Dans la maladie de Parkinson, les troubles de la déglutition peuvent s’installer progressivement et exposer à des fausses routes, parfois silencieuses, à la dénutrition[1] et aux infections pulmonaires. En EHPAD, une évaluation adaptée, des textures clairement définies, une installation sécurisée et une surveillance attentive des repas sont essentielles pour limiter ces risques.
Dans cet article, vous allez découvrir les signes à repérer, les adaptations possibles et les questions concrètes que la famille peut poser pour sécuriser les repas de son proche.
La dysphagie dans la maladie de Parkinson
La dysphagie désigne la difficulté à faire passer les aliments ou les liquides de la bouche vers l’estomac. Dans la maladie de Parkinson, elle est très fréquente, surtout aux stades avancés, et concernerait une large majorité des personnes touchées. Elle s’installe le plus souvent progressivement, ce qui la rend facile à sous-estimer.
Le signe le plus redouté est la fausse route chez la personne âgée : au lieu de descendre vers l’estomac, une partie du bol alimentaire ou du liquide part vers les voies respiratoires. Cela peut provoquer une toux, une gêne, mais aussi des fausses routes dites silencieuses, sans toux visible, particulièrement dangereuses. À terme, ces fausses routes peuvent entraîner des infections pulmonaires (pneumopathie d’inhalation) et favoriser la dénutrition quand la personne mange moins par crainte de s’étouffer.

Comment la déglutition est-elle dépistée et évaluée en EHPAD
Le dépistage repose d’abord sur l’observation au quotidien : toux pendant ou après les repas, voix mouillée, repas qui traînent, résidus dans la bouche, perte de poids inexpliquée, refus de certains aliments. Ces signes doivent alerter l’équipe soignante et déclencher une évaluation.
L’orthophoniste est le professionnel de référence pour évaluer la déglutition. Il réalise un bilan, propose des tests adaptés et détermine les textures et les postures les plus sûres. Selon les situations, une évaluation médicale complémentaire peut être demandée par le médecin.
L’objectif est de définir un cadre de repas sécurisé et de rééduquer, par des exercices, les muscles impliqués dans la déglutition. Cette rééducation est essentielle, car elle vise directement à réduire le risque de fausse route.
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Les adaptations qui sécurisent le repas en EHPAD
Quand la déglutition est fragile, plusieurs adaptations sont mises en place sur avis professionnel :
- Modifier la texture des aliments : plats hachés, repas mixés, sans morceaux durs ni éléments qui s’émiettent.
- Épaissir les liquides : les boissons trop fluides passent vite et sont souvent les plus à risque. L’eau gélifiée et les liquides épaissis ralentissent le passage et sécurisent la déglutition.
- Adapter la posture : personne bien assise, dos droit, tête légèrement penchée vers l’avant, jamais en train de manger allongée ou la tête en arrière.
- Ralentir le repas : petites bouchées, une seule à la fois, sans parler en même temps, dans le calme.
- Surveiller le repas : une présence attentive permet de réagir vite en cas de gêne.
Attention : une confusion existe parfois entre haché et mixé. Ces textures ne se valent pas et ne conviennent pas aux mêmes situations. C’est pourquoi la texture prescrite doit être clairement définie et respectée à chaque repas.

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Les questions précises à poser sur la sécurité des repas
- Mon proche a-t-il bénéficié d’une évaluation de la déglutition, et par qui ? Un orthophoniste intervient-il dans l’établissement ?
- Quelle texture d’aliments a été prescrite précisément (normale, hachée, mixée) et depuis quand a-t-elle été réévaluée ?
- Les liquides doivent-ils être épaissis, et cette consigne est-elle appliquée à chaque boisson, y compris lors de nos visites ?
- Comment mon proche est-il installé pendant les repas, et une personne surveille-t-elle le déroulement ?
- Que faites-vous en cas de fausse route, et le personnel est-il formé à la reconnaître, y compris quand il n’y a pas de toux ?
- Y a-t-il eu des épisodes de toux, de gêne ou d’infection pulmonaire récemment ?
- Que puis-je apporter ou éviter d’apporter lors de mes visites pour ne pas mettre mon proche en danger ?
- À quelle fréquence la déglutition et le poids sont-ils réévalués quand l’état évolue ?
Poser ces questions n’est pas un manque de confiance : c’est une contribution utile à la sécurité de votre proche. La déglutition peut se dégrader avec le temps, donc une consigne valable il y a six mois n’est plus forcément adaptée aujourd’hui.
Questions fréquentes
Pourquoi épaissir les liquides alors qu’ils semblent plus faciles à avaler ?
Les liquides fluides passent très vite dans la gorge et laissent peu de temps pour déclencher la déglutition. Ils sont souvent la première source de fausse route dans la maladie de Parkinson. Les épaissir ralentit leur passage et sécurise la prise.
Mon proche ne tousse jamais en mangeant, y a-t-il quand même un risque ?
Oui. Certaines fausses routes sont silencieuses, sans toux. C’est justement l’un des risques les plus sérieux. Une évaluation par l’orthophoniste permet de repérer ces situations que l’observation seule peut manquer.
Puis-je apporter des gâteaux ou des boissons lors de mes visites ?
Demandez toujours à l’équipe. Si une texture ou des liquides épaissis ont été prescrits, apporter des aliments non adaptés peut provoquer une fausse route. Mieux vaut vérifier ce qui est autorisé avant.
Qui décide de la texture et des adaptations ?
L’orthophoniste évalue la déglutition et propose les adaptations, en lien avec le médecin coordonnateur et le diététicien. Ces décisions sont médicales et paramédicales. La famille peut alerter et demander une réévaluation à tout moment.



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