Lorsque votre proche entre en EHPAD, la nuit peut susciter des interrogations particulières. Qui viendra s’il appelle ? Combien de professionnels seront disponibles en cas de chute ou de malaise ? Le personnel de nuit en EHPAD assure la continuité de l’accompagnement lorsque les équipes de journée ont terminé leur service. Son effectif et sa composition varient toutefois d’un établissement à l’autre. La présence physique d’un infirmier n’est notamment pas systématique. Comprendre l’organisation nocturne vous aide à mieux apprécier les conditions d’accompagnement proposées, surtout si votre proche présente une forte dépendance, des troubles cognitifs ou des besoins médicaux particuliers.
Combien de membres du personnel de nuit en EHPAD sont présents ?
L’effectif dépend de l’établissement et des besoins des personnes qu’il accueille.
Que prévoient les textes sur l’organisation du personnel de nuit ?
La réglementation définit les missions des EHPAD et encadre l’organisation des équipes en EHPAD. Elle leur impose notamment de proposer des soins médicaux et paramédicaux adaptés, ainsi qu’une aide à la vie quotidienne correspondant aux besoins des résidents.
Ces exigences concernent l’organisation globale de l’établissement. Les textes ne fixent pas un effectif minimal national devant être physiquement présent chaque nuit. Il n’existe donc pas de règle imposant, par exemple, un nombre précis de soignants pour 60 ou 80 résidents.
L’EHPAD doit néanmoins organiser la continuité des soins et de l’accompagnement. Il travaille pour cela avec les professionnels de l’établissement et les ressources sanitaires de son territoire. Des conventions avec des établissements de santé, l’hospitalisation à domicile ou des équipes mobiles peuvent compléter son organisation.
Le chiffre qui mérite votre attention est donc l’effectif réellement présent pendant la nuit, rapporté au nombre de résidents et à leurs besoins. Un taux d’encadrement calculé sur l’ensemble du personnel de l’EHPAD ne permet pas de connaître cette donnée.

Quels professionnels composent le personnel de nuit en EHPAD ?
Certains professionnels occupent une place centrale dans l’accompagnement nocturne. Le rôle des aides-soignants en EHPAD couvre notamment la surveillance et la réponse aux besoins courants des résidents, dans le respect de leurs compétences.
Des accompagnants éducatifs et sociaux (AES) peuvent également intervenir. Leur présence dépend de l’organisation retenue par l’établissement.
La situation des infirmiers varie davantage. Certains EHPAD disposent d’un infirmier physiquement présent pendant la nuit. D’autres bénéficient d’une astreinte ou d’un dispositif partagé entre plusieurs établissements.
En 2023, une évaluation nationale indiquait que 33 % des quelque 7 700 EHPAD français bénéficiaient de l’appui d’un infirmier diplômé d’État la nuit. Mais cette couverture ne signifie pas toujours qu’un IDE se trouve en permanence dans chaque établissement concerné.
| Professionnel ou dispositif | Présence possible la nuit | Rôle auprès des résidents |
|---|---|---|
| Aide-soignant | Sur place selon l’organisation de l’EHPAD | Aide, surveillance, soins relevant de ses compétences |
| Accompagnant éducatif et social | Selon l’organisation de l’établissement | Accompagnement dans les actes de la vie quotidienne |
| Infirmier | Sur place ou selon un dispositif organisé par l’établissement | Évaluation clinique, soins infirmiers, gestion des situations nécessitant ses compétences |
| Médecin | Sollicité en cas de besoin | Avis médical, prescription ou orientation de la prise en charge |
| Services d’urgence | Sur appel lorsque la situation l’exige | Évaluation et prise en charge d’une urgence |
Pourquoi les effectifs varient-ils selon les établissements ?
Un EHPAD de 40 places et un établissement accueillant plus de 100 résidents ne présentent pas les mêmes contraintes. La capacité d’accueil ne suffit toutefois pas à déterminer les besoins nocturnes.
Le niveau de dépendance des résidents compte également. Une personne autonome pour ses déplacements ne demande pas la même surveillance qu’un résident ayant besoin de deux professionnels pour certains transferts.
Les troubles cognitifs et comportementaux influencent aussi l’organisation. Les besoins nocturnes des personnes atteintes d’Alzheimer peuvent être plus importants en cas de déambulation, de désorientation ou d’agitation.
Enfin, la configuration des locaux joue un rôle. Plusieurs étages, bâtiments ou unités protégées peuvent nécessiter une répartition spécifique des professionnels.
Quelles sont les missions des soignants pendant la nuit ?
Les professionnels doivent concilier sécurité, réponse aux besoins et respect du sommeil des personnes âgées.
Le personnel de nuit en EHPAD surveille l’état des résidents
La surveillance nocturne repose sur plusieurs moyens. Les équipes réalisent des passages adaptés aux besoins des résidents et répondent aux dispositifs d’appel. Certaines personnes nécessitent une attention particulière en raison de leur état de santé ou d’un risque identifié.
Une surveillance efficace ne signifie pas réveiller chaque résident à intervalles réguliers. Les passages doivent aussi préserver son repos et ses habitudes.
Les professionnels restent attentifs aux changements inhabituels :
- agitation nouvelle ;
- confusion ;
- douleur ;
- difficultés respiratoires ;
- faiblesse soudaine ;
- modification du comportement, etc.
Ces observations peuvent révéler une dégradation de l’état de santé.
La prévention des chutes occupe également une place importante. Elle passe notamment par l’aide aux déplacements, l’aménagement de l’environnement et les mesures personnalisées définies pour chaque résident.
Les professionnels répondent aux besoins quotidiens
Un résident peut avoir besoin d’aide plusieurs fois au cours de la nuit. Les professionnels interviennent notamment pour l’accompagner aux toilettes, changer une protection, se déplacer ou se réinstaller confortablement.
Certains résidents ont besoin d’être repositionnés au lit selon leur état et les soins prévus. D’autres se couchent tard ou se réveillent très tôt. L’accompagnement cherche alors à respecter leur rythme autant que possible.
Les équipes répondent également aux appels pour une douleur, une inquiétude, une sensation d’inconfort ou simplement un besoin d’assistance.
Chez une personne désorientée, l’intervention peut demander davantage de temps. Le professionnel doit parfois rassurer, réorienter la personne et l’accompagner jusqu’à sa chambre en limitant son anxiété.
L’équipe intervient aussi lorsqu’un problème survient
Une situation inhabituelle peut survenir à tout moment : chute, malaise, douleur aiguë, vomissements, difficulté respiratoire ou changement soudain du comportement.
Le professionnel présent observe la situation et réalise les gestes qui relèvent de ses compétences. Il suit également les procédures prévues par l’établissement.
Selon le problème rencontré, il peut solliciter un infirmier, demander un avis médical ou contacter les services d’urgence.
L’intervention et les observations réalisées sont ensuite tracées. Ces informations permettront aux autres professionnels de comprendre ce qui s’est passé et d’assurer le suivi nécessaire.
Comment se déroule une nuit en EHPAD ?
Les transmissions, la surveillance et les interventions se succèdent jusqu’au relais avec l’équipe du matin.
La relève prépare l’équipe aux situations à surveiller
Le travail nocturne commence par la transmission des informations utiles entre professionnels.
L’équipe de nuit doit notamment connaître les événements récents et les changements d’état de santé. Une chute dans la journée, l’apparition d’une douleur, une modification de traitement ou une agitation inhabituelle peuvent demander une attention particulière.
Les soins prévus pendant la nuit sont également signalés. Les professionnels savent ainsi quels résidents nécessitent des interventions programmées ou une surveillance spécifique.
L’organisation nocturne alterne surveillance et interventions
Les équipes effectuent leurs passages tout en restant disponibles pour les demandes imprévues.
Une sonnette peut interrompre une ronde. Un résident peut avoir besoin d’aller aux toilettes, tandis qu’un autre nécessite une aide après un réveil anxieux. L’organisation s’adapte donc en permanence aux besoins réels.
Certains soins sont programmés. D’autres interventions dépendent des événements de la nuit.
Les modalités de surveillance peuvent également être individualisées. Une personne ayant chuté récemment ou présentant une dégradation de son état général peut, par exemple, faire l’objet d’une vigilance particulière.
La transmission du matin assure le relais avec l’équipe de jour
Au changement d’équipe, les professionnels de nuit transmettent les informations utiles.
Ils signalent notamment les événements survenus, les soins réalisés et les changements observés. Une douleur nouvelle, des réveils répétés ou une modification du comportement peuvent ainsi être réévalués dans la journée.
Cette transmission permet à l’équipe de jour de tenir compte des observations faites pendant la nuit et d’adapter le suivi si nécessaire.
Que se passe-t-il si un résident chute ou fait un malaise la nuit ?
La conduite à tenir en cas de chute ou un malaise dépend de l’état du résident et des professionnels disponibles.
Le professionnel présent réalise une première évaluation
Face à une personne retrouvée au sol ou présentant un malaise, le professionnel commence par observer son état. Il recherche notamment :
- une altération de la conscience ;
- une douleur ;
- une blessure visible ;
- tout autre signe inquiétant.
Les circonstances sont également importantes. Une chute avec choc à la tête, une apparition brutale d’un symptôme ou un traitement particulier peuvent modifier la conduite à tenir. L’état du résident est évalué avant de décider comment le mobiliser ou l’aider à se relever.

Un avis médical est sollicité lorsque la situation le nécessite
Si un infirmier est présent, il peut effectuer une évaluation clinique relevant de son champ de compétences et décider des mesures infirmières nécessaires.
Lorsqu’il n’est pas sur place, l’organisation peut prévoir le recours à un infirmier d’astreinte ou mutualisé. Un médecin peut également être sollicité selon la situation.
Une urgence vitale ou une situation préoccupante justifie l’appel au SAMU-Centre 15. La régulation médicale détermine alors la réponse adaptée. Un transfert vers l’hôpital n’est donc pas systématique après chaque chute ou malaise.
L’évaluation nationale des dispositifs infirmiers nocturnes a d’ailleurs montré que leur présence était associée à moins de passages aux urgences et à un repérage plus précoce de certaines situations problématiques.
L’événement est tracé et transmis
Une chute, un malaise ou toute modification notable de l’état de santé est consigné dans le dossier du résident selon les procédures de l’établissement.
L’équipe de jour reçoit les informations nécessaires pour poursuivre la surveillance ou organiser une réévaluation.
Le médecin est informé lorsque la situation le requiert. Les proches sont prévenus selon la nature de l’événement, son degré de gravité et les modalités définies par l’établissement.
Comment la continuité de l’accompagnement est-elle assurée entre le jour et la nuit ?
La continuité repose sur une connaissance partagée des besoins du résident. Elle permet aux équipes successives de poursuivre un accompagnement cohérent sur 24 heures.
Certains résidents nécessitent une surveillance particulière
Tous les résidents n’ont pas les mêmes besoins nocturnes. Une attention spécifique peut être prévue en cas de :
- risque de chute ;
- douleur ;
- troubles cognitifs ;
- déambulation ;
- traitement nécessitant une surveillance.
Une personne en fin de vie ou dont l’état se fragilise peut également demander des interventions plus fréquentes. Les besoins sont alors définis selon sa situation et son projet de soins.
Les transmissions permettent d’adapter l’accompagnement
Le dossier du résident rassemble les informations nécessaires à son suivi. Les transmissions écrites et orales complètent ce partage entre professionnels.
Les équipes peuvent ainsi connaître les consignes individualisées, les événements récents et les points à surveiller.
Cette continuité est particulièrement importante lorsqu’un changement apparaît progressivement. Plusieurs observations faites pendant différentes nuits peuvent révéler une évolution qui mérite une nouvelle évaluation.
L’équipe de jour réévalue la situation après un événement nocturne
Après une chute, des douleurs répétées ou une agitation inhabituelle, l’équipe de jour reprend les informations recueillies. Elle peut adapter l’accompagnement ou demander une évaluation infirmière ou médicale. Les observations de l’équipe nocturne participent ainsi directement au suivi global du résident.
Le nombre de professionnels présents la nuit mérite donc d’être demandé lors du choix d’un EHPAD, mais il doit être replacé dans son contexte. Leur qualification, l’accès à un infirmier, les besoins des résidents et l’organisation prévue en cas d’urgence apportent des repères tout aussi utiles. Pour votre proche, demandez-vous comment l’établissement pourra répondre aux besoins particuliers qui le concernent, la nuit.
FAQ
Les résidents peuvent-ils appeler un soignant à tout moment pendant la nuit ?
Un résident doit pouvoir demander de l’aide lorsqu’il en a besoin, y compris la nuit. Le délai d’intervention dépend toutefois de la situation et de la disponibilité immédiate de l’équipe. En cas d’urgence, la demande est priorisée.
Les chambres sont-elles équipées d’un système d’appel ou d’une sonnette ?
Les dispositifs proposés varient selon les établissements : bouton d’appel, tirette, médaillon ou autre système d’alerte. Lors de la visite, demandez quel équipement permet au résident d’appeler l’équipe de nuit, où il est accessible et comment l’appel est transmis aux professionnels.
Les familles peuvent-elles connaître à l’avance l’effectif de nuit d’un EHPAD ?
Vous pouvez demander combien de professionnels sont physiquement présents la nuit, leur qualification et le nombre de résidents qu’ils accompagnent. Il est aussi utile de distinguer la présence sur place d’une simple astreinte. Cette information donne un repère plus précis qu’un taux d’encadrement global calculé sur l’ensemble du personnel.
Le personnel de nuit peut-il administrer un médicament en cas de besoin ?
Un infirmier peut administrer les médicaments dans le cadre de ses compétences, notamment lorsqu’ils sont prescrits ou prévus par un protocole. La réglementation lui permet également de confier certains soins à un aide-soignant ou à un AES sous sa responsabilité, selon leur qualification. L’aide à la prise d’un médicament non injectable peut ainsi être réalisée par un aide-soignant ou un AES dans certaines conditions. Dans les établissements médico-sociaux, elle peut aussi relever de l’accompagnement dans les actes de la vie courante lorsque le traitement est prescrit et que son mode de prise ne présente pas de difficulté particulière. Un aide-soignant ou un AES ne décide toutefois pas de commencer ou de modifier lui-même un traitement. Face à un symptôme nouveau ou à une dégradation de l’état du résident, l’équipe sollicite l’infirmier ou un avis médical selon la situation.
Comment sont accompagnés les résidents qui dorment mal ou se réveillent souvent la nuit ?
L’équipe cherche d’abord à identifier le besoin à l’origine du réveil : douleur, envie d’uriner, anxiété, inconfort, désorientation ou difficulté à se rendormir. L’accompagnement peut associer réassurance, aide au déplacement, réinstallation ou surveillance. Si les troubles deviennent fréquents ou nouveaux, ils sont transmis à l’équipe de jour afin d’en rechercher la cause et d’adapter le suivi.
Sources :
[1] Code de l’action sociale et des familles, article D.312-155-0. Missions des EHPAD, continuité des soins et composition de l’équipe pluridisciplinaire. Version en vigueur depuis le 7 septembre 2025.
[2] Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Infirmiers de nuit en EHPAD : outils et recommandations pour généraliser leur présence et mieux organiser leurs missions. 5 juin 2024. Évaluation menée par l’Anap en 2023.
[3] Arrêté du 13 décembre 2022 relatif aux indicateurs mentionnés à l’article D.312-211 du Code de l’action sociale et des familles. Définition et modalités de calcul des indicateurs transmis par les EHPAD. Version en vigueur depuis le 10 août 2026.
[4] Code de la santé publique, article R.4311-5, et arrêté du 26 juin 2026. Liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers diplômés d’État ou confiés sous leur responsabilité. En vigueur depuis le 30 juin 2026.
[5] Code de l’action sociale et des familles, article L.313-26. Aide à la prise des médicaments dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux.
[6] Haute Autorité de Santé. Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées.




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