Refus de soins en EHPAD : pourquoi certains résidents refusent d’être soignés et comment réagir ?

Refus de soins en EHPAD pourquoi certains résidents refusent d’être soignés et comment réagir
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Votre parent refuse de prendre son traitement, de se laisser examiner ou d’être aidé pour sa toilette. Cette situation peut vous inquiéter. Vous avez peur que son état de santé se dégrade et vous vous demandez s’il est possible de le soigner malgré son opposition. Un refus de soins ne signifie pourtant pas toujours que la personne rejette toute aide. Il peut exprimer une peur, une douleur ou un besoin de garder le contrôle sur sa vie. Pourquoi certains résidents refusent-ils d’être soignés ? Quels sont leurs droits ? Comment les professionnels et les familles peuvent-ils réagir ? Voici les principaux repères à connaître.

Un résident en EHPAD a-t-il le droit de refuser un soin ?

L’entrée en EHPAD ne retire pas à une personne ses droits fondamentaux. Comme tout patient, un résident doit être informé et associé aux décisions qui concernent sa santé.

Le consentement aux soins reste indispensable 

En France, aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être réalisé sans le consentement libre et éclairé de la personne. L’article L1111-4 du Code de la santé publique reconnaît ainsi à chacun le droit de refuser ou d’arrêter un traitement.

Cette règle s’applique aussi en EHPAD. Avant un soin, le professionnel doit expliquer au résident ce qu’il souhaite faire et pourquoi. Il doit employer des mots simples et vérifier que la personne a compris.

Même lorsqu’un résident présente des troubles cognitifs ou bénéficie d’une mesure de protection juridique, son avis ne doit pas être ignoré. S’il est capable de comprendre la situation et d’exprimer son choix, sa décision doit être respectée.

principe du consentement aux soins en ehpad

Les professionnels doivent rechercher l’adhésion du résident

Respecter un refus ne signifie pas laisser la personne sans aide. Les soignants continuent à dialoguer avec elle pour comprendre ce qui la gêne et essayer de la rassurer.

Ils peuvent expliquer le soin autrement, laisser au résident le temps de réfléchir, revenir plus tard ou faire intervenir un autre soignant.

Si le refus d’un traitement met la vie du résident en danger, le médecin lui explique clairement les risques. Il lui demande ensuite de confirmer sa décision après un temps de réflexion. La personne âgée peut également demander l’avis d’un autre médecin.

Lorsque le senior ne peut plus exprimer ses choix, l’équipe consulte sa personne de confiance. Si elle n’en a pas désigné, elle se tourne vers la famille ou un autre proche. Leur rôle est d’aider les professionnels à comprendre ce que le résident aurait souhaité.

Pourquoi une personne âgée peut-elle refuser un soin en EHPAD ?

Un refus ne doit pas être considéré trop vite comme de l’entêtement. Il peut avoir une cause physique, émotionnelle ou liée à l’organisation du soin.

Cause possible Ce que le résident peut ressentir Réponse possible 
La peur Il redoute une piqûre, un examen ou les effets d’un médicament Expliquer le soin avec des mots simples et le rassurer 
La douleur La toilette, un déplacement ou un autre geste lui fait mal Rechercher la cause de la douleur et adapter le soin 
La pudeur Il se sent gêné pendant la toilette ou l’habillage Protéger son intimité et respecter ses préférences 
La fatigue Il manque d’énergie ou a mal dormi Revenir à un moment où il est plus disponible 
Le besoin de décider Il a l’impression de ne plus avoir de choix dans sa vie quotidienne Lui proposer de choisir l’heure ou la manière de réaliser le soin 
Les troubles cognitifs Il ne comprend pas le soin ou ne reconnaît pas le professionnel Parler calmement et faire intervenir un soignant connu 
Un problème de santé Une infection, un effet indésirable ou des difficultés à avaler peuvent le gêner Demander un avis médical et adapter la prise en charge 
Une souffrance morale Il peut être anxieux, déprimé ou découragé L’écouter et rechercher un accompagnement adapté 

Le refus peut donc être une façon d’exprimer un malaise. Un changement inhabituel ou des refus répétés doivent être signalés à l’équipe. Ils peuvent révéler un problème de santé qui n’a pas encore été repéré.

Comment les équipes d’EHPAD réagissent-elles face à un refus de soins ?

La réaction dépend du soin refusé et des risques pour la santé. Refuser une toilette une fois ne présente pas la même urgence que ne plus prendre un traitement indispensable.

Évaluer la situation avant d’agir

Lorsque la situation le permet, le soignant arrête le soin et prend le temps d’échanger avec le résident. L’équipe cherche ensuite à :

  • comprendre ce qui a déclenché le refus ;
  • vérifier si la personne a mal ou se sent fatiguée ;
  • savoir si elle a bien compris le soin proposé ;
  • repérer si le refus concerne un horaire, un geste ou un professionnel en particulier ;
  • rechercher un problème de santé si les refus se répètent.

L’infirmier et le médecin sont informés lorsque le refus présente un risque pour la santé. Ils peuvent rechercher une douleur, une infection ou un effet indésirable d’un médicament.

La présence de troubles cognitifs ne signifie pas que le résident ne peut plus décider. Sa capacité à comprendre la situation doit être évaluée avec attention.

dialogue avec l'équipe de l'ehpad en cas de refus de soins d'un résident

Adapter les soins et l’accompagnement 

Un premier refus n’est pas toujours définitif. Pour rassurer le résident et faciliter le soin, l’équipe peut :

  • revenir à un moment où il est plus calme ou moins fatigué ;
  • donner des explications courtes et simples ;
  • réaliser des gestes plus lents ;
  • faire intervenir un soignant que la personne connaît ;
  • proposer un environnement plus calme ;
  • laisser le résident choisir l’heure du soin ou effectuer seul certains gestes ;
  • demander au médecin d’adapter, si possible, la forme ou l’horaire d’un médicament.

Ces solutions permettent de protéger la santé du résident tout en respectant son rythme, sa dignité et ses choix.

Que peuvent faire les familles lorsqu’un proche refuse des soins ?

La famille peut aider à comprendre le refus. Elle doit cependant éviter de faire pression sur le résident ou de parler à sa place.

Dialoguer avec les équipes

Vous pouvez demander un rendez-vous avec l’infirmier, le médecin coordonnateur ou le médecin traitant. Vous saurez ainsi quel soin a été refusé, depuis combien de temps et quels sont les risques.

Vos informations peuvent aussi aider l’équipe. Vous connaissez les habitudes de votre proche, ses peurs et sa manière habituelle de réagir. Une personne très pudique peut, par exemple, préférer recevoir certains soins d’un professionnel du même sexe.

Avec l’accord du résident, vous pouvez être présent lors d’une explication médicale. Votre présence peut le rassurer et l’aider à poser ses questions.

Respecter le choix tout en restant vigilant

Menacer, culpabiliser ou tromper la personne risque de renforcer son refus. Dire « fais-le pour moi » peut également lui faire subir une pression affective.

Il est préférable de lui demander ce qui la dérange : « Est-ce que tu as mal ? », « Qu’est-ce qui te fait peur ? » ou « Préfères-tu que le soignant revienne plus tard ? »

Vous pouvez ensuite demander à l’équipe comment la situation sera surveillée et quand le soin sera proposé de nouveau. Si le refus continue, une réunion avec les professionnels permet de rechercher d’autres solutions.

Refus soudain ou répété : quand faut-il s’inquiéter ?

Certains refus demandent une réaction rapide. Ils peuvent signaler une maladie, une douleur importante ou une grande souffrance.

Il faut prévenir l’équipe lorsqu’une personne habituellement calme et coopérante change soudainement de comportement. Le refus brutal des médicaments, des repas ou de tout contact peut être lié à une infection, un état confusionnel ou une douleur.

Des refus répétés doivent également attirer l’attention. Ne plus manger ou boire expose le résident à la dénutrition[3] et à la déshydratation. L’arrêt de certains traitements peut aussi avoir des conséquences graves.

Une évaluation médicale est particulièrement importante si le refus s’accompagne d’une forte agitation, d’une somnolence inhabituelle, d’une désorientation soudaine ou d’une baisse de l’état général.

Refus de soins en EHPAD : trouver l’équilibre entre protection et respect

Face au refus de soins d’un résident en EHPAD, le premier réflexe doit être de chercher à comprendre. Même lorsqu’il s’exprime par un geste, de l’agitation ou un repli, le refus transmet un message.

Le travail de l’équipe consiste à  protéger la santé de la personne sans oublier ses droits. Une autre façon de présenter le soin, un horaire différent ou une meilleure prise en charge de la douleur peuvent parfois suffire à rétablir la confiance.

La famille peut alerter l’établissement, donner des informations et participer à la recherche d’une solution. Mais tant que le résident peut décider, son choix reste central. Accompagner un proche, c’est veiller sur lui tout en respectant sa volonté.

FAQ

Un résident en EHPAD peut-il refuser un soin ?

Oui. Il conserve le droit d’accepter ou de refuser un acte médical ou un traitement. Le professionnel doit lui expliquer le soin proposé et les conséquences possibles de son refus.

Les soignants peuvent-ils obliger une personne âgée à recevoir un traitement ?

En principe, un traitement ne peut pas être imposé à une personne capable de comprendre la situation et d’exprimer son choix. Les urgences et les situations dans lesquelles le résident ne peut plus donner son avis répondent à des règles particulières.

Pourquoi une personne âgée refuse-t-elle parfois de se laver ou de manger ?

Elle peut avoir mal, être fatiguée, se sentir gênée ou ne pas comprendre ce qu’on lui demande. Un refus de manger peut aussi être lié à une perte d’appétit, à des difficultés pour avaler, à une maladie ou à une dépression[4].

Que doit faire une famille face à un refus de soins ?

Elle doit écouter son proche et échanger avec les professionnels. Si le refus est nouveau, répété ou dangereux pour sa santé, elle peut demander une évaluation médicale.

Le refus de soins est-il fréquent chez les personnes atteintes de troubles cognitifs ?

Oui, les troubles cognitifs peuvent  rendre le soin difficile à comprendre. La personne peut aussi ne pas reconnaître le soignant et se sentir menacée. Des explications simples, un environnement calme et un professionnel connu peuvent alors la rassurer.

Sources : 

  • Article L1111-4 du Code de la santé publique : consentement et droit de refuser un traitement ;
  • Article L1111-6 du Code de la santé publique : rôle de la personne de confiance.

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