Chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, l’agitation, l’angoisse, la déambulation ou l’agressivité peuvent traduire une douleur, un inconfort, une peur ou un besoin difficile à exprimer. Ces épisodes peuvent être déstabilisants pour le résident comme pour ses proches, qui peuvent se demander comment l’équipe de l’EHPAD intervient et quelle place ils peuvent eux-mêmes avoir dans cet accompagnement.
Dans cet article, vous allez découvrir comment les professionnels recherchent les causes de ces comportements, quelles approches peuvent être mises en place pour les apaiser et ce que la famille peut demander ou vérifier auprès de l’équipe.
Pourquoi une personne Alzheimer s’agite
Dans la maladie d’Alzheimer, les troubles du comportement (agitation, déambulation, cris, agressivité, opposition aux soins) sont fréquents. Ils ne sont presque jamais gratuits : ils expriment souvent un besoin ou un inconfort que la personne ne parvient plus à formuler avec des mots.
Les causes possibles sont nombreuses :
- une douleur non repérée,
- une infection (urinaire par exemple),
- la faim,
- la soif,
- l’envie d’aller aux toilettes,
- la fatigue,
- un environnement trop bruyant ou trop lumineux,
- un changement d’habitude,
- la peur face à un visage inconnu,
- l’ennui.
La première étape d’une bonne prise en charge consiste donc à chercher la cause plutôt qu’à faire taire le symptôme.
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Les approches non médicamenteuses en première intention
Les recommandations de bonne pratique privilégient les approches non médicamenteuses avant tout recours aux psychotropes. Ces approches cherchent à apaiser la personne en agissant sur son environnement, sa relation aux soignants et ses sens. Parmi les plus utilisées :
- L’adaptation de l’environnement : réduire le bruit, la lumière agressive, l’agitation autour de la personne, sécuriser un espace de déambulation.
- L’espace Snoezelen : une salle de stimulation sensorielle douce (lumières tamisées, musique, textures) qui aide à détendre. Des travaux récents décrivent une baisse de l’agitation chez les personnes qui en bénéficient régulièrement.
- La réminiscence : évoquer des souvenirs anciens, des photos, des objets du passé, pour reconnecter la personne à des repères rassurants.
- La musique, le toucher relationnel, une communication calme et respectueuse (approche relationnelle structurée).
- Les activités adaptées et un rythme de vie régulier, qui réduisent l’ennui et l’angoisse.
Ces interventions sont souvent portées par des professionnels formés, notamment les assistants de soins en gérontologie[3] (ASG). Ce sont des aides-soignants ou aides médico-psychologiques ayant suivi une formation spécifique à l’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs. Leur présence est un bon indicateur de la capacité de l’établissement à gérer les troubles du comportement.
Les médicaments : un dernier recours encadré
Les médicaments psychotropes, en particulier les neuroleptiques, ne doivent pas être la réponse automatique à l’agitation. Leur usage à visée de sédation comportementale est parfois appelé contention chimique.
Les autorités sanitaires alertent sur les risques sérieux de ces traitements chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs, notamment une augmentation de la mortalité. Ils ne se justifient que dans certaines situations précises, sur prescription médicale, à la dose la plus faible et pour la durée la plus courte possible, après échec des approches non médicamenteuses et recherche d’une cause.

Agitation Alzheimer en EHPAD : ce que la famille peut demander et vérifier
- Que l’équipe recherche systématiquement une cause (douleur, infection, inconfort, besoin non exprimé) avant toute réponse médicamenteuse.
- Quelles approches non médicamenteuses sont proposées dans l’établissement (espace Snoezelen[2], réminiscence, musique, activités adaptées).
- Si du personnel est formé à l’accompagnement des troubles cognitifs, notamment des assistants de soins en gérontologie.
- À être informée avant toute mise en place ou augmentation d’un traitement psychotrope, et à en comprendre l’objectif et la durée prévue.
- Une réévaluation régulière des traitements, pour éviter qu’un médicament introduit temporairement ne devienne permanent.
- Un temps d’échange avec le médecin coordonnateur et l’équipe pour comprendre ce qui déclenche les crises et transmettre ce que vous savez de votre proche (habitudes, histoire de vie, ce qui l’apaise).
Votre connaissance de votre proche est un atout précieux. Une chanson, un prénom, un rituel du soir peuvent apaiser bien plus efficacement qu’un traitement. N’hésitez pas à partager ces éléments avec l’équipe.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la contention chimique ?
C’est l’usage de médicaments psychotropes (neuroleptiques, calmants) dans le but principal de sédater un comportement, plutôt que de traiter une maladie. Cette pratique doit rester exceptionnelle, car ces traitements comportent des risques sérieux chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs.
Peut-on refuser que mon proche reçoive des calmants ?
La décision est médicale, mais elle doit être expliquée et discutée. Vous pouvez demander à être informé avant toute prescription, à comprendre pourquoi elle est envisagée, et à ce que les approches non médicamenteuses soient tentées d’abord. En cas de désaccord, parlez-en au médecin coordonnateur.
Qu’est-ce qu’un assistant de soins en gérontologie ?
C’est un aide-soignant ou aide médico-psychologique ayant suivi une formation spécifique pour accompagner les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés. Sa présence traduit un savoir-faire de l’établissement face aux troubles du comportement.
La déambulation est-elle dangereuse ?
Déambuler répond souvent à un besoin de bouger ou à une angoisse. Plutôt que de l’empêcher, un bon accompagnement sécurise un espace de marche et cherche à comprendre ce qui la déclenche. L’équipe adapte l’environnement pour que la personne puisse marcher sans risque.



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