Perte d’autonomie : comment obtenir son GIR et comprendre son évaluation ? 

Perte d’autonomie comment obtenir son GIR et comprendre son évaluation
Actualités des Droits et Aides pour Seniors

« On nous parle de GIR[1], de grille AGGIR[3] et d’APA, mais nous ne savons pas ce que cela signifie. » Cette situation est fréquente lorsqu’un proche âgé commence à rencontrer des difficultés pour se laver, s’habiller, préparer ses repas ou se déplacer seul. Le GIR, ou groupe iso-ressources, permet de mesurer le niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée. Il est déterminé à l’aide de la grille AGGIR, généralement dans le cadre d’une demande d’APA. Qui faut-il contacter ? Comment se déroule l’évaluation ? Voici les démarches à suivre pour obtenir son GIR et comprendre les conséquences de cette évaluation sur les aides et le choix du lieu de vie.

Comment demander une évaluation GIR ?

Le GIR n’est pas attribué à la suite d’une simple consultation médicale. À domicile, son évaluation intervient principalement lorsqu’une personne âgée dépose une demande d’APA auprès de son département. En EHPAD, elle est réalisée après l’entrée dans l’établissement.

À qui s’adresser pour déclencher l’évaluation du GIR ?

Pour faire évaluer le niveau de dépendance d’une personne qui vit à domicile, il faut contacter le conseil départemental, le CCAS[5] ou la mairie du lieu de résidence.

Le médecin traitant peut accompagner la démarche, décrire l’état de santé de la personne et remplir, si nécessaire, le certificat médical joint au dossier. Il ne décide toutefois pas seul du GIR dans le cadre d’une demande d’APA.

En EHPAD, la famille n’a normalement pas besoin d’organiser elle-même une visite à domicile. Le GIR est évalué au sein de l’établissement par le médecin coordonnateur, avec le concours de l’équipe soignante.

senior demandant son niveau de gir

Dans quelles situations faire évaluer son niveau d’autonomie ?

Une évaluation AGGIR devient utile dès que les difficultés rencontrées par le senior commencent à affecter sa vie quotidienne de manière régulière. Il n’est pas nécessaire d’attendre que la personne soit totalement dépendante.

L’évaluation du GIR est réalisée :

  • lors d’une première demande d’APA à domicile ;
  • à l’occasion d’une entrée en EHPAD ;
  • lorsque l’état de santé ou l’autonomie d’un bénéficiaire de l’APA se dégrade ;
  • dans le cadre de la révision d’un plan d’aide devenu insuffisant.

Une hospitalisation récente, une maladie évolutive ou l’épuisement du proche aidant peuvent aussi conduire la famille à engager la démarche.

Comment se déroule l’évaluation du GIR ?

L’évaluation AGGIR étudie les besoins de la personne âgée et ceux de son proche aidant.

Qui réalise l’évaluation du GIR à domicile ou en EHPAD ?

Dans le cadre d’une demande d’APA à domicile, un membre de l’équipe médico-sociale du conseil départemental se rend chez la personne âgée. Il peut s’agir d’un professionnel du secteur social, médico-social ou médical.

La visite permet de déterminer le GIR, mais aussi d’identifier les aides nécessaires pour continuer à vivre chez soi dans de bonnes conditions. Les professionnels prennent en compte le logement, l’entourage disponible, les risques de chute, les besoins de répit de l’aidant et les aides techniques nécessaires.

En EHPAD, le médecin coordonnateur et l’équipe soignante évaluent l’autonomie du résident à partir de leurs observations. Cette évaluation est ensuite utilisée pour déterminer le tarif dépendance applicable.

Comment se passe la visite à domicile ?

Pendant la visite à domicile, qui dure généralement entre une heure et une heure et demie, le professionnel échange avec la personne âgée sur son quotidien : comment elle fait sa toilette, se lève de son lit, se déplace dans son logement, s’habille ou prend ses repas.  

Il observe la mobilité du senior et l’état du logement en vérifiant notamment qu’il est sécurisé et adapté à ses besoins. Ses observations lui permettent de remplir la grille AGGIR et d’identifier les aides nécessaires pour garantir sa sécurité et son confort.

Comment préparer l’évaluation AGGIR ?

Avec l’accord de la personne évaluée, la présence d’un proche est vivement recommandée. L’aidant peut apporter des précisions lorsque la personne minimise ses difficultés, oublie certains incidents ou réalise une activité uniquement parce qu’elle est aidée.

Pour que l’évaluation reflète la vie réelle, il est important de ne pas préparer une mise en scène particulièrement favorable le jour de la visite. Si un proche vient exceptionnellement ranger le logement, préparer le repas ou choisir les vêtements, le professionnel risque de ne pas percevoir certaines difficultés habituelles.

Comment le GIR est-il calculé avec la grille AGGIR ?

Le GIR ne correspond pas directement à une maladie, à un handicap ou à un âge. Deux personnes atteintes de la même pathologie peuvent donc obtenir un classement différent si leur capacité à accomplir les activités de la vie quotidienne n’est pas la même.

Ce que regarde concrètement l’équipe d’évaluation 

La grille AGGIR étudie plusieurs activités corporelles et mentales. Dix variables dites discriminantes servent au calcul du GIR : la cohérence, l’orientation, la toilette, l’habillage, l’alimentation, l’élimination, les transferts, les déplacements à l’intérieur et à l’extérieur, ainsi que la capacité à alerter à distance. Chaque critère est noté de A (autonomie totale) à C (dépendance).

Sept autres activités, comme préparer les repas, effectuer les tâches ménagères, prendre ses médicaments ou encore utiliser les transports, complètent l’analyse des besoins. 

Un algorithme national classe ensuite la personne dans l’un des six GIR. Le GIR 1 correspond au niveau de dépendance le plus élevé, tandis que le GIR 6 désigne le niveau de perte d’autonomie le plus faible.

GIRDescription 
GIR 1 Perte d’autonomie très lourde, confinement au lit/fauteuil, présence en continu nécessaire
GIR 2Dépendance lourde pour plusieurs actes essentiels ou troubles cognitifs sévères. Besoin d’assistance dans la majorité des tâches de la vie courante
GIR 3 Difficultés motrices importantes pour l’autonomie au quotidien, mais fonctions mentales relativement préservées. Besoin d’aide plusieurs fois par jour pour des soins corporels 
GIR 4 Personne ayant besoin d’une aide pour la toilette et l’habillage ou de la présence d’une aide pour se lever, se coucher ou se déplacer 
GIR 5 Personne autonome dans les actes essentiels, mais ayant besoin d’une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas ou le ménage
GIR 6 Personne totalement autonome dans la vie quotidienne, sans aide nécessaire pour les actes essentiels

Ce que vous recevez après l’évaluation

À domicile, lorsque la personne est classée en GIR 1 à 4 et remplit les autres conditions de l’APA, elle reçoit une proposition de plan d’aide. Ce document mentionne notamment :

  • le GIR attribué ;
  • les aides recommandées (heures d’aide à domicile, portage de repas, téléassistance, etc.) ;
  • leur coût total ;
  • la participation financière éventuellement laissée à la charge du bénéficiaire.

La décision définitive concernant l’APA est ensuite adressée par le conseil départemental. Elle doit normalement être notifiée au plus tard deux mois après le dépôt du dossier complet.

demande d'aides financières après l'obtention du gir

Que change le GIR dans la vie quotidienne ?

Le GIR intervient dans l’ouverture de certains droits, l’organisation du maintien à domicile et le calcul du coût de la dépendance en établissement.

Comment le GIR influence-t-il les aides financières ?

Seules les personnes classées en GIR 1, 2, 3 ou 4 peuvent bénéficier de l’APA, à condition de remplir les autres critères d’attribution, notamment avoir au moins 60 ans et résider en France de façon stable et régulière.

À domicile, le GIR détermine le plafond maximal du plan d’aide. Plus la perte d’autonomie est importante, plus ce plafond est élevé. 

En EHPAD, le GIR sert à fixer le tarif dépendance. Les résidents classés en GIR 1 ou 2 supportent un tarif plus élevé que ceux relevant des GIR 3 ou 4, car leur accompagnement nécessite davantage de moyens.

Le GIR intervient-il sur le choix du lieu de vie ?

Le GIR aide à déterminer le niveau d’accompagnement dont la personne âgée a besoin. Toutefois, un GIR élevé n’impose pas automatiquement une entrée en EHPAD. Le maintien à domicile peut rester possible si le logement est adapté et si des aides suffisantes peuvent être mises en place.

La décision dépend aussi de la situation personnelle du senior : est-ce qu’il vit seul ? Est-ce qu’il peut se déplacer sans danger ? Est-ce qu’il a besoin d’une surveillance la nuit ? Ses proches sont-ils en mesure de l’aider ?

Selon les besoins constatés, l’évaluation peut conduire à renforcer l’aide à domicile, installer une téléassistance, adapter le logement ou envisager une entrée en établissement lorsque la sécurité ne peut plus être assurée chez soi.

Peut-on demander une nouvelle évaluation du GIR ?

Le GIR peut être réévalué si l’autonomie de la personne âgée évolue, par exemple après une chute, une hospitalisation ou l’aggravation d’une maladie.

La personne, son proche ou son représentant doit alors contacter le conseil départemental et expliquer les changements constatés. Des documents médicaux récents peuvent être joints à la demande. Une nouvelle visite pourra être organisée afin de réévaluer le GIR et, si nécessaire, d’adapter le plan d’aide APA.

En cas de désaccord avec la décision, il est possible d’adresser un recours au président du conseil départemental en respectant le délai indiqué dans le courrier de notification.

FAQ

Comment est calculé le GIR d’une personne âgée ?

Le GIR est calculé à l’aide de la grille nationale AGGIR. Le professionnel évalue la capacité de la personne à réaliser différentes activités corporelles et mentales seule, correctement, totalement et habituellement. Un algorithme classe ensuite la personne dans l’un des six groupes : le GIR 1 correspond à la perte d’autonomie la plus importante et le GIR 6 à la plus faible.

Qui réalise l’évaluation AGGIR ?

À domicile, l’évaluation liée à une demande d’APA est réalisée par l’équipe médico-sociale du conseil départemental. En EHPAD, elle est effectuée par le médecin coordonnateur avec l’aide de l’équipe soignante.

Existe-t-il un certificat GIR ou un certificat de perte d’autonomie ?

À la suite de l’évaluation, le conseil départemental adresse une décision officielle indiquant le GIR retenu. Ce document constitue l’attestation GIR, que l’on peut ensuite fournir pour des démarches administratives.

À quoi sert le GIR pour l’APA ?

Le GIR détermine l’éligibilité à l’APA : seuls les GIR 1 à 4 permettent d’en bénéficier. À domicile, il fixe également le plafond du plan d’aide. En EHPAD, il intervient dans le calcul du tarif dépendance et de l’APA destinée à financer une partie de ce tarif.

Peut-on demander une réévaluation du GIR ?

Oui. Une réévaluation peut être demandée au conseil départemental lorsque la santé, l’autonomie, l’environnement ou les besoins d’aide de la personne ont changé. 

Source : grille-aggir.fr

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