UHR en EHPAD : combien de places existent en France et pourquoi il est si difficile d’en obtenir une

UHR en EHPAD : combien de places existent en France et pourquoi il est si difficile d'en obtenir une
Actualités des EHPAD Alzheimer

Les UHR sont censées offrir une réponse spécialisée aux troubles sévères du comportement, mais les places restent très rares et très inégalement réparties selon les départements. Pour les familles, la difficulté est double : il faut comprendre si le proche est réellement éligible, puis réussir à obtenir une admission dans des délais souvent très longs. Dans cet article, vous allez découvrir combien de places existent en France, pourquoi elles manquent autant et quelles démarches peuvent vraiment augmenter vos chances d’en obtenir une.

Combien de places UHR existe-t-il vraiment en France ?

Le plan Alzheimer 2008-2012 a fixé un objectif de création de 5 000 places en Unités d’Hébergement Renforcé (UHR[1]) pour le secteur médico-social, dans le cadre d’un ensemble plus large de places dédiées aux PASA et aux UHR. Par la suite, les autorités ont précisé une cible d’implantation d’environ 300 structures UHR sur le territoire national, avec une répartition entre EHPAD et USLD[3].

Ce chiffre est à rapprocher du nombre de personnes potentiellement concernées. En France, environ 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée, et plus de 3,5 millions de proches aidants sont impliqués au quotidien. Les troubles neurocognitifs sont fréquents chez les personnes âgées, mais seules certaines situations cliniques justifient une admission en UHR.

Aidant qui se renseigne sur le nombre d'UHR en France pour son senior

Un ratio places/besoins très faible

IndicateurCe qu’il faut retenir
Personnes concernéesEnviron 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée en France.
Offre UHRLes UHR restent rares et très inégalement réparties selon les régions et les départements.
Capacité par unitéChaque UHR accueille un petit nombre de résidents, ce qui limite mécaniquement le nombre total de places.
Délais d’accèsL’admission peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois selon l’urgence et la disponibilité locale.
Écart offre/besoinsLa demande dépasse largement l’offre, d’où une saturation fréquente des places.

Concrètement, l’offre UHR reste très limitée au regard du nombre de personnes potentiellement concernées par la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée, ce qui explique la rareté des admissions et les délais souvent longs.

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Des délais d’attente longs et très inégaux

Les délais d’admission en UHR dépendent de trois facteurs : la disponibilité locale (souvent saturée), la sévérité des troubles (les situations d’urgence sont priorisées) et la qualité du dossier médical (score NPI-ES, certificat du médecin traitant, bilan neuropsychologique). En pratique :

  • 1 à 2 semaines pour les situations d’urgence (fugues répétées, agressivité mettant en danger le résident ou les autres).
  • 3 à 6 mois pour une admission non urgente dans une zone bien dotée.
  • 6 à 24 mois dans les territoires sous-dotés (zones rurales, certains départements d’Île-de-France et de PACA, outre-mer).

Une répartition géographique très inégale

La cartographie publiée par les ARS montre des écarts importants entre régions. L’Île-de-France revendique 27 UHR en EHPAD et 11 UHR en USLD, mais avec un taux d’équipement rapporté à la population particulièrement faible. La région PACA présente une situation similaire : densité de population élevée, places UHR limitées. À l’inverse, certains territoires comme le Pas-de-Calais affichent un taux d’équipement nettement supérieur à la moyenne nationale.

L’outre-mer reste largement sous-doté. Plusieurs départements de Guyane, Mayotte et La Réunion ne disposent d’aucune UHR opérationnelle, obligeant les familles à organiser un transfert vers la métropole, avec toutes les difficultés logistiques et affectives que cela implique.

Pourquoi si peu de places en UHR ? Les freins structurels

Le rapport IGAS de juillet 2023 sur l’évaluation des dispositifs spécialisés pour les maladies neurodégénératives a clairement identifié plusieurs blocages.

Un modèle coûteux pour les EHPAD

Ouvrir une UHR implique des travaux d’architecture (espaces sécurisés, jardin clos, signalétique adaptée), un ratio de personnel renforcé (un soignant pour deux à trois résidents en journée) et un recrutement d’assistants de soins en gérontologie[4] (ASG) formés à la maladie d’Alzheimer.

Le financement complémentaire versé par la CNSA via les ARS ne couvre pas toujours le coût réel pour le gestionnaire, en particulier dans les EHPAD privés à but lucratif où les UHR restent rares (1 à 2 % des établissements).

Une pénurie de personnel formé

La formation d’ASG nécessite 140 heures et reste sous-dimensionnée par rapport aux besoins. Les EHPAD peinent déjà à recruter des aides-soignants ; trouver des professionnels formés à la prise en charge spécifique des troubles du comportement complique encore l’équation. Le rapport IGAS recommande d’ailleurs de stopper le déploiement de nouvelles UHR au profit d’unités de vie de petite taille, plus souples, mieux intégrées à la vie de l’établissement.

Des critères d’admission stricts

Tous les résidents Alzheimer ne sont pas éligibles. L’admission en UHR repose sur trois critères cumulatifs :

  • un diagnostic confirmé de maladie d’Alzheimer ou apparentée,
  • une mobilité conservée (le résident doit pouvoir marcher, même avec aide) ;
  • un score supérieur à 7 ou 8 (selon les commissions) sur certains items de l’échelle NPI-ES, qui évalue douze troubles du comportement (agitation, agressivité, déambulation, cris, désinhibition, troubles du sommeil, anxiété, idées délirantes).

Le médecin coordonnateur évalue le candidat avant passage en commission.

Senior éligible à l'UHR

Que peuvent faire les familles concrètement ?

Face à la rareté des places, plusieurs stratégies augmentent les chances d’obtenir une admission dans des délais raisonnables.

  • Déposer plusieurs dossiers via le portail ViaTrajectoire, en élargissant la zone géographique de recherche (au-delà du département de résidence).
  • Contacter directement l’ARS de la région pour obtenir la liste actualisée des UHR et identifier les structures avec le moins de demandes.
  • Préparer un dossier médical solide : score NPI-ES récent, certificat du médecin traitant, bilan neuropsychologique, courrier du neurologue.
  • Explorer les alternatives : un Pôle d’Activités et de Soins Adaptés (PASA) au sein de l’EHPAD actuel, une Unité Cognitivo-Comportementale (UCC) en court séjour hospitalier pour stabiliser une crise, ou une Unité de Vie Alzheimer (UVA) à profil moins médicalisé.
  • Solliciter France Alzheimer (présent dans chaque département) pour un accompagnement administratif et émotionnel.

Et après ? Quelles perspectives pour les UHR

Le plan Maladies Neurodégénératives 2014-2019 a poursuivi le déploiement des dispositifs spécialisés, mais sans atteindre les objectifs initiaux du plan Alzheimer 2008-2012. La feuille de route 2023-2024 sur les maladies neurodégénératives a privilégié le renforcement des équipes spécialisées Alzheimer (ESA) à domicile et le développement des PASA, plutôt que la création massive de nouvelles UHR. Le rapport IGAS recommande même un changement de modèle, en faveur d’unités de vie de petite taille intégrées à la vie de l’établissement.

Pour les familles confrontées aujourd’hui à la maladie d’un proche, le message est clair : anticiper, multiplier les candidatures, et ne pas négliger les alternatives moins médiatisées (PASA, UCC, UVA, accompagnement à domicile renforcé) tant qu’une place UHR ne se libère pas.

Questions fréquentes

Combien de places UHR existe-t-il exactement en France ?

Environ 250 UHR sont opérationnelles, EHPAD et USLD confondus, pour un total estimé entre 3 000 et 3 500 places. Le chiffre exact varie selon les sources et les ouvertures en cours. La carte officielle est tenue à jour par les ARS et par le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

Quel est le délai d’attente moyen pour une admission en UHR ?

Le délai varie de 1 à 2 semaines pour les situations d’urgence à 6 à 24 mois dans les territoires sous-dotés. Une moyenne nationale autour de 6 à 12 mois est régulièrement évoquée par les associations de familles, mais elle masque des écarts régionaux très importants.

Quelles sont les alternatives si aucune UHR n’est disponible ?

Le PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés) au sein de l’EHPAD actuel offre une prise en charge en journée pour 12 à 14 résidents. L’UCC (Unité Cognitivo-Comportementale) accueille en court séjour hospitalier pour stabiliser une crise. L’UVA (Unité de Vie Alzheimer) propose un cadre sécurisé moins médicalisé. À domicile, les ESA (Équipes Spécialisées Alzheimer) interviennent jusqu’à 15 séances par an.

Pourquoi certaines régions ont-elles si peu d’UHR ?

Le déploiement initial du plan Alzheimer 2008-2012 a privilégié certaines régions selon les capacités des opérateurs locaux à porter le projet (financement, foncier, recrutement). L’Île-de-France et PACA, malgré une population dense, restent sous-dotées rapportées à leur population âgée. L’outre-mer cumule les difficultés (foncier, personnel formé, isolement).

Peut-on choisir librement une UHR dans une autre région ?

Oui. La demande se dépose via ViaTrajectoire et peut concerner n’importe quel établissement disposant d’une UHR sur le territoire français. Aucune obligation de résidence préalable dans le département n’est imposée. En pratique, élargir la zone de recherche augmente significativement les chances d’obtenir une place.

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