UHR en EHPAD : définition et fonctionnement d’une unité d’hébergement renforcé

Les unités d’hébergement renforcées (UHR) en Ehpad Fonctionnement et comparatif
Guide des EHPAD Alzheimer

Les unités d’hébergement renforcés (UHR[1]) en EHPAD sont des structures spécialisées dans l’accueil des personnes âgées présentant des troubles du comportement sévères, liés à la maladie d’Alzheimer ou à une autre pathologie neurodégénérative. Elles offrent un environnement adapté à leurs besoins, avec un personnel qualifié, des équipements sécurisés et des activités thérapeutiques. Elles se distinguent des unités de vie protégée et des PASA (pôle d’activités et de soins adaptés). Cet article présente son organisation, son accompagnement et les situations dans lesquelles elle peut être nécessaire.

Qu’est-ce qu’une UHR ?

Une UHR (unité d’hébergement renforcé) est un lieu de vie et de soins destiné aux personnes âgées présentant des troubles du comportement sévères liés à une maladie neurodégénérative. Elle propose un accompagnement renforcé dans un environnement sécurisé.

Elle peut être implantée au sein d’un EHPAD ou d’une unité de soins de longue durée (USLD).

Bon à savoir : la France compte environ 330 unités d’hébergement renforcé (UHR), selon une réponse du Gouvernement publiée sur le site de l’Assemblée nationale, en 2025. Ces unités sont donc relativement peu nombreuses sur le territoire.

Quels sont les objectifs d’une UHR en EHPAD ?

Les UHR ont pour objectif de proposer une prise en charge personnalisée aux personnes âgées présentant des troubles du comportement sévères.

L’UHR vise à maintenir et à réhabiliter les capacités fonctionnelles et cognitives des résidents, ainsi qu’à réduire ou à faire disparaître les troubles comportementaux. Elle offre également un lieu de vie sécurisé et adapté aux besoins des personnes accueillies, ainsi qu’un soutien aux familles et aux proches.

senior hébergé en UHR

Comment fonctionne une unité d’hébergement renforcé en EHPAD ?

Une UHR assure l’accueil de nuit et de jour, de 12 à 14 résidents, dans un espace aménagé au sein de l’EHPAD. L’UHR propose sur un même lieu l’hébergement, les soins, les activités sociales et thérapeutiques, individuelles ou collectives.

Bon à savoir : en USLD[3], les UHR peuvent accueillir jusqu’à 20 patients.

L’hébergement dans une UHR : un espace sécurisé et adapté

L’espace d’une UHR est conçu pour offrir un environnement sécurisé, confortable et adapté aux personnes accueillies. L’UHR dispose de chambres équipées de mobilier et de matériel adaptés.

L’unité comprend également des espaces communs, tels qu’un salon, une salle à manger, une cuisine, une salle de bain, etc. Ces espaces sont aménagés pour favoriser l’orientation et la déambulation de chaque résident, ainsi que pour créer une ambiance chaleureuse et familiale.

Elle dispose généralement d’un espace extérieur, tel qu’un jardin ou une terrasse clos et sécurisé, qui permet aux personnes âgées de profiter de la nature et de l’air frais.

Les soins dans une UHR : un accompagnement personnalisé et pluridisciplinaire

L’accompagnement dans une UHR est assuré par des professionnels soignants spécialement formés à la prise en charge des personnes présentant une maladie neurodégénérative et des troubles du comportement. L’équipe se compose d’au moins :

  • un médecin ;
  • un infirmier ;
  • un psychomotricien ou d’un ergothérapeute ;
  • un aide-soignant, un aide médico-psychologique ou un accompagnant éducatif et social ;
  • un assistant de soins en gérontologie[4] ;
  • un personnel soignant la nuit ;
  • un psychologue.

L’avis d’un psychiatre est également systématiquement recherché.

Bon à savoir : la présence de personnel soignant la nuit fait partie des exigences propres aux UHR. Cette continuité de l’accompagnement est particulièrement importante pour les résidents présentant des troubles sévères la nuit.

L’équipe propose des activités adaptées aux besoins et aux capacités des résidents, telles que des ateliers mémoire, de la musicothérapie, de la stimulation sensorielle, de la relaxation, etc. Ces activités visent à solliciter les fonctions cognitives, à réduire l’anxiété, à favoriser l’expression et la communication, à stimuler la créativité, etc.

L’équipe assure également un suivi médical et paramédical des résidents, ainsi qu’un soutien psychologique aux familles et aux proches.

Un projet d’accompagnement et de soins est élaboré avec chaque personne hébergée, en lien avec la famille et l’équipe soignante. Ce projet prend en compte les habitudes de vie, les besoins, les envies et les capacités de la personne. Il vise à favoriser son autonomie, son bien-être, son estime de soi et sa participation à la vie sociale.

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Quand l’aggravation des troubles peut-elle conduire à envisager une UHR ?

Lorsque la maladie d’Alzheimer ou une autre maladie neurodégénérative évolue, certains troubles du comportement peuvent devenir plus fréquents, plus intenses ou plus difficiles à prendre en charge. Une UHR peut alors être envisagée lorsque ces troubles compromettent la sécurité ou la qualité de vie de la personne ou de son entourage, malgré les mesures d’accompagnement déjà mises en place.

Déambulation répétée, agressivité, hallucinations et agitation

Ces comportements peuvent apparaître par vagues, puis devenir quasi permanents. La personne marche sans arrêt, y compris la nuit, ouvre les portes, crie, frappe parfois « pour se défendre », ou dit voir des choses inexistantes.

Lorsque ces épisodes deviennent fréquents et difficiles à contenir, un accompagnement renforcé dans un environnement adapté et sécurisé, comme l’UHR, peut devenir nécessaire.

Mise en danger de soi ou d’autrui

La personne peut tenter de sortir seule, avoir des comportements dangereux, réagir violemment pour se protéger d’une hallucination ou refuser certains soins. Lorsque le risque d’accident est important et répété, une prise en charge renforcée peut être envisagée.

Troubles du sommeil majeurs

La personne peut rester éveillée une grande partie de la nuit, se lever très fréquemment, crier ou taper aux portes. Ces troubles peuvent perturber fortement son rythme de vie et compliquer son accompagnement, notamment lorsqu’ils s’ajoutent à d’autres troubles psycho-comportementaux sévères.

Quels sont les critères d’admission dans une UHR ?

L’admission dans une UHR repose notamment sur les critères suivants :

  • Un diagnostic de maladie neurodégénérative associée à un syndrome démentiel (par exemple, la maladie d’Alzheimer ou un trouble apparenté) ;
  • La présence de troubles psycho-comportementaux sévères, évalués notamment à l’aide du NPI-ES et, en cas d’agitation, de l’échelle de Cohen-Mansfield ;
  • La mobilité de la personne, qui doit être capable de se déplacer avec ou sans aide.

Le consentement de la personne doit être activement recherché. L’admission se fait sur avis du médecin coordonnateur de l’EHPAD où se trouve l’UHR, en lien avec le médecin traitant de la personne.

Toutes les maisons de retraite médicalisées ne disposent pas d’une UHR. Pour trouver une place en UHR, connaître les démarches, le dossier à fournir et les possibilités d’admission en urgence, consultez notre guide consacré à l’admission en UHR.

Quelle est la durée du séjour dans une UHR et comment se prépare la sortie ?

Durée de séjour variable selon l’évolution des troubles

La durée du séjour dans une UHR n’est pas limitée dans le temps. Elle dépend de l’évolution des troubles du comportement de la personne. L’objectif est de permettre à la personne de retourner dans son lieu de vie habituel (son domicile ou l’EHPAD) lorsque les troubles du comportement se sont atténués ou stabilisés.

Sortie de l’UHR progressive et accompagnée

La décision de sortie est prise par le médecin coordonnateur de l’EHPAD, en concertation avec le médecin traitant, l’équipe soignante, la personne elle-même et sa famille ou son entourage. La sortie se fait de manière progressive et accompagnée, afin de faciliter la réadaptation de la personne à son nouvel environnement.

Quelle est la différence entre une UHR et un PASA (pôle d’activités et de soins adaptés) ?

Une UHR et un PASA sont deux structures qui accueillent des personnes âgées atteintes d’une maladie neurodégénérative (notamment la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée), mais ils se distinguent par plusieurs aspects.

UHRPASA
Intensité des troublesTroubles psycho-comportementaux sévèresTroubles du comportement modérés
Type d’accueilHébergement jour et nuitAccueil en journée uniquement
Lieu de vieLe résident séjourne dans l’UHRLe résident conserve sa chambre dans l’EHPAD
Objectif principalAccompagner et sécuriser les personnes présentant des troubles sévèresMaintenir les capacités et proposer des activités adaptées

Pour aller plus loin, consultez notre comparatif des UHR, UVP et PASA en EHPAD.

L’UHR constitue ainsi une solution d’accompagnement renforcé lorsque les troubles deviennent trop sévères pour être pris en charge dans un cadre classique.

Questions fréquentes

Une UHR est-elle une unité psychiatrique ? 

Non. L’UHR est une unité spécialisée dans l’accompagnement de personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative avec des troubles psycho-comportementaux sévères. L’avis d’un psychiatre peut néanmoins être sollicité dans le cadre de leur prise en charge.

Les proches peuvent-ils participer à l’accompagnement en UHR ?

Oui. Les proches peuvent être associés au projet d’accompagnement du résident et échanger avec l’équipe sur ses habitudes, ses besoins et son évolution.

Une UHR est-elle forcément fermée à clé ?

L’UHR est conçue pour offrir un environnement sécurisé, notamment afin de prévenir les sorties à risque et de permettre aux résidents de déambuler en toute sécurité. L’accès à l’unité est contrôlé et adapté aux besoins des personnes accueillies.

Les résidents d’une UHR peuvent-ils participer à des activités à l’extérieur de l’unité ?

Oui, ils peuvent participer lorsque leur état et leur projet d’accompagnement le permettent. Des sorties ou activités hors de l’unité peuvent être organisées avec un encadrement adapté.

Quel est le tarif d’un accueil en UHR ?

Le séjour en UHR n’est pas facturé selon un tarif spécifique à l’unité. Le résident acquitte les tarifs d’hébergement et de dépendance de l’établissement, selon sa situation. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le prix d’une UHR en EHPAD et les aides financières.

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