Lorsque la maladie d'Alzheimer progresse et que l'on doit envisager de placer l'un de ses proches en UHR[1], une question se pose très rapidement sur le coût du séjour. Les tarifs affichés paraissent élevés, les devis difficiles à comparer et les aides financières restent floues pour beaucoup de familles. Cet article vous explique pas à pas le tarif d’une UHR[1] en EHPAD : ce qu’il comprend, pourquoi il est plus élevé, combien vous paierez vraiment et surtout comment réduire le reste à charge grâce aux aides financières disponibles en 2025.
Pourquoi les UHR[1] ont-elles un coût supérieur aux unités classiques en EHPAD ?
Une UHR[1] est conçue pour accueillir des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés à un stade avancé, lorsque les comportements deviennent difficiles à contenir dans une unité classique.
Contrairement aux unités Alzheimer traditionnelles, l’UHR[1] fonctionne comme un espace totalement sécurisé, fermé, avec une surveillance continue et des équipes spécifiquement formées aux troubles cognitifs sévères.
Cette organisation implique un encadrement humain beaucoup plus important, une présence soignante renforcée jour et nuit, ainsi que des aménagements des lieux adaptés à la désorientation et à l’anxiété des résidents.
Ces exigences ont un impact direct sur le coût du séjour. En pratique, le tarif d’une UHR[1] est en moyenne 10 à 20 % plus élevé que celui d’une unité classique, mais il correspond à une prise en charge nettement plus intensive et sécurisante.

À lire aussi : UVP, UHR, Unité Alzheimer et PASA : Quelles sont les différences de prise en charge des troubles neurodégénératifs dans ces unités ?[1]
Combien coûte une UHR[1] en moyenne en 2025 ?
En 2025, le coût d’un séjour en UHR[1] varie fortement selon plusieurs critères, notamment la région, le statut de l’établissement et le niveau de dépendance du résident. En moyenne, un séjour en UHR[1] représente entre 35 000 et 45 000 € par an avant déduction des aides, ce qui représente une charge financière importante pour la majorité des familles. Pour comprendre cette facture, il est essentiel de comprendre les différents postes qui la composent.
Tarif hébergement en UHR[1] : fourchettes 2025
Le tarif hébergement représente généralement entre 60 et 70 % du coût total et comprend la chambre, la restauration quotidienne, l’entretien du linge, le ménage, ainsi que les animations collectives proposées aux résidents.
Des tarifs qui varient fortement selon les régions
En 2025, les écarts entre régions restent marqués, en raison du prix du foncier et de la proportion d’établissements publics ou privés.
Dans les régions les plus accessibles financièrement, comme la Corse, les Hauts-de-France ou certaines zones du Centre-Val de Loire, les tarifs mensuels moyens se situent souvent autour de 2 800 à 3 000 euros.
À l’inverse, dans les régions les plus tendues, notamment en Île-de-France ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le coût de l’hébergement en UHR[1] dépasse fréquemment 3 700 euros par mois et peut atteindre plus de 5 000 euros dans certaines grandes agglomérations. À niveau de dépendance comparable, la seule différence géographique peut ainsi représenter plus de 1 000 euros d’écart mensuel.
Des écarts importants selon le type d’établissement
En 2025, le statut juridique de l’EHPAD influence également fortement le tarif hébergement en UHR[1] :
- entre 2 500 et 4 500 euros dans le secteur public ;
- entre 3 500 et 5 000 euros dans les établissements associatifs ;
- entre 4 500 et 7 500 euros dans les EHPAD privés commerciaux, voire davantage dans certaines grandes villes comme Paris ou en Île-de-France.
Tarif dépendance selon le GIR[3]
Le tarif dépendance dépend directement du niveau d’autonomie de la personne âgée, évalué à l’aide de la grille nationale AGGIR[4].
En UHR[1], les résidents sont majoritairement classés en GIR[3] 1 ou GIR[3] 2, correspondant à une dépendance très lourde nécessitant une aide quasi permanente pour les actes de la vie quotidienne. Ce niveau de dépendance entraîne mécaniquement un tarif plus élevé :
- GIR[3] 1 ou 2 : 22,70 euros par jour, soit près de 680 euros par mois ;
- GIR[3] 3 et 4 : 14,40 euros par jour, mais ces profils sont plus rares en UHR[1].
Suppléments spécifiques aux UHR[1]
Au-delà des tarifs hébergement et dépendance, les UHR[1] génèrent des surcoûts spécifiques liés à leur mode de fonctionnement.
L’un des principaux facteurs est le ratio personnel-résidents, nettement plus élevé que dans les unités classiques. Dans certaines UHR[1], un soignant peut être dédié à un ou deux résidents, ce qui garantit une présence constante mais augmente mécaniquement les coûts.
À cela s’ajoutent les dispositifs de sécurité permanents, la surveillance nocturne renforcée et les activités thérapeutiques destinées à apaiser l’anxiété et limiter les troubles du comportement.
Selon les établissements, ces prestations sont incluses dans le tarif global ou facturées en supplément. Elles peuvent représenter un surcoût mensuel compris entre 200 et 400 euros, contribuant à expliquer l’écart de prix entre une UHR[1] et une unité Alzheimer classique.
Quelles aides financières pour réduire le coût d’une UHR[1] ?
Face à des tarifs aussi élevés, il est essentiel de connaître l’ensemble des dispositifs d’aide disponibles en 2025.
APA en EHPAD : fonctionnement, montant et plafonds
L’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) constitue la principale aide financière pour les résidents de plus de 60 ans, classés en GIR[3] 1 à 4. En EHPAD, l’APA sert exclusivement à réduire le tarif dépendance, c’est-à-dire la part de la facture liée à la perte d’autonomie.
Concrètement, l’APA prend en charge la différence entre le tarif dépendance correspondant au GIR[3] du résident et le tarif dépendance applicable aux personnes les plus autonomes, classées GIR[3] 5 ou 6.
Ce tarif GIR[3] 5-6, appelé ticket modérateur, reste toujours à la charge du résident, quels que soient ses revenus.
En UHR[1], où les résidents sont majoritairement classés GIR[3] 1 ou 2, l’APA permet généralement de réduire la facture de 200 à 500 euros par mois.
APL en EHPAD : critères et montants
Les aides au logement, qu’il s’agisse de l’APL ou de l’ALS, peuvent également être mobilisées en EHPAD, y compris en UHR[1]. Elles sont versées par la CAF ou la MSA et visent à réduire le coût du tarif hébergement.
Le montant accordé dépend des ressources du résident, du statut de l’établissement et de sa localisation.
En pratique, ces aides permettent généralement de diminuer la facture mensuelle de 50 à plusieurs centaines d’euros. Elles sont cumulables avec l’APA et ne sont pas récupérables sur succession, ce qui en fait un levier précieux pour les familles aux revenus modestes.
ASH : une solution de dernier recours
Lorsque les ressources de la personne âgée et l’aide de sa famille ne suffisent pas à couvrir les frais d’hébergement, l’Aide sociale à l’hébergement peut intervenir.
Cette aide, attribuée par le département aux personnes de plus de 65 ans, finance tout ou partie du tarif hébergement, mais uniquement dans les établissements habilités à la recevoir.
Son montant correspond à la différence entre le tarif hébergement de l'établissement et la somme des ressources de la personne âgée (diminuée d'un montant forfaitaire laissé à sa disposition pour ses dépenses personnelles) et des contributions des obligés alimentaires.
L’ASH est soumise à des conditions strictes et implique une récupération possible sur la succession.
Réductions fiscales possibles pour les aidants
Au-delà des aides directes, le cadre fiscal offre également des possibilités de réduction de la charge financière.
Les dépenses liées à l’hébergement en EHPAD ouvrent droit à une réduction d’impôt[5] équivalente à 25 % des sommes versées, dans la limite de 2 500 euros par an.
Lorsque les enfants participent financièrement au séjour de leur parent, ces versements peuvent également être déduits de leurs revenus au titre de l’obligation alimentaire[6], sous certaines conditions.
Exemples de factures UHR[1] : combien allez-vous réellement payer ?
Pour les familles, le tarif affiché par un EHPAD ne correspond presque jamais à la somme réellement payée chaque mois. Entre l’APA, les aides au logement et parfois l’ASH, le reste à charge peut varier fortement d’une situation à l’autre.
Exemple 1 : résident GIR[3] 2 dans une UHR[1] standard
Françoise, 82 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer, classée GIR[3] 2 est accueillie dans une UHR[1] d’un EHPAD associatif situé en province.
| Éléments de la facture | Montant mensuel |
| Tarif hébergement | 3 000 € |
| Tarif dépendance GIR[3] 2 | 680 € |
| Prestations spécifiques UHR[1] | 150 € |
| Tarif total avant aides | 3 830 € |
| Ticket modérateur GIR[3] 5-6 | 180 € |
| Part dépendance prise en charge par l’APA | 500 € (680 € - 180 €) |
| APL | 300 € |
| Reste à charge mensuel | 3 030 € |
Exemple 2 : résident GIR[3] 1 en UHR[1] haut de gamme
Robert, 90 ans, classé GIR[3] 1, est accueilli dans une UHR[1] privée haut de gamme d’Île-de-France.
| Éléments de la facture | Montant mensuel |
| Tarif hébergement | 4 500 € |
| Tarif dépendance GIR[3] 2 | 680 € |
| Prestations spécifiques UHR[1] | 250 € |
| Tarif total avant aides | 5 430 € |
| Ticket modérateur GIR[3] 5-6 | 180 € |
| Part dépendance prise en charge par l’APA | 500 € (680 € - 180 €) |
| APL | 200 € |
| Reste à charge mensuel | 4 730 € |
Exemple 3 : personne à faibles ressources bénéficiant de l’ASH
Jeanne, 80 ans, classée GIR[3] 2, est accueillie dans une UHR[1] habilitée à l’ASH en province.
| Éléments de la facture | Montant mensuel |
| Tarif hébergement | 2 800 € |
| Tarif dépendance GIR[3] 2 | 680 € |
| Prestations spécifiques UHR[1] | 200 € |
| Tarif total avant aides | 3 680 € |
| Ticket modérateur GIR[3] 5-6 | 180 € |
| Part dépendance prise en charge par l’APA | 500 € (680 € - 180 €) |
| APL | 350 € |
| Reste à charge mensuel | 2 830 € |
| Retraite de Jeanne | 1 200 € (dont 130 € laissés à disposition pour ses dépenses personnelles) |
| ASH | 1 760 € = 2 830 € - (1 200 € - 130 €) |
Qui paie si les ressources ne suffisent pas ?
Lorsque les aides publiques ne couvrent pas l’intégralité des frais, la question du financement restant se pose rapidement.
Le rôle de l’obligation alimentaire[6]
L’obligation alimentaire[6] impose à certains membres de la famille de contribuer financièrement aux besoins d’un parent âgé lorsque celui-ci ne peut plus assumer seul ses frais d’hébergement en EHPAD. Elle concerne en priorité les enfants, mais peut également s’appliquer aux gendres et belles-filles tant que le lien de mariage est maintenu.
Cette contribution est évaluée au cas par cas, en tenant compte des ressources, des charges et de la situation personnelle de chaque obligé alimentaire. Elle n’est ni automatique ni identique pour tous et peut être fixée à l’amiable ou, en cas de désaccord, par le juge.
Dans la pratique, l’obligation alimentaire[6] permet de compléter les aides publiques existantes sans faire reposer l’intégralité du coût de l’hébergement sur une seule personne.

Le cas du conjoint resté au domicile
Lorsque le résident en UHR[1] a un conjoint encore au domicile, la loi prévoit une protection spécifique.
En pratique, le conjoint resté au domicile doit conserver au minimum le montant de l’ASPA pour une personne seule, soit environ 1 034,28 € par mois en 2025. Ce seuil correspond au minimum de ressources jugé nécessaire pour vivre décemment.
Les revenus du couple ne peuvent donc pas être entièrement affectés au financement de l’UHR[1] si cela fait passer le conjoint en dessous de ce niveau.
Comment réduire la facture UHR[1] : 7 leviers concrets
Même si le tarif d’une UHR[1] reste difficile à faire baisser, plusieurs leviers concrets permettent d’en réduire le reste à charge, parfois de manière significative, à condition de les connaître et de les activer au bon moment.
1 - Choisir un département aux tarifs plus accessibles
Les écarts de tarifs entre départements sont l’un des leviers les plus importants. À niveau de dépendance et de prise en charge équivalents, une UHR[1] située dans un département rural ou dans une région peu chère affiche souvent des tarifs mensuels autour de 2 800 à 3 000 euros, contre 3 700 à 4 000 euros en moyenne en Île-de-France.
Ce simple changement de territoire peut représenter une économie de 700 à plus de 1 000 euros par mois pour la famille.
2 - Privilégier une UHR[1] publique
Le statut de l’établissement influence directement la facture. À prestations équivalentes, une UHR[1] publique coûte en moyenne plusieurs centaines d’euros de moins par mois qu’une structure privée commerciale.
3 - Optimiser les aides au logement
Les aides au logement constituent un levier souvent sous-estimé pour réduire le tarif hébergement en UHR[1]. Leur montant dépend des ressources du résident, du statut de l’établissement et de sa localisation.
Une aide accordée au moment de l’entrée en établissement peut évoluer si la situation financière change. Il est donc important de vérifier régulièrement les droits auprès de la CAF et de demander une réévaluation si nécessaire. Une APL ou une ALS bien ajustée peut représenter plusieurs centaines d’euros d’économie chaque mois.
4 - Demander un recalcul de l’APA en cas d’évolution
L’APA en établissement est directement liée au niveau de dépendance évalué par le GIR[3]. Lorsque l’état de santé du résident se dégrade ou que les troubles cognitifs s’intensifient, un reclassement peut être sollicité.
Cette réévaluation permet parfois une meilleure prise en charge du tarif dépendance, ce qui allège mécaniquement le reste à charge. Cette démarche, souvent oubliée après l’entrée en UHR[1], mérite pourtant d’être réexaminée régulièrement pour s’assurer que l’aide perçue correspond bien à la situation réelle.
5 - Envisager un séjour temporaire en UHR[1]
Dans certaines situations, l’accueil temporaire en UHR[1] peut constituer une alternative intéressante à l’entrée définitive. Il permet de sécuriser la personne âgée sur une période limitée, par exemple après une hospitalisation ou lors d’une phase de transition.
Ce type de séjour offre également la possibilité de tester la prise en charge et d’anticiper les coûts, tout en répartissant les dépenses sur l’année. Pour certaines familles, cette solution permet de mieux gérer le budget tout en répondant aux besoins immédiats du proche.
6 - Solliciter les aides locales et complémentaires
Au-delà des dispositifs nationaux, il existe de nombreuses aides locales susceptibles de compléter le financement d’un séjour en UHR[1].
Les CCAS[7], les conseils départementaux, les caisses de retraite ou certaines mutuelles proposent parfois des soutiens financiers ponctuels ou ciblés.
Ces aides peuvent concerner des frais spécifiques non pris en charge par l’APA ou l’APL. Être accompagné par un travailleur social facilite souvent l’identification et la mobilisation de ces dispositifs encore trop méconnus.
7 - Éviter les options et prestations non indispensables
Certaines prestations de confort ou services annexes, bien que présentés comme attractifs, ne sont pas toujours essentiels au bien-être du résident.
Faire le point sur les besoins réels et ajuster les options choisies permet de maîtriser la facture mensuelle sans compromettre la qualité de l’accompagnement. Cette vigilance est d’autant plus importante dans les établissements privés, où les prestations additionnelles peuvent rapidement alourdir le coût global.
En conclusion, le tarif d’une UHR[1] en EHPAD peut paraître élevé, mais il reflète une prise en charge renforcée indispensable lorsque la maladie d’Alzheimer devient sévère. En comprenant la composition des coûts, le fonctionnement réel des aides et les leviers existants, il devient possible d’anticiper le reste à charge et de faire des choix adaptés à la situation du proche comme à celle de la famille.
FAQ
Une UHR[1] est-elle plus chère qu’une UVP ?
Oui, une UHR[1] coûte en moyenne 10 à 20 % de plus qu’une UVP, en raison d’un encadrement humain renforcé et d’un environnement totalement sécurisé.
Peut-on obtenir une aide renforcée pour Alzheimer sévère ?
Il n’existe pas d’aide spécifique « Alzheimer sévère », mais l’APA en établissement couvre davantage la dépendance lourde pour les GIR[3] 1 et 2.
Les UHR[1] privées coûtent-elles vraiment plus cher ?
En moyenne, oui. Les UHR[1] privées affichent souvent des tarifs supérieurs de plusieurs centaines voire milliers d’euros par mois par rapport au public.
Comment calculer son reste à charge seul ?
Il faut additionner le tarif hébergement et le ticket modérateur dépendance, puis déduire les aides au logement et l’APA versée à l’établissement.
Peut-on être exonéré du paiement en tant qu’enfant ?
Oui, si les ressources sont insuffisantes ou en cas de situation particulière, l’obligation alimentaire[6] peut être limitée ou écartée par décision du département ou du juge.
Ma mère est en GIR[3] 3 : combien d’APA pour une UHR[1] ?
En EHPAD, l’APA ne correspond pas à un montant fixe : elle finance la différence entre le tarif dépendance GIR[3] 3 et le tarif GIR[3] 5-6, le reste étant à la charge du résident.






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