Vous avez déposé un dossier d’admission en EHPAD pour votre proche Alzheimer, et la réponse a été un refus, sans autre explication. Vous vous interrogez sur les raisons : est-ce que le dossier est mal rempli ? Est-ce que la situation de mon proche est jugée « trop complexe » ? Ces refus répétés sont vécus comme une injustice, souvent dans un contexte d’urgence, avec une situation à domicile devenue ingérable et un aidant à bout. Cet article vous explique les raisons potentielles d’un rejet de votre dossier, et vous donne des pistes concrètes pour sortir de l’impasse.
Un refus de dossier Alzheimer est fréquent, mais rarement expliqué
Un refus d’EHPAD pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer n’est ni rare, ni exceptionnel. Pourtant, il est très peu expliqué aux familles, ce qui laisse place à l’incompréhension et à un sentiment d’abandon.
Ce que les familles entendent et comprennent mal lors d’un refus d’EHPAD pour Alzheimer
Les réponses transmises sont souvent brèves, floues, voire impersonnelles. Parmi les plus courantes :
- « profil trop lourd pour notre établissement » ;
- « la situation n’est pas compatible avec notre organisation » ;
- « pas de place disponible actuellement ».
Ces formules donnent l’impression d’un refus administratif ou d’un manque de volonté. Elles peuvent être vécues comme un jugement sur la personne malade ou sur la famille.
Ce que signifie réellement un rejet de dossier Alzheimer en maison de retraite médicalisée
Dans la majorité des cas, ces réponses cachent des réalités très concrètes :
- des limites de prise en charge médicale ou humaine ;
- des contraintes réglementaires strictes ;
- déjà trop de résidents avec une perte d’autonomie importante dans l’EHPAD.
Le refus ne vise pas la personne. Il s’agit d’une inadéquation entre un profil très complexe et les moyens réels de l’EHPAD.

Quels profils Alzheimer sont le plus souvent refusés par les EHPAD ?
Certains profils Alzheimer sont plus difficiles à accueillir en EHPAD, parce qu’ils dépassent ce qu’un établissement classique peut assurer au quotidien. Ces refus concernent surtout des situations où la sécurité, la continuité des soins et l’équilibre de l’établissement sont en jeu.
Troubles du comportement sévères du senior malade
Les troubles du comportement font partie des premiers motifs de refus en EHPAD. Lorsqu’une personne atteinte d’Alzheimer présente une agressivité verbale ou physique, que ce soit envers les soignants ou les autres résidents, la prise en charge devient particulièrement complexe.
L’errance permanente, surtout lorsqu’elle expose la personne à des situations de danger, complique encore davantage l’accueil. À cela s’ajoutent parfois des cris répétés, une agitation intense ou des troubles nocturnes marqués, qui perturbent à la fois le résident et l’ensemble du service.
Ces situations exigent une présence humaine renforcée, parfois quasi continue, ainsi qu’une organisation spécifique que tous les EHPAD ne sont pas en mesure de mettre en place, notamment la nuit ou en cas de sous-effectif.
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Dépendance physique très lourde du patient Alzheimer
Un niveau de dépendance physique très élevé constitue un autre facteur fréquent de refus. Les personnes classées en GIR[2] 1, totalement dépendantes pour les gestes du quotidien, nécessitent une aide constante pour les déplacements, la toilette, l’alimentation et les soins.
Les transferts complexes, qui demandent l’intervention simultanée de plusieurs soignants, posent également un problème d’organisation et de sécurité. Tous les EHPAD ne disposent pas du matériel adapté ni des effectifs suffisants pour gérer ce niveau de dépendance en continu, sans mettre en difficulté leurs équipes.
Troubles associés à Alzheimer compliquant la prise en charge
Au-delà de la maladie d’Alzheimer elle-même, certains troubles associés pèsent fortement dans la décision d’admission, tels que :
- une dénutrition sévère ;
- une incontinence[4] totale, lorsqu’elle s’accompagne de soins complexes et répétés ;
- un risque de chute très élevé, même avec des aides techniques en place.
Pris ensemble, ces facteurs augmentent les risques médicaux pour la personne malade et rendent la prise en charge difficile à sécuriser dans un EHPAD qui n’est pas spécifiquement équipé pour ce type de profil complexe.
Pourquoi tous les EHPAD ne peuvent pas accueillir les profils complexes ?
Il est important de comprendre que tous les EHPAD n’ont pas les mêmes moyens humains, ni les mêmes capacités d’organisation et de gestion des situations complexes.
Des équipes et des moyens très variables au sein des maisons de retraite médicalisées
Certains EHPAD disposent d’équipes formées aux troubles cognitifs sévères, tandis que d’autres ont un personnel moins spécialisé, principalement habitué à accompagner des résidents dépendants mais relativement stables.
Le nombre de soignants présents pour chaque résident joue un rôle déterminant : un ratio trop serré limite la capacité à répondre à des besoins lourds ou imprévisibles.
La différence entre EHPAD classique, unité protégée et structures spécialisées
Toutes les structures d’accueil pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne proposent pas le même niveau d’accompagnement, ce qui explique une partie des refus de dossiers lorsque le profil devient complexe.
L’EHPAD classique : un accompagnement possible, mais sous conditions
Aides-soignants, infirmiers, médecin coordonnateur : les équipes des EHPAD sont habituées à travailler auprès de résidents présentant des troubles cognitifs et savent réagir face aux situations courantes liées à la maladie.
L’accueil dans ce type de structure dépend des possibilités réelles de l’établissement au moment de la demande. La commission d’admission analyse le dossier médical, la capacité d’accueil disponible et le profil des autres résidents déjà présents. Si l’établissement accueille déjà plusieurs personnes très dépendantes ou si l’établissement n’est pas suffisamment sécurisé pour gérer la déambulation ou l’agitation, l’admission peut être refusée.

Unité de vie protégée : un cadre sécurisé pour des troubles modérés
Les UVP accueillent des personnes atteintes d’Alzheimer présentant des troubles modérés du comportement. Il s’agit généralement de petites unités, intégrées à un EHPAD.
L’environnement est conçu pour sécuriser les déplacements, notamment la déambulation, sans enfermer. Ces unités restent toutefois adaptées à des situations relativement stables. Lorsque les troubles deviennent trop intenses ou trop imprévisibles, leurs capacités peuvent être dépassées.
UHR : des structures spécialisées pour les troubles sévères du comportement
Les unités d’hébergement renforcé s’adressent aux personnes présentant des troubles sévères du comportement, mettant en jeu leur sécurité ou celle des autres. Ces unités, intégrées à certaines maisons de retraite médicalisées, accueillent un nombre restreint de résidents, afin de permettre une prise en charge très encadrée.
L’UHR[7] regroupe sur un même lieu l’hébergement, les soins médicaux, les activités sociales et thérapeutiques. Les équipes sont spécifiquement formées et pluridisciplinaires.
Pourquoi multiplier les dossiers identiques conduit souvent à l’échec ?
Face aux refus, beaucoup de familles réagissent en envoyant le même dossier dans plusieurs maisons de retraite spécialisées. C’est compréhensible, mais rarement efficace.
Les erreurs fréquentes des familles de personnes Alzheimer
Par peur d’un nouveau refus, certains éléments sont parfois présentés de manière plus favorable qu’ils ne le sont réellement :
- les troubles du comportement sont minimisés ;
- le niveau d’autonomie est involontairement surévalué ;
- les informations médicales restent incomplètes, voire contradictoires d’un document à l’autre.
Au lieu de faciliter l’admission, un dossier imprécis ou enjolivé renforce souvent la prudence des établissements et conduit à un refus supplémentaire.
Ce que les commissions d’admission regardent en priorité dans un dossier de demande d’EHPAD Alzheimer
Lorsqu’une commission d’admission étudie un dossier Alzheimer, elle ne se base pas sur des critères affectifs ou subjectifs. Son rôle est avant tout d’évaluer si l’établissement est en capacité d’assurer une prise en charge sûre, stable et réaliste pour la personne concernée :
- est-ce que la sécurité du futur résident, mais aussi celle des autres personnes accueillies et des équipes peut être garantie ?
- est-ce que la prise en charge quotidienne peut être assurée, en termes d’effectifs, d’organisation des soins ou encore en capacité à gérer les situations de crise ou les troubles imprévisibles ?
- est-ce que la situation médicale et comportementale est stable, car une situation très fluctuante est souvent difficile à sécuriser dans un cadre non spécialisé.
Lorsqu’un dossier est mal aligné avec la réalité vécue sur le terrain, le refus devient presque systématique, non par manque de volonté, mais par souci de responsabilité et de protection.
Comment débloquer une situation de refus de dossier Alzheimer ?
Les refus répétés ne signifient pas que la situation est sans issue. Ils indiquent surtout que la solution recherchée n’est peut-être pas la bonne. Pour débloquer un dossier Alzheimer refusé, il est souvent nécessaire de changer d’approche plutôt que d’insister.
Repenser l’orientation plutôt que forcer l’admission
Dans certaines situations, il devient nécessaire de revoir l’orientation initiale. Un EHPAD classique, par exemple, ne sera pas le cadre le plus adapté lorsque les troubles sont importants ou instables.
Dans ce cas, il est préférable d’envisager une unité protégée réellement équipée, une structure plus médicalisée ou, dans certains cas, une orientation temporaire permet parfois de stabiliser la situation avant de réfléchir à une solution plus durable.
Chercher une place « à tout prix » dans n’importe quel EHPAD retarde souvent la mise en sécurité réelle du proche et prolonge inutilement la période de crise.
Faire réévaluer la situation du proche Alzheimer par les bons interlocuteurs
Un avis extérieur est souvent essentiel pour débloquer un dossier. Le médecin traitant ou un gériatre peut faire le point sur l’état de santé réel, et une équipe hospitalière, après une hospitalisation, apporte souvent une évaluation claire et factuelle des troubles.
Cette réévaluation permet de mieux comprendre la situation actuelle, d’éviter les zones de flou et d’orienter la personne vers des structures réellement adaptées à ses besoins d’aujourd’hui, et non à ceux d’il y a quelques mois.
Être accompagné pour cibler les établissements réellement adaptés
Être accompagné dans la recherche d’un établissement permet d’éviter de nombreuses démarches inutiles et des refus répétés. Cet accompagnement peut être assuré par différents professionnels habitués à travailler avec des situations Alzheimer complexes, comme les travailleurs sociaux, les équipes médico-sociales hospitalières, les centres mémoire, certains services départementaux ou des plateformes d’orientation spécialisées dans le grand âge.
Quand le refus est un signal d’alerte à ne pas ignorer
Les refus répétés ne sont jamais anodins. Lorsqu’un dossier Alzheimer est refusé à plusieurs reprises, cela ne signifie pas que la situation est sans solution, mais plutôt qu’elle est plus complexe qu’il n’y paraît, par exemple :
- une aggravation sous-estimée de la maladie ;
- un besoin de soins plus lourds que prévu ;
- un risque accru pour la sécurité du malade.
Forcer une admission dans un établissement qui n’est pas équipé pour ce type de profil peut avoir des conséquences lourdes :
- une aggravation rapide des troubles ;
- des hospitalisations répétées ;
- une grande souffrance pour le résident et l’aidant.
Trouver une solution adaptée n’est pas abandonner son proche
Accepter une orientation différente de celle envisagée au départ ne signifie ni renoncer, ni trahir. Choisir une structure adaptée permet une prise en charge plus cohérente, avec des équipes formées, et des soins ajustés à la réalité des besoins.
Pour le proche aidant, cette décision peut aussi marquer un tournant. Elle permet de sortir d’un combat épuisant, de retrouver un soutien professionnel et de préserver la relation affective, sans être constamment dans l’urgence ou la culpabilité.
FAQ
Pourquoi mon dossier Alzheimer est-il refusé en EHPAD ?
Un dossier de demande d’admission en EHPAD est le plus souvent refusé parce que le profil dépasse les capacités réelles de prise en charge de l’établissement.
Les EHPAD peuvent-ils refuser un patient Alzheimer ?
Oui, s’ils estiment ne pas pouvoir garantir la sécurité du senior ou celle des autres résidents de l’EHPAD.
Quels profils Alzheimer sont les plus difficiles à placer ?
Les profils les plus difficiles à placer sont ceux avec des troubles du comportement sévères, une dépendance extrême ou des troubles associés lourds.
Que faire quand aucun EHPAD n’accepte un proche Alzheimer ?
Dans ce cas, il faut faire réévaluer la situation et réorienter le parent âgé vers des structures réellement adaptées à ses besoins.
Un refus signifie-t-il que la situation est trop grave ?
Non pas forcément, mais souvent qu’elle est plus complexe que ce que l’EHPAD peut gérer.
Existe-t-il des structures adaptées aux profils Alzheimer complexes ?
Oui, les UHR sont spécifiques et doivent être ciblées précisément



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