Activité physique en EHPAD : comment les résidents sont-ils accompagnés pour rester actifs ?

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En vieillissant, préserver l’autonomie et le bien-être des personnes âgées devient une priorité absolue. Au sein des établissements spécialisés, le maintien du mouvement permet de préserver la santé physique et morale des seniors. L’organisation de l’activité physique en EHPAD permet de stimuler les capacités motrices tout en renforçant le lien social entre les résidents. Qu’il s’agisse de gymnastique douce, d’ateliers d’équilibre ou de promenades encadrées, les équipes pluridisciplinaires se mobilisent au quotidien. Découvrez comment ces professionnels accompagnent chaque résident, selon ses besoins et ses capacités, pour faire du mouvement un véritable levier d’épanouissement.

Pourquoi l’activité physique en EHPAD est-elle essentielle ?

Rester actif après l’entrée en établissement est un levier direct sur l’autonomie et la santé du résident. 

Préserver la mobilité, l’équilibre et la force musculaire

Chaque séance vise à travailler plusieurs dimensions complémentaires :

  • entretien des amplitudes articulaires et de la souplesse ;
  • maintien de la force des membres inférieurs et supérieurs ;
  • travail des appuis, de la coordination et de l’équilibre, piliers de la marche autonome.

Ces exercices participent à la conservation des capacités de transfert, pour passer de la position assise à debout et inversement. Les effets recherchés se mesurent concrètement dans les gestes du quotidien, comme se lever d’un fauteuil, s’asseoir sans aide, changer de position dans son lit sans douleur ni appréhension, etc.

L’activité physique en EHPAD pour prévenir la perte d’autonomie

L’inactivité prolongée entraîne un déconditionnement rapide chez la personne âgée, parfois en quelques jours d’alitement. Maintenir une activité régulière permet de préserver les gestes utiles à la toilette, à l’habillage et aux repas, tout en limitant la sédentarité qui s’installe insidieusement en collectivité.

Après une chute, une maladie ou une hospitalisation, une reprise progressive de l’activité aide à retrouver des repères. Ce travail soutient aussi, plus discrètement, la confiance corporelle du résident et son sentiment de rester acteur de sa propre autonomie

Favoriser le bien-être et les relations sociales

Le mouvement procure du plaisir, à condition que l’activité soit choisie et non subie. Les séances collectives offrent une occasion de sortir de la chambre, de rompre l’isolement et de retisser du lien avec d’autres résidents.

Les effets se ressentent souvent sur l’humeur, la qualité du sommeil et l’estime de soi. Participer à une activité, même modeste, c’est aussi conserver un rôle actif dans la vie de l’établissement plutôt que de la subir en spectateur.

bienfaits de l'activité physique pour les résidents d'ehpad

Quelles activités physiques sont proposées aux résidents ?

Les activités varient selon les capacités, les envies et l’état de santé de chacun.

Les séances d’activité physique adaptée en EHPAD

L’activité physique adaptée, ou APA, désigne des exercices conçus et encadrés pour des personnes fragilisées par l’âge, la maladie ou un handicap.

Cela prend la forme d’une gymnastique douce, réalisée debout ou en position assise selon les capacités du résident, associée à des exercices d’équilibre et de coordination. Le renforcement musculaire s’appuie sur le poids du corps ou du petit matériel, complété par des exercices de mobilité articulaire, d’étirements et de respiration. Ballons, élastiques, plots ou pédaliers sont fréquemment utilisés pour varier les sollicitations.

La marche accompagnée et les parcours moteurs

En EHPAD, la marche peut se pratiquer dans les couloirs, le jardin ou d’autres espaces extérieurs. Certains établissements proposent des parcours conçus spécifiquement pour travailler les appuis et les changements de direction, avec des exercices autour du franchissement de petits obstacles.

L’utilisation d’une canne, d’un déambulateur ou d’une rampe est intégrée à ces parcours. Pour les résidents ayant besoin d’une présence rassurante, un accompagnement individuel est proposé.

Les activités corporelles intégrées au quotidien

La danse adaptée, les jeux de ballon et les activités rythmiques permettent de solliciter le corps dans un cadre ludique. Le jardinage ou les déplacements dans un jardin thérapeutique offrent une autre porte d’entrée, tout comme la participation à certaines tâches simples de la vie courante.

Les équipes encouragent aussi les résidents à se rendre à pied au restaurant ou aux animations plutôt qu’en fauteuil roulant systématique, en alternant régulièrement les temps assis, debout et en mouvement au fil de la journée.

Quelle activité physique selon l’objectif recherché ?

Une même activité peut répondre à plusieurs besoins. L’encadrement, le matériel et l’intensité déterminent surtout son accessibilité et sa sécurité.

Besoin du résidentActivités possiblesCapacités travailléesAdaptations fréquentes
Entretenir la marcheMarche accompagnée, parcours moteurEndurance, appuis, coordinationCanne, déambulateur, pauses, présence d’un professionnel
Réduire le risque de chuteExercices d’équilibre, transferts, renforcement des jambesStabilité, réactions d’équilibration, confianceAppui sur une chaise, barre de maintien, exercices assis-debout
Préserver la mobilité articulaireGymnastique douce, mouvements guidésSouplesse, amplitude des mouvementsPosition assise, gestes de faible amplitude, rythme ralenti
Maintenir la force musculaireÉlastiques, ballon, pédalier, exercices fonctionnelsMembres supérieurs et inférieursRésistance légère, séries courtes, récupération prolongée
Stimuler la coordinationDanse adaptée, jeux de ballon, exercices rythmiquesCoordination, attention, repérage corporelMusique connue, démonstration visuelle, consignes simples
Favoriser les gestes quotidiensLever de chaise, déplacements, jardinageTransferts, préhension, autonomie fonctionnelleAide technique, matériel surélevé, accompagnement individuel
Rompre la sédentaritéPromenades, activités debout, déplacements dans l’EHPADMobilité générale, endurance légèreSéquences courtes réparties dans la journée

Comment les séances sont-elles adaptées aux capacités des résidents ?

Avant de proposer une activité, l’équipe doit tenir compte de l’état général, des risques médicaux et de ce que la personne accepte.

Une évaluation individuelle avant de définir les activités

Avant toute proposition, les professionnels évaluent plusieurs critères :

  • niveau d’autonomie et capacités de déplacement ;
  • équilibre, force musculaire et endurance ;
  • douleurs, fatigabilité et essoufflement ;
  • pathologies chroniques ou neurologiques éventuelles ;
  • antécédents de chute et peur de se déplacer qui en découlent parfois ;
  • troubles sensoriels, cognitifs ou comportementaux.

Les activités pratiquées et les préférences du résident avant son entrée en EHPAD sont recueillies, tout comme les éventuelles contre-indications médicales.

activité physique adaptée aux pathologies des résidents d'ehpad

Un programme personnalisé et progressivement ajusté

À partir de cette évaluation, des objectifs réalistes sont définis selon les capacités restantes du résident. L’intensité, la durée et le nombre de répétitions sont choisis en conséquence, tout comme la position, le matériel et les consignes utilisés.

La progression ne vise pas la performance, mais l’entretien des capacités. La douleur, l’essoufflement et la fatigue sont surveillés en continu.

Le programme est réajusté après une chute, une hospitalisation ou une baisse de mobilité constatée. Cette adaptation s’articule avec le projet personnalisé du résident, établi avec l’équipe soignante.

L’activité physique en EHPAD pour les personnes très dépendantes

Pour les résidents les plus dépendants, les exercices se pratiquent au fauteuil ou, dans certains cas, au lit, sous forme de mobilisations actives simples des bras et des jambes.

L’objectif est de faire participer la personne aux transferts plutôt que de remplacer systématiquement son geste par celui du soignant. Le travail porte sur le redressement, la posture et la préhension, avec des séances plus courtes et des temps de récupération plus fréquents.

L’ambition reste centrée sur le maintien des capacités restantes, sans chercher à les développer au-delà du raisonnable. 

Des adaptations spécifiques en cas de troubles cognitifs

Face à des troubles cognitifs, les consignes sont courtes et accompagnées de démonstrations visuelles. Les gestes sont répétés et le déroulement de la séance reste prévisible, dans un environnement calme et en petits groupes.

Musique, objets familiers ou gestes connus facilitent l’engagement du résident. L’apathie, l’agitation ou les difficultés d’attention sont prises en compte dans le déroulement de la séance, et toute participation, même partielle, est valorisée plutôt que jugée insuffisante.

Quels professionnels accompagnent les résidents ?

L’accompagnement repose sur plusieurs métiers, dont les rôles se complètent selon l’état de santé et les objectifs du résident.

Les professionnels spécialisés dans le mouvement et la rééducation

Plusieurs métiers interviennent, chacun avec un rôle distinct :

  • l’enseignant en activité physique adaptée, qui conçoit et anime des séances ajustées aux capacités du groupe ou de l’individu ;
  • le kinésithérapeute[2], pour la rééducation individuelle prescrite ;
  • le psychomotricien, qui travaille le schéma corporel, la coordination et la relation au mouvement ;
  • l’ergothérapeute, pour adapter les gestes, le matériel et l’environnement du résident.

Ces interventions se complètent selon les besoins spécifiques de chacun, sans se substituer les unes aux autres.

Le rôle du référent activité physique et sportive

Ce professionnel identifie et coordonne les actions proposées au sein de l’établissement. Il sensibilise les équipes à la lutte contre la sédentarité et développe, lorsque c’est possible, des partenariats avec des associations ou des intervenants extérieurs. Il assure aussi le suivi de la place donnée au mouvement dans le projet d’établissement.

L’accompagnement quotidien assuré par l’équipe soignante

Les soignants encouragent le résident à se lever et à se déplacer lorsque cela reste possible, et ajustent leur aide lors des transferts et des déplacements. Ils veillent à limiter les gestes réalisés à la place du résident lorsqu’il peut encore participer lui-même.

Une baisse de mobilité ou une fatigue inhabituelle est repérée et transmise aux professionnels concernés, en cohérence avec le projet personnalisé et les objectifs définis pour chaque résident.

Comment la participation est-elle encouragée sans contraindre le résident ?

Un résident peut avoir besoin d’être stimulé, mais son refus, sa pudeur, sa fatigue et ses préférences doivent rester entendus.

Respecter les préférences, le rythme et le consentement

La participation à une activité doit être proposée, expliquée et non imposée. Certains résidents apprécient les groupes, d’autres préfèrent marcher avec un professionnel ou bouger dans un cadre plus intime. L’équipe peut proposer un essai, adapter l’horaire ou modifier l’exercice lors des jours douloureux.

Pour votre proche, la motivation sera souvent plus forte si l’activité rappelle une habitude ancienne, comme la marche, le jardinage ou la danse.

Comprendre les causes d’un refus répété

Un refus fréquent ne traduit pas forcément un manque d’envie. Il peut révéler une douleur, un essoufflement, une peur de tomber, une honte liée aux difficultés ou un trouble de l’humeur. Une activité jugée trop infantilisante, trop rapide ou trop bruyante peut aussi décourager.

Plutôt que d’insister, l’équipe doit chercher ce qui bloque et proposer une autre approche, plus compatible avec les besoins et la personnalité du résident.

Associer les proches au maintien de la mobilité

Les proches connaissent souvent les goûts, les habitudes et les peurs de la personne âgée. Vous pouvez les transmettre à l’équipe, surtout si votre parent aimait marcher, jardiner, bricoler ou danser.

Pendant les visites, une courte promenade ou quelques pas jusqu’au jardin peuvent aussi l’aider à rester actif. L’essentiel est d’encourager sans pression.

Si vous observez une baisse récente de mobilité, signalez-la rapidement à l’équipe.

La place accordée au mouvement renseigne sur la manière dont un EHPAD soutient l’autonomie au quotidien. Lors d’une visite, observez les déplacements, demandez qui encadre les séances et comment les objectifs sont réévalués. Un programme de qualité respecte les capacités, les envies et les refus, tout en offrant régulièrement des occasions accessibles de rester actif.

FAQ

Les séances sont-elles comprises dans le tarif de l’établissement ?

Les séances d’activité physique adaptée font partie du forfait soins ou du tarif dépendance, sans facturation distincte. Certaines interventions spécialisées, comme des ateliers ponctuels animés par des associations extérieures, peuvent toutefois relever de prestations complémentaires. Il est conseillé de vérifier ce point directement auprès de l’établissement.

Une prescription médicale est-elle nécessaire pour participer ?

La participation aux activités physiques adaptées proposées en établissement ne nécessite généralement pas de prescription. En revanche, une prescription médicale peut être requise pour un accompagnement individuel par un kinésithérapeute, notamment après une hospitalisation, une chute ou dans le cadre d’une rééducation ciblée liée à une pathologie précise.

Quelle différence existe-t-il entre activité physique adaptée et kinésithérapie ?

L’activité physique adaptée vise le maintien global des capacités motrices dans un cadre préventif et non médical, souvent en groupe. La kinésithérapie[3], elle, répond à une prescription médicale et cible la rééducation d’une pathologie ou d’une limitation fonctionnelle précise, dans une approche individuelle et thérapeutique.

Une personne en fauteuil roulant peut-elle suivre les séances ?

Les exercices peuvent être adaptés à la position assise : mobilisations des bras et des jambes, étirements, renforcement léger avec du petit matériel. Le programme est ajusté selon les capacités et les limitations propres à chaque résident concerné. 

L’activité physique est-elle possible après une chute ?

Une reprise progressive est généralement recommandée plutôt qu’un arrêt prolongé, qui accentue le déconditionnement. Le programme est alors adapté, avec des séances plus courtes, des exercices ciblés sur l’équilibre et la confiance, ainsi que la présence d’un professionnel. Cette reprise s’appuie systématiquement sur une évaluation préalable de l’état du résident.

Sources :

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