autre devra être accompagné pendant tout le déplacement. Les capacités peuvent également évoluer après une infection, une chute ou une hospitalisation.
L’aide doit donc être régulièrement ajustée. Elle peut consister à préparer les vêtements sans habiller entièrement la personne, guider verbalement les étapes d’une toilette ou installer le plateau tout en laissant le résident manger seul.
Cette personnalisation concerne aussi le rythme. Lorsque l’organisation le permet, respecter des habitudes familières aide la personne à conserver ses repères.
Un soutien particulièrement important en cas de troubles cognitifs
La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées peuvent modifier la compréhension, la mémoire, l’orientation ou le comportement. Une demande apparemment simple peut alors devenir source d’inquiétude. Le professionnel peut reformuler, présenter une étape après l’autre et s’appuyer sur des repères familiers.
Une opposition à la toilette ou au repas ne doit pas être interprétée automatiquement comme un refus volontaire de coopérer. Face à l’agitation, l’opposition, la déambulation ou d’autres changements comportementaux, il est important d’en rechercher les causes possibles et les facteurs déclenchants.
Certains aides-soignants et AES bénéficient par ailleurs d’une formation d’assistant de soins en gérontologie[4], destinée à l’accompagnement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Tous les professionnels exerçant en EHPAD ne disposent donc pas nécessairement de cette qualification supplémentaire.
Grâce à leur présence régulière auprès des résidents, ces professionnels peuvent acquérir une connaissance fine de leurs habitudes, réactions et besoins quotidiens.
Comment apprécier leur place dans l’accompagnement avant de choisir un EHPAD ?
Une visite permet d’obtenir des renseignements sur l’établissement, mais aussi d’observer la façon dont les résidents sont accompagnés dans leur environnement quotidien.
Les points à observer lors d’une visite
Regardez d’abord les interactions plutôt que de vous arrêter uniquement à l’aménagement et la propreté des locaux. Les professionnels s’adressent-ils aux résidents par leur nom ? Expliquent-ils ce qu’ils font ? Semblent-ils respecter leur rythme ? Un résident qui sollicite de l’aide reçoit-il une réponse, même lorsqu’elle ne peut pas être immédiate ?
L’intimité mérite également votre attention. Une porte est-elle fermée pendant une toilette ? Les échanges concernant la santé d’un résident restent-ils discrets ? La HAS rappelle à ce sujet que le respect de la vie privée et de l’intimité fait partie des principes à préserver en établissement.
Observez aussi les repas et les espaces communs. Certains résidents sont-ils encouragés à faire seuls ce qu’ils peuvent encore accomplir ? Ces petits indices renseignent souvent mieux sur la personnalisation de l’accompagnement qu’un discours général.
Les questions à poser à l’établissement
N’hésitez pas à demander comment sont organisées les équipes sur une journée complète. Qui aide les résidents au lever ? Quelle présence est prévue le soir, la nuit, le week-end et les jours fériés ? Comment les absences sont-elles remplacées ?
Pour un proche très dépendant, demandez également comment sont organisés les transferts, les repas et les soins d’hygiène. Si votre parent présente une maladie d’Alzheimer ou apparentée, renseignez-vous sur la formation des professionnels et l’existence éventuelle d’un PASA ou d’une unité adaptée. Les PASA accueillent en journée certains résidents présentant une maladie neurodégénérative et des troubles du comportement modérés.
Enfin, interrogez l’établissement sur les transmissions entre professionnels et sur la stabilité des équipes. Vous saurez mieux comment les informations concernant votre proche circulent d’une journée à l’autre.
En EHPAD, la qualité de vie tient aussi à ces gestes répétés chaque jour, souvent discrets, qui préservent les repères, l’autonomie et la dignité. Pour les familles, observer la façon dont les aides-soignants et AES accompagnent les résidents peut donc aider à mieux apprécier la qualité humaine d’un établissement avant de faire un choix.
FAQ
Un résident peut-il demander à être aidé par un professionnel du même sexe pour la toilette ?
La demande peut être formulée lorsque la pudeur, l’histoire personnelle ou des convictions rendent les soins intimes difficiles avec un soignant de l’autre sexe. L’établissement doit respecter la dignité, l’intimité et les préférences, mais ne peut garantir un soignant du même sexe à chaque toilette, en raison de l’organisation.
Les aides-soignants peuvent-ils donner des médicaments en EHPAD ?
L’administration des médicaments relève de la prise en charge soignante encadrée par l’infirmier. Un aide-soignant peut toutefois participer à la prise de certains traitements, uniquement sur prescription médicale et sous la responsabilité de l’infirmier, dans le cadre d’un protocole de soins et pour des résidents dont l’état est stable. En EHPAD, une simple aide à la prise peut aussi être considérée comme un acte de la vie courante si le médicament ne présente pas de difficulté particulière et si la prescription ne requiert pas l’intervention d’un auxiliaire médical.
Les familles peuvent-elles demander qu’un même professionnel accompagne régulièrement leur proche ?
Vous pouvez exprimer ce souhait, surtout si une relation de confiance facilite les soins ou rassure une personne désorientée. L’EHPAD peut chercher à favoriser une certaine continuité, mais il ne peut généralement pas garantir l’intervention permanente du même professionnel en raison des horaires, congés et remplacements.
Que faire si une famille estime que l’aide apportée au quotidien n’est pas suffisante ?
Commencez par décrire précisément les difficultés constatées à l’équipe ou au professionnel référent. Si la situation persiste, sollicitez l’infirmier coordinateur ou la direction afin de réévaluer les besoins et l’organisation de l’accompagnement. Les établissements médico-sociaux doivent recueillir l’expression des personnes accompagnées et respecter leurs droits.
Un aide-soignant ou un AES peut-il accompagner un résident à un rendez-vous médical extérieur ?
L’accompagnement dépend de l’état du résident, de l’organisation de l’établissement, des professionnels disponibles et parfois des modalités prévues au contrat de séjour. Selon la situation, un proche, un transport sanitaire ou un service de transport adapté peut être mobilisé.
Sources :
- Arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation conduisant au diplôme d’État d’aide-soignant et portant diverses dispositions relatives aux modalités de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux – Légifrance
- Arrêté du 30 août 2021 relatif au diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social – Légifrance
- Décret n° 2016-74 du 29 janvier 2016 relatif au diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social et modifiant le code de l’action sociale et des familles (partie réglementaire) – Légifrance




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