Chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, la nuit est souvent le moment où les troubles s’intensifient. Désorientation, réveils répétés, errance, angoisse ou risque de chute sont fréquents. Pour les proches aidants, ces nuits fragmentées deviennent rapidement une source de fatigue chronique et d’inquiétude permanente. La garde de nuit peut alors s’imposer comme une solution pour sécuriser la personne malade et permettre à l’aidant de récupérer. Cet article fait le point sur les besoins spécifiques la nuit, les solutions de garde possibles et les aides disponibles pour accompagner une personne Alzheimer à domicile.
Pourquoi la nuit est un moment critique pour les personnes atteintes d’Alzheimer ?
Pour une personne Alzheimer, la nuit peut devenir une source majeure de confusion et de danger. L’absence de repères visuels, le silence, l’obscurité accentuent les troubles cognitifs et émotionnels.
La désorientation temporelle est fréquente : la personne peut croire qu’il fait jour, vouloir sortir, chercher un proche ou « rentrer chez elle ».
Les troubles du sommeil, l’angoisse nocturne et les hallucinations accentuent les réveils répétés. À cela s’ajoutent des risques bien réels : chutes, errance, ouverture de portes ou de fenêtres, manipulation d’objets dangereux.
C’est cette accumulation de troubles et de risques qui amène de nombreux proches à envisager une solution de surveillance pour la nuit.

Quels sont les besoins spécifiques d’une personne Alzheimer la nuit ?
Avant de choisir une solution pour votre proche il est essentiel d’identifier quels sont réellement ses besoins.
Sécurité et prévention des risques
La priorité reste la sécurité. Une surveillance de nuit permet d’anticiper les levers, d’aider aux déplacements vers les toilettes et d’éviter les chutes. Une présence est aussi essentielle pour gérer une situation imprévue, par exemple si le senior est confus ou agité, s’il fait un malaise ou s’il tente de sortir de la maison.
Dans certains cas, la personne peut avoir besoin d’une aide ponctuelle mais rapide, sans attendre le réveil de l’aidant déjà épuisé.
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Apaisement et continuité des repères
La nuit, c’est souvent la présence humaine qui est la plus importante. Entendre une voix connue, voir une lumière douce ou retrouver un rituel peut suffire à calmer l’angoisse.
Des repères simples et une communication calme aident la personne à se rendormir. Pour un aidant qui dort mal depuis des semaines ou des mois, assurer cette présence de manière continue devient toutefois très difficile.
Quelles sont les solutions de garde de nuit possibles pour une personne âgée Alzheimer ?
Il n’existe pas une solution idéale, l’objectif est de trouver l’aide qui correspondra le mieux à la situation du senior à l’instant T.
Garde de nuit à domicile
La garde de nuit est souvent la première solution envisagée lorsqu’un parent ne peut plus rester seul à domicile. Elle permet à la personne atteinte d’Alzheimer de continuer à vivre dans son environnement habituel, tout en sécurisant les nuits et en soulageant l’aidant.
Présence de nuit passive
Dans le cadre d’une présence passive, le professionnel dort sur place. Il intervient uniquement si la personne se réveille, se lève, appelle ou présente un comportement inhabituel.
Ce type de garde convient lorsque les réveils sont occasionnels et que la personne n’a pas besoin d’une surveillance constante. Elle rassure l’aidant tout en restant plus abordable financièrement, mais montre ses limites si les demandes durant la nuit deviennent trop fréquentes.
Présence de nuit active
La présence active implique que le professionnel reste éveillé toute la nuit. Il assure une surveillance continue, anticipe les levers, accompagne les déplacements et intervient immédiatement en cas d’angoisse ou de désorientation.
Cette solution est recommandée lorsque les troubles nocturnes sont importants ou que le risque de chute ou d’errance est élevé.
Solutions intermédiaires
Lorsque la garde de nuit complète n’est pas envisageable à court terme, des solutions intermédiaires peuvent permettre de réduire les risques et de soulager partiellement l’aidant.
Téléassistance et dispositifs de sécurité
La téléassistance repose sur un dispositif d’alerte tel qu’un bracelet ou un médaillon relié à une plateforme disponible 24h/24. En cas de chute, de sortie nocturne ou de problème détecté, une alerte est envoyée et une intervention peut être déclenchée.
Cette solution peut renforcer la sécurité la nuit, mais elle montre ses limites chez les personnes Alzheimer à un stade avancé, qui peuvent oublier de porter le dispositif ou ne plus comprendre son fonctionnement. Elle reste donc souvent une aide complémentaire plutôt qu’une solution suffisante seule.
Accueil temporaire et relais ponctuels
L’accueil temporaire en EHPAD permet à la personne d’être hébergée pour quelques nuits dans un cadre sécurisé, avec une surveillance continue. Cette solution est souvent utilisée pour permettre à l’aidant de se reposer, faire face à un problème de santé ou après une hospitalisation du proche.
Le relais familial, lorsqu’il est possible, consiste à confier la surveillance nocturne à un autre membre de la famille sur une période limitée. Il peut soulager ponctuellement l’aidant principal, mais reste souvent difficile à maintenir dans la durée et nécessite une bonne coordination entre proches.
Quand envisager une autre orientation ?
Lorsque l’aidant est en état d’épuisement avancé ou que les troubles nocturnes s’aggravent malgré une surveillance renforcée, il peut devenir nécessaire de revoir l’organisation globale de l’accompagnement.
Dans certaines situations de maladie d’Alzheimer très évoluée, notamment lorsque la personne est en grande dépendance ou en situation de fin de vie[2], les besoins dépassent le cadre d’une garde de nuit à domicile. Une prise en charge plus médicalisée ou palliative peut alors être envisagée, afin d’assurer le confort, la sécurité et le respect de la personne, tout en protégeant l’aidant.
Combien coûte une garde de nuit pour Alzheimer ?
Le coût d’une garde de nuit est souvent la première inquiétude des proches aidants. Les tarifs peuvent varier fortement selon le type de présence, le niveau de surveillance nécessaire et le mode d’intervention choisi.
Fourchettes de prix observées pour une garde de nuit à domicile
En pratique, les tarifs se situent généralement dans les fourchettes suivantes :
- garde de nuit passive : entre 80 € et 130 € par nuit ;
- garde de nuit active : entre 150 € et 250 € par nuit
Ces montants correspondent à une nuit complète et peuvent être majorés de 10 à 25 %, les week-ends, les jours fériés ou en cas de besoins spécifiques liés à la maladie d’Alzheime.
La différence de prix s’explique principalement par le niveau de vigilance demandé. En présence passive, le professionnel n’intervient qu’en cas de besoin. La garde active implique une surveillance continue tout au long de la nuit. Cette présence renforcée offre une sécurité maximale, mais elle entraîne logiquement un coût plus élevé.
Facteurs qui font varier le prix d’une garde de nuit
Plusieurs éléments influencent le tarif final :
- la durée et le nombre d’heures de garde ;
- la fréquence des interventions nocturnes (levers, agitation, errance) ;
- le niveau de qualification de l’intervenant ;
- le mode de recours : service prestataire ou emploi direct ;
- la zone géographique, avec des tarifs souvent plus élevés en zone urbaine ;
- les majorations pour nuits, week-ends et jours fériés.
Lorsque les interventions deviennent régulières, une garde initialement passive peut évoluer vers une garde active, avec un impact direct sur le budget.

Quelles aides financières pour la garde de nuit d’un senior Alzheimer ?
Bonne nouvelle : le coût d’une garde de nuit peut être partiellement compensé par plusieurs aides, à condition que les besoins nocturnes soient clairement identifiés et reconnus dans les démarches.
APA à domicile : un levier central
L’Allocation personnalisée d’autonomie à domicile peut financer une partie de la garde de nuit lorsque la surveillance est jugée nécessaire.
Chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, les troubles nocturnes sont généralement pris en compte dans l’évaluation du niveau de dépendance (GIR[4]).
Pour que la garde de nuit soit financée, elle doit être explicitement inscrite dans le plan d’aide APA. Le montant accordé dépend du GIR[4] et des ressources, avec un reste à charge variable. Plus les troubles nocturnes sont importants, plus les chances de prise en charge sont élevées.
Crédit d’impôt[5] : un soutien financier important
Les dépenses liées à l’aide à domicile[3], y compris la garde de nuit, ouvrent droit à un crédit d’impôt[5] de 50 %, dans la limite de 12 000 €, majorés de 1 500 € par membre du foyer âgé de plus de 65 ans. Le plafond total ne peut pas dépasser 15 000 €.
Ce dispositif s’applique que l’on passe par un service prestataire ou par l’emploi direct, et permet de réduire significativement le coût réel supporté par la famille.
Pour les aidants, ce crédit d’impôt[5] constitue souvent le principal moyen de rendre la garde de nuit financièrement soutenable sur la durée.
Aides locales et caisses de retraite
Les caisses de retraite, mutuelles et collectivités territoriales proposent parfois des aides spécifiques pour le maintien à domicile[6], notamment en cas de troubles cognitifs. Ces aides peuvent prendre la forme de financements ponctuels, de prises en charge partielles ou de dispositifs de répit pour les aidants.
Elles sont souvent peu connues et variables selon les territoires. L’intervention d’un travailleur social ou d’un service médico-social permet de mieux les identifier.
Autres dispositifs mobilisables
D’autres aides peuvent compléter le financement :
- aides exceptionnelles des fonds d’action sociale ;
- dispositifs de soutien aux aidants ;
- accompagnement dans le cadre de plans Alzheimer départementaux ou régionaux.
Ces dispositifs sont généralement cumulables, ce qui permet de réduire progressivement le reste à charge et d’adapter la solution à l’évolution de la maladie.
Comment choisir la solution la plus adaptée à votre proche âgé ?
Choisir une solution de garde de nuit demande de prendre en compte à la fois les besoins de la personne atteinte d’Alzheimer et les limites de l’aidant. L’objectif n’est pas de viser une solution idéale, mais une solution tenable dans la durée.
Évaluer les risques nocturnes réels
La première étape consiste à observer précisément ce qui se passe la nuit. Fréquence des levers, errance, chutes, agitation ou comportements dangereux doivent être identifiés sans minimisation.
Un proche qui se lève plusieurs fois par nuit ou qui tente de sortir du domicile nécessite une surveillance renforcée. Plus les risques sont élevés, plus une présence active devient nécessaire.
Prendre en compte l’état de l’aidant
La capacité de l’aidant à récupérer est un critère central. Un sommeil fragmenté, une fatigue persistante ou des problèmes de santé sont des signaux d’alerte.
Même si la personne malade semble « se calmer », l’épuisement de l’aidant peut mettre en danger l’équilibre global de la prise en charge. La garde de nuit vise aussi à protéger celui qui aide.
Comparer les solutions sur la durée
Certaines solutions peuvent fonctionner sur quelques semaines, mais devenir intenables à long terme. Il est important d’anticiper l’évolution de la maladie et l’augmentation possible des besoins nocturnes.
Comparer les options en tenant compte du coût réel après aides, de la continuité des intervenants et de la souplesse d’adaptation permet d’éviter des changements trop fréquents.
Sécurité, régularité et relation de confiance
Au-delà du prix, la qualité de la relation avec l’intervenant est essentielle. La régularité des passages et la connaissance des habitudes de la personne Alzheimer contribuent à réduire l’angoisse nocturne.
Un cadre clair, des intervenants formés et une communication fluide avec la famille sont des éléments déterminants.
Éviter les erreurs les plus fréquentes
Attendre l’épuisement total avant d’agir est l’erreur la plus courante. Beaucoup d’aidants sollicitent une garde de nuit trop tard, dans l’urgence.
Anticiper permet de choisir plus sereinement, de tester des solutions progressives et d’ajuster l’accompagnement avant que la situation ne devienne critique.
En conclusion, la garde de nuit pour une personne Alzheimer est une mesure de protection, autant pour la personne malade que pour son proche aidant. Anticiper, s’informer et mobiliser les aides disponibles permet de faire des choix plus sereins, sans culpabilité, et surtout… de tenir dans la durée.
FAQ
À partir de quand une garde de nuit devient-elle nécessaire ?
Elle devient nécessaire lorsque les troubles nocturnes exposent la personne à un risque (chute, errance, fugue) ou lorsque l’aidant ne récupère plus suffisamment. La fatigue chronique de l’aidant est un signal d’alerte à ne pas négliger.
Quelle est la différence entre garde de nuit active et passive ?
La garde passive repose sur une présence qui intervient uniquement en cas de besoin, tandis que la garde active implique une surveillance continue toute la nuit. Le choix dépend de la fréquence et de l’intensité des troubles nocturnes.
La garde de nuit est-elle prise en charge par l’APA ?
Oui, partiellement, si la surveillance nocturne est inscrite dans le plan d’aide APA. Le montant dépend du niveau de dépendance (GIR[4]) et des ressources du bénéficiaire.
Peut-on bénéficier d’un crédit d’impôt[5] pour une garde de nuit ?
Oui, les dépenses d’aide à domicile[3] ouvrent droit à un crédit d’impôt[5] de 50 %, dans les plafonds en vigueur. Cela permet de réduire significativement le coût réel pour la famille.
Combien d’heures de garde sont recommandées la nuit ?
En général, une garde couvre entre 8 et 12 heures, selon les habitudes de la personne et les troubles observés. La durée doit être adaptée au rythme nocturne réel.
Existe-t-il des alternatives moins coûteuses à la garde de nuit ?
Des solutions comme la téléassistance, la garde itinérante ou le relais familial peuvent réduire les coûts, mais elles offrent une sécurité limitée. Elles sont souvent utilisées en complément plutôt qu’en remplacement d’une garde de nuit.






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