Face à la perte d'autonomie d'un proche, le doute s'installe vite : à quel point l'aide devient-elle indispensable ? Quel soutien demander, et à qui s'adresser ? Le classement en GIR[1] – Groupe Iso-Ressources – n'est pas un simple diagnostic : il conditionne l'accès à l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), le niveau de soutien financier et le type d'accompagnement à mettre en place.
Comprendre la logique des GIR[1] 1 à 4, savoir comment l’évaluation est réalisée et quels droits elle ouvre, c’est la clé pour anticiper les besoins de votre parent, obtenir les aides adaptées et organiser son quotidien sans attendre. Dans cet article, nous détaillons pas à pas le fonctionnement du GIR[1], les démarches à suivre, les signes qui alertent et les solutions concrètes pour agir au bon moment.
Le GIR[1] : socle de l'accompagnement des personnes âgées en perte d'autonomie
Derrière l'acronyme, une réalité très concrète. Le GIR[1] classe les personnes âgées selon leur capacité à effectuer seules les actes essentiels du quotidien. Sur une échelle de 1 à 6, le chiffre 1 correspond à la dépendance la plus lourde, 6 à l'autonomie quasi complète. Seuls les GIR[1] 1 à 4 ouvrent droit à l'APA, véritable levier pour financer l'aide à domicile[3] ou l'hébergement en établissement.
Comment ce classement s'établit-il ? Par une évaluation rigoureuse, fondée sur la grille AGGIR[5][4]. Un outil standardisé, utilisé partout en France, qui dissèque l'autonomie au travers de 17 activités-clés, physiques comme mentales, domestiques ou sociales.
La grille AGGIR[5][4] : observer ce que la personne peut réellement faire
L'évaluation du GIR[1] ne repose pas sur le ressenti, ni sur la simple observation ponctuelle. Elle s'appuie sur la grille AGGIR[4][5] (Autonomie Gérontologie[6] Groupe Iso-Ressources), qui détaille dix activités dites discriminantes – se laver, s'habiller, se déplacer, communiquer, s'orienter, s'alimenter… – et sept activités illustratives, davantage centrées sur la vie sociale ou domestique.
- Communication (verbale et non verbale, utilisation du téléphone)
- Orientation (repères dans le temps et l'espace)
- Toilette, habillage, alimentation
- Transferts (passer du lit au fauteuil, s'asseoir, se lever)
- Déplacements dans le logement et à l'extérieur
- Gestion des éliminations (contrôle urinaire et fécal)
- Gestion des affaires, des finances, suivi médical, loisirs
Chaque activité discriminante reçoit une note : A (autonome), B (autonome avec difficulté), C (dépendant). Ce sont les activités discriminantes qui déterminent le classement en GIR[1].

Comprendre les 4 niveaux de GIR[1] ouvrant droit à l'APA
| Niveau de GIR[1] | Description de l'autonomie | Droit à l'APA |
|---|---|---|
| GIR 1[1] | Personne alitée ou en fauteuil, fonctions mentales gravement altérées, dépendance totale, besoin d'une aide constante pour l'ensemble des gestes quotidiens | Oui |
| GIR 2[1] | Grande dépendance : soit confinement au lit/fauteuil avec capacités mentales préservées, soit déplacements possibles mais fonctions mentales altérées ; besoin d'aide pour la majorité des actes essentiels ou surveillance permanente | Oui |
| GIR[1] 3 | Dépendance importante mais partielle : autonomie mentale conservée, déplacements possibles, besoin d'aide quotidienne et répétée pour les soins corporels | Oui |
| GIR 4[1] | Autonomie locomotrice suffisante, mais besoin d'aide pour les soins corporels, les repas, l'habillage ou déplacements difficiles ; assistance ponctuelle nécessaire | Oui |
En deçà (GIR[1] 5 ou 6), plus question d'APA : seules des aides ponctuelles ou une intervention de la caisse de retraite restent envisageables.
Procédure d'évaluation du GIR[1] : à quoi s'attendre, qui solliciter ?
Tout commence par une démarche administrative. Le plus souvent, une demande d'APA déposée auprès du Conseil départemental ou du Centre communal d'action sociale (CCAS[7]). Ce point de départ déclenche la visite d'une équipe médico-sociale habilitée : infirmier, travailleur social, parfois médecin coordonnateur[8] (en établissement). À domicile, les proches peuvent assister à l'entretien, partager leur connaissance du quotidien du parent.
La visite ne se limite pas à un questionnaire : le professionnel observe, questionne, compare les informations recueillies avec les critères de la grille AGGIR[5][4]. Il prend en compte les variations du quotidien, la régularité des difficultés, l'adaptation ou non aux aides techniques déjà en place.
- À domicile : l'équipe du département intervient, rédige un rapport, propose un plan d'aide si le GIR[1] est compris entre 1 et 4.
- En établissement (EHPAD, USLD[9]) : le médecin coordonnateur[8] et l'équipe soignante réalisent l'évaluation, généralement un mois après l'admission.
Le résultat du classement GIR[1] arrive sous forme d'un document, joint au plan d'aide APA. Il conditionne le montant maximal de l'aide, le nombre d'heures d'intervention, l'accès à certains services spécialisés.
Réévaluation : quand et comment ajuster le classement GIR[1] ?
Le niveau d'autonomie n'est pas figé. Chute, aggravation d'une maladie, retour d'hospitalisation : la situation peut évoluer rapidement. Une demande de réévaluation du GIR[1] s'effectue par courrier auprès des services du département. Même une personne initialement classée en GIR[1] 5 ou 6 peut solliciter une nouvelle évaluation si son état se dégrade.
À l'inverse, en cas d'amélioration, le plan d'aide peut être revu à la baisse. Cette souplesse évite les effets de seuil, permet d'ajuster l'accompagnement et les aides.
Quels repères pour anticiper le GIR[1] de son parent ?
Avant même la visite officielle, certains signaux alertent sur le niveau de dépendance :
- Besoin d'aide pour la toilette, l'habillage, les repas : GIR[1] 3 ou 4 probable.
- Présence indispensable jour et nuit, altération cognitive majeure : GIR[1] 1 ou 2 à envisager.
- Aide ponctuelle pour les courses, le ménage, la préparation des repas : GIR[1] 5 ou 6, donc pas d'APA mais autres aides envisageables.
Mais seule l'évaluation officielle fait foi pour l'accès à l'APA et la constitution du dossier.
Montant de l'APA et aides selon le GIR[1]
Le classement GIR[1] impacte directement le plan d'aide : plus la dépendance est forte, plus le montant maximal d'APA augmente (jusqu'à 2045,56 € par mois en GIR[1] 1 en 2025). À chaque niveau, le Conseil départemental définit un volume d'heures d'aide, adapté aux besoins repérés lors de l'évaluation : préparation des repas, toilette, accompagnement aux rendez-vous, surveillance, etc.
En dehors de l'APA, la caisse de retraite ou la mutuelle peut proposer des aides complémentaires pour les personnes classées GIR[1] 5 ou 6.

Points d'appui et ressources pratiques
- Services du département : interlocuteur central pour l'APA, les demandes de réévaluation, l'information sur les droits.
- CCAS[7], points d'information locaux : orientation, accompagnement administratif, annuaires des services et établissements.
- Réseaux d'aide à domicile[3] : conseils personnalisés, adaptation des interventions au GIR[1] du parent.
- CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) : guides, informations sur les droits, comparateurs de services.
FAQ : le classement GIR[1] en 5 questions rapides
Mon parent a-t-il droit à l'APA s'il est en GIR[1] 4 ?
Oui, dès le GIR[1] 4, l'APA est accessible. Le plan d'aide et le montant dépendent du niveau de dépendance précis et des ressources.
Peut-on demander une réévaluation du GIR[1] après une chute ou une hospitalisation ?
Tout à fait. La demande s'adresse au service autonomie du département, par simple courrier, dès qu'un changement notable de l'état de santé est constaté.
Qui réalise l'évaluation GIR[1] à domicile ?
Une équipe médico-sociale mandatée par le département : infirmier, travailleur social, parfois médecin. Les proches peuvent assister à la visite.
En établissement, qui attribue le GIR[1] ?
Le médecin coordonnateur[8], en lien avec l'équipe soignante, évalue le GIR[1], généralement dans le mois suivant l'entrée en EHPAD ou USLD[9].
Les proches sont-ils consultés lors de l'évaluation ?
Oui, leur présence et leurs observations sont précieuses pour décrire le quotidien et les difficultés réelles du parent.
Agir sans attendre, s'informer pour mieux accompagner
Derrière le classement GIR[1], une réalité : chaque situation mérite une réponse sur-mesure. Savoir où se situe son parent, c'est anticiper les besoins, obtenir le soutien financier adapté, éviter l'épuisement des proches. S'informer, solliciter les bons interlocuteurs, demander des réévaluations quand il le faut – cette dynamique fait la différence pour préserver l'autonomie le plus longtemps possible, dans la dignité.






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