Hospitalisation d’un parent en EHPAD : que continue-t-on vraiment à payer ?

Hospitalisation d’un parent en EHPAD : que continue-t-on vraiment à payer ?
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Lorsqu’un parent en EHPAD est hospitalisé, beaucoup de familles pensent, à tort, que les frais vont s’interrompre pendant son absence. Pourtant, la réalité est bien différente : la facture continue souvent de courir, parfois presque intégralement. Cette situation, déjà éprouvante sur le plan émotionnel, peut générer incompréhension, stress financier et sentiment d’injustice face à des coûts qui persistent malgré l’hospitalisation. 

Dans cet article, vous allez comprendre précisément quels frais restent à payer, quelles réductions sont possibles et surtout quels pièges éviter pour mieux anticiper et protéger votre budget.

Facturation en EHPAD : que paie-t-on durant une hospitalisation ?

Le système de facturation en EHPAD s’articule autour de trois volets :

  • hébergement (la chambre et les services quotidiens),
  • dépendance (l’accompagnement lié à la perte d’autonomie),
  • soins (les actes médicaux et infirmiers).

L’hospitalisation d’un résident ne fait pas disparaître ces postes du jour au lendemain. En pratique, certaines lignes de dépenses subsistent, parfois allégées, rarement supprimées.

Aidant et senior qui se renseignent sur les montants à verser à l'EHPAD

Le tarif hébergement : une persistance quasi systématique

La réservation de la chambre reste la règle, même en cas d’absence prolongée à l’hôpital. Le résident (ou sa famille) continue de s’acquitter du tarif hébergement, dont le montant quotidien varie selon l’établissement et la région.

Pour les places non habilitées à l’aide sociale, une réduction s’applique généralement à partir du quatrième jour d’hospitalisation : le prix de journée est minoré du montant du forfait hospitalier (actuellement autour de 20 € par jour). 

Les trois premiers jours restent facturés au tarif plein. En revanche, pour les places habilitées à l’aide sociale, les règles changent selon le département et le contrat signé : certains prévoient une minoration, d’autres non. Un exemple concret pour mieux visualiser : sur un hébergement à 90 €/jour, une hospitalisation de 15 jours entraîne 3 jours à tarif plein (270 €), puis 12 jours à 70 € (840 €), soit un total mensuel de 2 550 € au lieu de 2 790 € sans hospitalisation de ce type. L’économie reste modeste.

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Le tarif dépendance : déduction souvent appliquée, mais pas partout

Cette ligne, censée couvrir l’accompagnement quotidien indispensable (aide à la toilette, déplacements, repas…), fait l’objet d’une déduction dès le premier jour d’absence dans la plupart des établissements non habilités à l’aide sociale. Sur les places aidées, la règle dépend du règlement départemental et du contrat de séjour. Dans tous les cas, la suppression du tarif dépendance n’est ni automatique ni universelle. Mieux vaut relire la convention d’accueil.

Soins : pas de surcoût pour la famille

La partie soins (actes médicaux, infirmiers, traitements) bascule intégralement sous l’égide de l’Assurance maladie, que le résident soit présent ou hospitalisé. Ni la famille ni le résident n’ont à payer quoi que ce soit sur ce poste durant l’hospitalisation.

Hospitalisation à domicile (HAD) : un statut particulier

Parfois, l’hospitalisation intervient sans quitter l’EHPAD, via l’HAD (hospitalisation à domicile, dans les murs de l’établissement), sur prescription médicale. Dans ce cas, aucun impact sur la facturation habituelle de l’EHPAD : l’Assurance maladie prend en charge à 100 % les soins spécifiques, sans modification du coût hébergement ou dépendance pour la famille.

Repas, prestations annexes et frais cachés

Certains établissements appliquent, en plus ou à la place de la minoration forfaitaire, une déduction correspondant aux repas non servis (par exemple, 12 € par jour d’absence). Cela varie selon les pratiques locales. Les prestations annexes (blanchisserie, téléphone, télévision, coiffure…) restent généralement facturées, à moins d’une suspension explicite notifiée au contrat.

Suspension ou résiliation du contrat : options limitées

Face à une hospitalisation prolongée, la suspension du contrat d’hébergement n’est pas la norme[3] en France. En général, seule une résiliation est possible, avec respect du préavis prévu (souvent un mois). Cette résiliation entraîne la perte de la chambre, qui peut être attribuée à un autre résident. Dans certains cas, des familles ont découvert que la chambre pouvait ne pas être réservée automatiquement en cas d’absence longue. À vérifier, là encore, dans le contrat.

En cas de décès à l’hôpital, il arrive que certains EHPAD remboursent les jours non occupés à partir de la date du décès, mais rien d’automatique : tout dépend du règlement intérieur et des clauses contractuelles.

Aidante qui se renseignent sur la suspension ou résiliation du contrat en EHPAD de son proche senior

APA et aides sociales : maintien, suspension, vigilance

L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) continue d’être versée à l’EHPAD pendant une hospitalisation de moins de 30 jours. Au-delà, la plupart des conseils départementaux suspendent l’aide, qui sera réactivée au retour du résident, après déclaration de la famille. Une hospitalisation de courte durée n’entraîne donc pas de perte de droits, mais une absence de déclaration ou un retour mal signalé peuvent retarder la reprise du versement.

Pour les places habilitées à l’aide sociale (ASH), chaque département applique ses propres règles. L’ASH couvre en partie ou totalement le tarif hébergement, mais la minoration appliquée en cas d’hospitalisation varie : parfois, aucun abattement n’est prévu, parfois une réduction s’applique à partir d’un certain nombre de jours d’absence. Là encore, le contrat de séjour et le règlement départemental font loi.

Cas particuliers et contentieux

La double facturation surgit dans un cas précis : hospitalisation dans une clinique non conventionnée. Le résident (ou sa famille) doit alors payer l’EHPAD et la clinique en même temps. Une situation rare, mais source de tensions financières.

Certains établissements facturent le forfait journalier hospitalier avant même le transfert effectif à l’hôpital, ce qui est contestable. 

En cas de doute, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) peut être saisie pour examiner d’éventuelles clauses abusives. Les familles sont parfois surprises du faible montant des réductions appliquées durant l’absence, ou de la difficulté à résilier le contrat face à une hospitalisation définitive. D’où l’importance, avant l’entrée en EHPAD, de scruter chaque ligne du contrat de séjour, et de demander des éclaircissements écrits sur les modalités en cas d’absence prolongée.

Tableau récapitulatif des frais pendant l’hospitalisation

FraisHospitalisation < 4 joursÀ partir du 4e jourRemarques
HébergementPlein tarifTarif réduit (-20 €/jour, hors places aidées)Abattement variable selon contrat / département
DépendanceDéduction fréquente dès le 1er jourDéduction maintenueVariable selon contrat / département
SoinsPris en charge par l’Assurance maladiePris en chargePas de surcoût pour la famille
Repas / annexesDéduction possible (repas non servis)IdemSelon pratique de l’établissement

Points clés à vérifier et à anticiper

  • Relire attentivement le contrat de séjour : toutes les modalités de facturation y figurent, y compris les conditions de minoration ou de suspension en cas d’absence.
  • Consulter le règlement départemental d’aide sociale pour les places habilitées : les règles sur les réductions sont publiques, disponibles sur les sites des conseils départementaux.
  • Prévenir rapidement le département en cas d’hospitalisation prolongée : cela évite la suspension de l’APA et accélère sa reprise au retour.
  • Demander à l’établissement un détail écrit des sommes dues en cas d’hospitalisation.
  • En cas de litige, saisir la DGCCRF pour examiner les clauses du contrat.

En résumé, vigilance et anticipation

Le départ imprévu à l’hôpital ne met pas entre parenthèses la logique administrative de l’EHPAD. Les frais courent, parfois minorés, rarement suspendus. La clé : lire, relire, questionner, notifier chaque étape à l’administration et au département. Les économies réalisables restent modestes, mais une bonne anticipation évite les mauvaises surprises et préserve les droits du résident.

FAQ pratique

La famille doit-elle continuer à payer l’EHPAD pendant l’hospitalisation ? 

Oui, le tarif hébergement est maintenu, avec une réduction à partir du 4e jour (hors places aidées ou selon département).

Le tarif dépendance est-il supprimé ?

Il est souvent déduit dès le 1er jour d’absence, mais pas toujours. Cela dépend du contrat et du statut de la place.

L’APA s’arrête-t-elle ? 

Non, elle continue jusqu’à 30 jours d’absence, puis peut être suspendue.

Peut-on suspendre le contrat d’hébergement ? 

Très rarement. Le contrat peut être résilié, mais pas suspendu sans perte de la chambre.

Et si le résident ne revient pas ?

La résiliation suit les modalités prévues, souvent avec préavis d’un mois et perte de la chambre.

Qui contacter pour un recours ? 

D’abord l’administration de l’EHPAD, puis la DGCCRF si nécessaire.

Pour aller plus loin

  • Contrat de séjour de l’EHPAD (à demander systématiquement avant toute signature)
  • Règlement d’aide sociale départemental (consultable en ligne sur le site du conseil départemental)
  • Sites officiels : service-public.fr, info.gouv.fr
  • Annuaire des EHPAD et comparateur de prix : disponibles sur plusieurs plateformes en ligne

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