Art‑thérapie, hortithérapie, réalité virtuelle : quel outil thérapeutique choisir en EHPAD selon le profil du résident ?

Art‑thérapie, hortithérapie, réalité virtuelle quel outil thérapeutique choisir en EHPAD selon le profil du résident
EHPAD Alzheimer

En EHPAD, accompagner la fragilité, l’isolement ou la perte d’autonomie ne se limite plus aux soins médicaux. Face à l’apathie, à l’anxiété ou au repli sur soi, les équipes cherchent des solutions capables de redonner du sens et du plaisir au quotidien. Art-thérapie[1], hortithérapie, réalité virtuelle : ces outils thérapeutiques se développent, mais ne conviennent pas à tous les profils. Cet article vous aide à comprendre les bénéfices, limites et indications de chaque approche, afin de choisir la méthode la plus adaptée à chaque résident, selon ses besoins, ses capacités et son histoire.

Trois voies, trois promesses thérapeutiques pour les résidents en EHPAD

L'approche artistique en EHPAD ne se confond pas avec une simple animation manuelle. La création artistique s'encadre, se pense, se module selon le parcours de vie, les capacités ou les fragilités.

L'art-thérapie[1] : exprimer, valoriser, relier

Pour certains, la main qui tremble retrouve de la précision avec le pinceau ; pour d'autres, la voix s'élève dans un groupe, là où les mots ne passent plus.

Les bénéfices de l'art-thérapie[1] sont tangibles :

  • Stimulation des fonctions cognitives (mémoire, attention, fonctions exécutives)
  • Maintien ou amélioration de la motricité fine
  • Expression et régulation des émotions
  • Renforcement de l’estime de soi et du sentiment de valorisation
  • Création de lien social, notamment lors des ateliers collectifs

Cette approche est valable pour des troubles légers mais aussi dans la maladie d'Alzheimer avancée, où l'art devient langage alternatif. L’art-thérapie[1] s’inscrit toujours dans le projet de soin personnalisé et se pratique en lien avec l’équipe pluridisciplinaire.

senior Alzheimer qui fait de la peinture thérapeutique en EHPAD

LIRE AUSSI : Les 4 meilleures animations artistiques en maison de retraite 

Hortithérapie : renouer avec la nature, retrouver le geste

Le jardinage en EHPAD va bien au-delà du loisir. L'hortithérapie s'appuie sur le pouvoir apaisant de la nature, sur la mémoire sensorielle, sur la capacité à ressentir, toucher, planter, récolter. On pense parfois à tort que le grand âge coupe du vivant ; or, c'est souvent dans la manipulation de la terre, l'arrosage, la cueillette, que renaissent souvenirs, émotions, sentiment d'utilité.

Les principaux bénéfices de l’hortithérapie sont :

  • Stimulation sensorielle (odeurs, textures, couleurs, saisons)
  • Entretien de la motricité fine et des gestes coordonnés
  • Apaisement de l’anxiété et réduction des tensions
  • Valorisation de l’autonomie, même partielle
  • Renforcement du lien social par l’activité partagée et les souvenirs évoqués

Ce sont souvent les résidents les plus anxieux, ou ceux qui ont connu la nature dans leur histoire, qui en tirent le plus grand bénéfice.

LIRE AUSSI : Les bienfaits du jardinage pour les seniors : que planter en fin d’été ?

Réalité virtuelle : évasion, stimulation, mémoire

Depuis quelques années, la réalité virtuelle (VR) séduit les établissements à la recherche de solutions innovantes. Le principe : offrir un voyage sensoriel là où le corps ne suit plus. Casque vissé sur la tête, le résident s'évade : pyramides d'Égypte, musées, forêts, plages, souvenirs d'enfance ou destinations rêvées.

Voici ce que la réalité virtuelle apporte aux résidents :

  • Réduction de l’anxiété, de la douleur et des symptômes dépressifs
  • Stimulation de la curiosité et de la mémoire autobiographique
  • Amélioration de l’humeur et diminution de l’apathie
  • Rupture de l’isolement et support au lien social lors des séances collectives
  • Accessibilité pour les personnes à mobilité réduite ou fatigables

Adaptée à la fois pour les personnes à mobilité réduite, les profils dépressifs, les troubles cognitifs légers à modérés, la VR s'intègre désormais à l'arsenal thérapeutique de nombreux EHPAD. Reste à ajuster : le risque de cybersickness (nausées, vertiges), la nécessité d'un accompagnement par un professionnel formé, l'attention portée aux contre-indications (troubles psychotiques, désorientation majeure).

Adapter l'approche : le profil du résident au centre

OutilPour quels profils ?Points fortsPoints de vigilance 
Art-thérapie[1]Résidents ayant besoin d'expression émotionnelle, troubles de la communication, troubles cognitifs tout stade, désir de créativitéStimulation cognitive, motricité fine, valorisation, expression non verbale, lien socialNécessite un encadrement formé, adaptation des médiums, intégration au projet de soins
HortithérapieRésidents attirés par la nature, anxieux, en besoin de stimulation sensorielle ou motrice, histoire rurale ou jardinageApaisement, motricité, réminiscence, sentiment d'utilité, échanges autour du vivantAccès à un espace adapté, sécurité des ateliers, météo, participation variable selon la saison
Réalité virtuelleRésidents à mobilité réduite, troubles anxieux ou dépressifs, besoin d'évasion, stimulation cognitive, mémoire, difficultés à sortirEvasion immédiate, stimulation cognitive, réminiscence, réduction de la douleur, lien intergénérationnelEffets secondaires possibles, contre-indications, besoin d'accompagnement technique

Indications pratiques : choisir la bonne méthode

Avant de mettre en place une activité thérapeutique, il est essentiel de tenir compte du profil du résident, de ses capacités physiques et cognitives, mais aussi de ses centres d’intérêt, afin de proposer une approche réellement bénéfique et sécurisée.

Réalité virtuelle : pour qui, comment ?

Un résident alité, peu mobile, mais curieux du monde, trouvera dans la VR une source d'évasion incomparable. Les séances, individuelles ou collectives, s'organisent sous supervision. L'effet apaisant se révèle vite, notamment sur les troubles anxieux, la dépression[3], la douleur chronique. Les ateliers de voyage virtuel, les visites de musées ou les jeux cognitifs s'adaptent aux capacités de chacun.

A éviter, toutefois, chez les personnes souffrant d'hallucinations, de troubles de l'équilibre marqués, ou sujettes à la cinétose. Toujours privilégier une expérimentation progressive, avec arrêt immédiat en cas de malaise.

Senior dépendant en EHPAD qui teste la réalité virtuelle

Art-thérapie[1] : une palette de possibles

La création artistique attire des profils très variés. La personne mutique, le résident dépressif, l'ancien peintre ou l'amateur d'écriture : chacun y trouve un espace à soi. L'encadrement par un professionnel qualifié reste indispensable. Les séances se déclinent en petits groupes ou en individuel, avec un matériel adapté, des thèmes porteurs (la nature, la mémoire, les saisons…).

Les bénéfices concernent autant l'expression de soi que la motricité, la concentration, la socialisation. Adaptée même aux stades avancés de troubles cognitifs, l'art-thérapie[1] offre un langage sans mots, une valorisation immédiate. Les familles apprécient souvent de voir, concrètement, les œuvres réalisées, témoignages sensibles d'une vie intérieure toujours présente.

Hortithérapie : le retour à la terre

Certains résidents retrouvent dans le jardinage un geste ancien, un souvenir du potager familial. La manipulation de la terre, la plantation, la récolte : ces activités réveillent des sensations, apaisent l'esprit. L'hortithérapie se montre précieuse pour les profils anxieux, les personnes en quête de repères sensoriels, celles dont l'histoire a été marquée par le lien à la nature.

L'atelier en extérieur, sous la surveillance d'un animateur ou d'un soignant formé, se prête au partage, à la transmission. Les échanges autour des plantes, des saisons, créent du lien entre les résidents. Attention, toutefois, à la météo, à la sécurité, à la nécessité d'un espace adapté.

Questions fréquentes sur les outils thérapeutiques en EHPAD

Comment savoir quel atelier conviendra le mieux à un résident ?

L'évaluation préalable du projet de soins, un entretien avec le résident, l'avis de l'équipe pluridisciplinaire et l'écoute de la famille orientent le choix. Les préférences, l'histoire de vie, les troubles présents, les capacités motrices et cognitives constituent des points d'appui.

Peut-on combiner plusieurs approches ?

Oui : dans la majorité des établissements, les équipes proposent plusieurs ateliers, parfois de façon complémentaire. Un résident peut participer à la fois à des séances d'art-thérapie[1] et à un atelier jardinage, ou expérimenter la réalité virtuelle sur proposition de l'équipe.

Quels sont les risques de la réalité virtuelle chez les personnes âgées ?

Outre le cybersickness (nausées, vertiges), la VR peut exacerber certains troubles (idées délirantes, hallucinations). Un accompagnement rapproché, une adaptation des contenus, une surveillance lors des premières séances garantissent la sécurité.

L'art-thérapie[1] ou l'hortithérapie sont-elles prises en charge financièrement ?

Le financement dépend de l'établissement, du projet d'accompagnement personnalisé, et parfois des aides complémentaires (associations, collectivités, fondations). Certaines structures proposent ces ateliers sans surcoût, d'autres facturent une participation modique.

Où trouver un EHPAD proposant ces approches ?

Notre plateforme d'accompagnement à la recherche Annuaire Retraite recensent les établissements innovants, proposent un accompagnement gratuit pour orienter les familles, préparer les visites, comprendre les démarches et évaluer la pertinence des offres d'ateliers.

Laissez un commentaire