Quand la maladie de Parkinson progresse en EHPAD, les difficultés du quotidien s’installent souvent plus vite que les familles ne l’imaginent. Entre tremblements, lenteur, rigidité et perte d’autonomie, il devient alors très angoissant de voir un proche ne plus réussir à manger, se lever ou s’habiller seul. Dans cet article, vous allez découvrir le rôle concret de l’ergothérapeute en EHPAD, les aides qu’il peut mettre en place et comment obtenir une intervention utile sans alourdir inutilement le parcours.
Qu’est-ce qu’un ergothérapeute et pourquoi est-il essentiel face à Parkinson ?
Dans la maladie de Parkinson, les troubles évoluent par paliers et frappent à la fois la motricité (bradykinésie, tremblement de repos, rigidité, troubles de l’équilibre) et parfois la cognition (lenteur d’exécution, troubles attentionnels).
L’ergothérapeute est un professionnel de santé paramédical diplômé d’État, qui intervient en coordination avec l’équipe médicale, le plus souvent sur prescription médicale. Sa mission tient en une phrase : permettre à la personne de continuer à faire seule, ou avec un minimum d’aide, les activités qui structurent sa journée.
France Parkinson confirme que l’ergothérapie est recommandée dans les traitements non médicamenteux de la maladie, en complément du traitement par lévodopa. Depuis le 1er juillet 2023, les ergothérapeutes peuvent prescrire certains dispositifs médicaux et aides techniques, dans le cadre défini par les textes en vigueur, ce qui simplifie l’accès à l’équipement adapté.

Adapter les gestes du quotidien : l’économie d’énergie comme principe
Une personne atteinte de Parkinson dépense beaucoup plus d’énergie qu’une personne en bonne santé pour réaliser un même geste. L’ergothérapeute applique donc un principe central : l’économie d’énergie. Il s’agit de simplifier, fractionner et séquencer les activités pour préserver les capacités sur la durée de la journée, en tenant compte des fluctuations motrices liées au traitement (phases « on » et « off »).
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Les aides techniques recommandées par les ergothérapeutes
Les aides techniques sont des objets, équipements ou systèmes destinés à compenser une difficulté. Voici un tableau des aides les plus prescrites en EHPAD pour les résidents parkinsoniens, avec une fourchette de coût indicatif (hors prise en charge).
| Geste du quotidien | Aide technique recommandée | Coût indicatif |
|---|---|---|
| Manger, couper, piquer | Couverts lestés ergonomiques (manche large, antidérapant) | 25 à 80 € le set |
| Boire sans renverser | Verre lesté, mug à deux anses, paille rigide | 10 à 30 € |
| Stabiliser l’assiette | Set antidérapant en silicone, assiette à rebord | 8 à 25 € |
| Se lever d’un fauteuil ou du lit | Barre d’appui murale, rehausseur, potence de lit | 40 à 250 € |
| Transferts lit, fauteuil, toilettes | Disque de transfert, planche de glisse, ceinture de manutention | 30 à 150 € |
| Toilette et habillage | Enfile-bas, chausse-pied long, brosse à long manche, vêtements à scratch | 15 à 60 € |
| Marcher en sécurité | Déambulateur à quatre roues avec freins, canne lestée | 80 à 300 € |
| Écrire, téléphoner | Stylo lesté à grip large, téléphone à grosses touches | 10 à 40 € |
L’ergothérapeute ne se contente pas de prescrire : il essaie l’aide avec la personne, vérifie qu’elle l’utilise correctement et réévalue après quelques semaines. Une aide non utilisée est une aide inutile.
Prescription médicale : comment obtenir une intervention ?
L’accès à l’ergothérapie repose sur une prescription médicale. En EHPAD, le médecin coordonnateur ou le médecin traitant de l’établissement peut la rédiger.
Cette ordonnance précise l’objectif (bilan, séances de rééducation, évaluation d’aides techniques) et le nombre de séances envisagées.
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Comment se passe l’intervention de l’ergothérapeute en EHPAD ?
Tous les EHPAD ne disposent pas d’un ergothérapeute présent tous les jours. Selon le projet d’établissement et l’organisation des soins, deux modèles coexistent :
- Ergothérapeute salarié ou mutualisé : Présent à temps partiel ou partagé entre plusieurs établissements. Il participe à l’élaboration des projets de vie individualisés, évalue les capacités du résident et forme l’équipe soignante (aides-soignantes, accompagnants) aux bons gestes d’accompagnement.
- Ergothérapeute vacataire : Intervient ponctuellement pour réaliser des bilans d’autonomie précis, préconiser des aménagements de chambre ou participer aux réunions de suivi de la dépendance.
Lorsque l’ergothérapeute fait partie de l’équipe de l’établissement, son intervention est intégralement couverte par le forfait soins de l’EHPAD (financé par l’Assurance Maladie via l’ARS), sans aucun surcoût pour le résident.

Tarifs et financement : ce que coûte vraiment l’ergothérapie
Hors EHPAD, en cabinet libéral ou à domicile, le tarif d’une séance d’ergothérapie se situe entre 40 et 80 €, avec un bilan initial parfois facturé jusqu’à 170 €. L’ergothérapie en libéral n’est pas inscrite à la nomenclature de l’Assurance Maladie, donc la Sécurité sociale ne rembourse pas ces séances.
Plusieurs sources de financement existent néanmoins :
- L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) : pour les personnes de 60 ans et plus en perte d’autonomie, elle peut financer une partie des séances et des aides techniques, dans le cadre du plan d’aide validé par l’équipe médico-sociale du département.
- La mutuelle ou complémentaire santé : de plus en plus de mutuelles proposent un forfait annuel « médecines douces » ou « ergothérapie » allant de 150 à 300 € par an, ou un remboursement par séance entre 25 et 50 €, dans la limite d’un plafond.
- Les aides ponctuelles de la CPAM[3], des caisses de retraite (Agirc-Arrco, CNAV) ou de France Parkinson : France Parkinson dispose d’une commission habitat qui peut financer la visite d’un ergothérapeute pour adapter le logement avant ou après une entrée en EHPAD.
- La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) : pour les personnes ayant un dossier MDPH ouvert avant 60 ans, certaines aides techniques peuvent être prises en charge.
Ce que recommande France Parkinson aux familles
France Parkinson invite les proches à demander explicitement, lors de l’entrée en EHPAD, si un ergothérapeute intervient et à quelle fréquence. L’association recommande également d’intégrer l’ergothérapeute à la réunion annuelle du projet de vie individualisé, et de signaler tout changement d’autonomie (chute, perte de poids, difficulté nouvelle aux repas) pour déclencher un nouveau bilan. Plus l’intervention est précoce, plus elle est efficace pour préserver l’autonomie.
L’essentiel à retenir : l’ergothérapeute est le professionnel qui transforme la prise en charge médicale de Parkinson en autonomie concrète, geste après geste. En EHPAD, son intervention est généralement comprise dans le forfait soins. À l’extérieur, comptez 40 à 80 € par séance, avec un cumul possible entre APA, mutuelle et aides associatives. N’attendez pas la perte d’autonomie majeure pour solliciter un bilan : c’est en amont que l’ergothérapie est la plus efficace.
Questions fréquentes
Mon proche est en EHPAD, dois-je payer en plus pour l’ergothérapeute ?
Non, dans la grande majorité des cas. Si l’EHPAD emploie un ergothérapeute (salarié ou vacataire), son intervention est incluse dans le forfait soins financé par l’Assurance Maladie via l’ARS. Vous pouvez vérifier sa présence dans le projet d’établissement ou en demandant directement à la direction.
Tous les EHPAD ont-ils un ergothérapeute ?
Non, sa présence n’est pas réglementairement obligatoire. Toutefois, de nombreux établissements en emploient un à temps partiel ou partagent son temps avec d’autres structures. Les EHPAD disposant d’un PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés) ou d’une UHR[4] intègrent très généralement ce professionnel.
Peut-on faire venir un ergothérapeute libéral en EHPAD ?
Oui, avec l’accord préalable de la direction et du médecin coordonnateur. La prestation reste à la charge exclusive de la famille (environ 40 à 80 € l’heure), avec une prise en charge possible selon les garanties de la mutuelle du résident.
L’ergothérapeute peut-il prescrire les aides techniques lui-même ?
Oui. Le cadre réglementaire autorise les ergothérapeutes diplômés d’État à prescrire certains dispositifs médicaux et aides techniques (matériel de transfert, aides aux repas, déambulateurs) figurant sur la liste réglementaire, simplifiant ainsi le parcours de soin sans repasser systématiquement par une ordonnance médicale.
L’ergothérapie remplace-t-elle la kinésithérapie pour un parkinsonien ?
Non, les deux sont complémentaires. Le kinésithérapeute[6] travaille sur la marche, la posture, l’équilibre et la respiration. L’ergothérapeute travaille sur les activités du quotidien et l’environnement. Ensemble, avec l’orthophoniste, ils forment le trio rééducatif recommandé par France Parkinson et la HAS dans le parcours de soin de la maladie de Parkinson.



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