APA pour hébergement permanent : comment obtenir l’aide pour financer votre EHPAD ?

APA pour hébergement permanent comment obtenir l’aide pour financer votre EHPAD
Droits et Aides

Trouver une solution pour financer un hébergement en EHPAD (Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) relève souvent du casse-tête. Les familles se heurtent aux tarifs élevés, à la complexité des démarches, au sentiment d'être seules face à un système administratif dense. Pourtant, une aide reste essentielle et peut changer la donne : l'APA en établissement (Allocation Personnalisée d'Autonomie). Elle cible précisément les dépenses liées à la dépendance, un poste de coût majeur en maison de retraite. Zoom sur ses conditions, son fonctionnement réel, les démarches et les autres leviers pour boucler un plan de financement.

Comprendre la facture d'un séjour en EHPAD : où l'APA intervient-elle ?

Le coût total en EHPAD ne se limite pas au seul logement. En France, il se décompose en trois blocs :

  • Le tarif hébergement : il intègre la chambre, les repas, l'animation, la blanchisserie. Son montant varie fortement selon l'établissement, la localisation, l'ancienneté du bâtiment, le niveau de confort.
  • Le tarif soins : il couvre les actes médicaux, paramédicaux, médicaments, suivi infirmier. Ce poste est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie.
  • Le tarif dépendance : il finance l'accompagnement quotidien (aide à la toilette, à l'habillage, à la mobilité). C'est ici qu'intervient l'APA. Ce tarif dépend du degré de perte d'autonomie, évalué à l'admission et lors du séjour.

Sur une facture mensuelle, ces trois lignes forment une addition souvent salée : entre 1 900 € et plus de 3 500 € chaque mois selon l'EHPAD, le niveau de dépendance, les prestations.

senior en GIR 4 faisant une demande d'APA en EHPAD

LIRE AUSSI : APA en EHPAD 2025 : calcul, montant, ticket modérateur et formulaire selon votre GIR [2]

APA en établissement : pour qui, pour quoi ?

L'Allocation Personnalisée d'Autonomie en EHPAD cible les personnes âgées de 60 ans ou plus, vivant en France de façon stable, qui ne peuvent plus accomplir seules les actes essentiels du quotidien. L'éligibilité repose sur l'évaluation du degré de dépendance, selon la grille AGGIR[4][3]. Les résidents classés en GIR 1 à 4[2] peuvent en bénéficier :

  • GIR[2] 1 : perte d'autonomie totale, surveillance constante nécessaire
  • GIR[2] 2 : grande dépendance, aide pour la plupart des actes
  • GIR[2] 3 : besoin d'aide régulière, autonomie partielle
  • GIR[2] 4 : besoins d'assistance pour certains gestes quotidiens

En revanche, les personnes évaluées GIR[2] 5 ou 6 (autonomes ou peu dépendantes) ne sont pas concernées par l'APA.

L'allocation vise à alléger le tarif dépendance. Le montant attribué varie selon le niveau de dépendance et les ressources du résident, mais jamais en fonction de son patrimoine immobilier (hors résidence principale, sauf exceptions).

Conditions et démarches pour obtenir l'APA en EHPAD

Obtenir l’APA en EHPAD nécessite quelques démarches précises.

Constituer le dossier APA

Entrer dans un EHPAD ne déclenche pas automatiquement l'aide. Il faut déposer un dossier : soit auprès de l'établissement, soit auprès du conseil départemental, du CCAS[5], d'un point d'information local, ou via le site du département. 

À joindre : 

  • pièce d'identité, 
  • justificatif de domicile, 
  • dernier avis d'imposition, 
  • relevés d'épargne, 
  • RIB, 
  • certificat médical.

Évaluation du GIR[2] et instruction

Après réception, le médecin coordonnateur[6] évalue le GIR[2] avec l'équipe soignante. Un délai d'instruction (en moyenne deux mois) s'applique. 

En cas d'urgence, une attribution provisoire reste possible.

Versement et cumul des aides

La réponse prend la forme d'une notification officielle (papier ou dématérialisée). L'APA sera alors versée : soit directement à l'établissement (le plus fréquent), soit au résident, qui la reverse à l'EHPAD.

À noter : l'APA en établissement n'est pas compatible avec certaines autres aides liées à la dépendance (ACTP, PCH, PCRTP, MTP, etc.), mais elle peut se cumuler avec les aides au logement et l'aide sociale à l'hébergement.

Comment est calculé le montant de l'APA ?

Trois paramètres entrent en jeu : le GIR[2] du résident, le tarif dépendance fixé par le département pour l'EHPAD concerné, et les ressources du bénéficiaire.

  • GIR[2] 1-2 : tarif dépendance le plus élevé
  • GIR[2] 3-4 : tarif intermédiaire
  • GIR[2] 5-6 : tarif dépendance minimal (utilisé comme ticket modérateur)

Le montant de l'APA correspond à la différence entre le tarif dépendance du GIR[2] réel et ce ticket modérateur, la part laissée à la charge du résident variant selon ses revenus mensuels :

  • Jusqu'à 2 846,77 € : participation limitée au ticket modérateur
  • Entre 2 846,77 € et 4 379,64 € : participation croissante, jusqu'à 80 % de la différence
  • Au-delà de 4 379,64 € : participation maximale

Exemple concret : une personne en GIR[2] 2 avec 2 000 € de retraite, un tarif dépendance de 570 € par mois, paiera 151,20 €, l'APA couvrira le reste. Avec 4 500 € de retraite, la participation grimpe à près de 500 €. Des simulateurs officiels existent pour estimer précisément le reste à charge.

seniors calculant le reste à charge en EHPAD avec le versement de l'APA

D'autres aides à mobiliser pour réduire la facture

L'APA ne couvre que la dépendance. Il reste le tarif hébergement, souvent le plus lourd. Plusieurs dispositifs peuvent s'y ajouter :

  • Aide sociale à l'hébergement (ASH) : prend en charge tout ou partie des frais d'hébergement, sous conditions de ressources et si l'établissement est habilité à l'aide sociale. La demande passe par le conseil départemental ou la mairie. Le résident conserve au moins 10 % de ses revenus.
  • Aides au logement (APL ou ALS) : attribuées selon le type d'établissement (conventionné ou non), la situation du résident, le montant du loyer. Dossier à constituer auprès de la CAF ou de la MSA.
  • Chèque énergie : depuis 2021, utilisable pour la part énergie du tarif hébergement, attribué automatiquement selon les ressources.
  • Déduction fiscale : jusqu'à 2 500 € de réduction d'impôt[7] par an pour les sommes réellement versées au titre de la dépendance et de l'hébergement, après déduction de l'APA et des autres aides. À déclarer chaque année.
  • Aides des caisses de retraite : certaines caisses accordent des compléments pour alléger la facture, sur dossier.

La combinaison de ces aides permet parfois de ramener le reste à charge à un niveau supportable. Le cumul reste possible, sauf exceptions (APA non cumulable avec certaines aides à la dépendance).

Ce que l'APA ne fait pas… et ses vrais atouts

L’APA offre un soutien précieux pour financer la dépendance en EHPAD, mais il est important de connaître ses limites, ses avantages moins connus et les évolutions à venir."

APA sécurisée et non récupérable

L'APA n'est jamais récupérée sur la succession. Les sommes versées restent acquises, n'entraînent aucun remboursement au décès, ni en cas d'amélioration des revenus. Elle reste exonérée d'impôt[7].

En revanche, son montant n'ouvre pas droit à réduction fiscale : seules les sommes réellement dépensées par le résident après aides peuvent être déclarées.

Avantages complémentaires

Pour les personnes en GIR[2] 1 ou 2, l’APA entraîne la délivrance automatique de la carte mobilité inclusion (CMI invalidité et stationnement). Cela permet de faciliter le quotidien pour les déplacements ou la visite des proches.

Évolutions à venir

Depuis juillet 2025, dans 23 départements pilotes, le mode de financement évolue : un forfait global fusionnera soins et dépendance. Les contours précis restent à suivre, mais la philosophie demeure : garantir une prise en charge adaptée, sans alourdir la charge administrative pour les familles.

Points de repère pour engager les démarches

  • Prendre contact avec le Conseil départemental pour retirer le dossier APA (ou le télécharger en ligne).
  • Demander une évaluation du GIR[2] à l'EHPAD choisi.
  • Constituer le dossier avec tous les justificatifs requis.
  • Solliciter l'assistante sociale de l'établissement, du CCAS[5] ou de la mairie pour optimiser le cumul des aides.
  • Utiliser un simulateur pour estimer le reste à charge avant de choisir l'EHPAD.

FAQ : questions pratiques sur l'APA et les aides en EHPAD

Combien de temps pour obtenir l'APA ? 

Environ deux mois, parfois moins en cas d'urgence sociale ou médicale. L'aide est versée à l'établissement dès validation du dossier.

Peut-on cumuler APA et ASH ? 

Oui, si le reste à charge reste trop important après l'APA, l'aide sociale à l'hébergement peut prendre le relais, sous conditions de ressources.

Un résident en EHPAD peut-il demander l'APL ? 

Oui, si l'établissement est conventionné. Sinon, l'ALS peut être sollicitée.

Qui décide du GIR[2]

Le médecin coordonnateur[6] de l'EHPAD, avec l'équipe soignante, via la grille AGGIR[4][3].

Quels revenus sont pris en compte pour l'APA ? 

Pensions, retraites, produits de placement, biens mobiliers (hors résidence principale). Les aides au logement, retraite du combattant, capital décès, ne sont pas intégrés au calcul.

L'APA est-elle imposable ? 

Non, elle ne se déclare pas sur la feuille d'impôt[7].

Où trouver un simulateur fiable ? 

Sur les sites officiels du Conseil départemental, la CNSA ou des plateformes spécialisées type ViaTrajectoire.

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