Quand l’accueil de jour Alzheimer semble abordable, tout se joue souvent sur un point oublié : le transport. Sans trajet inclus, un tarif raisonnable peut vite devenir trop lourd, surtout si le proche vit loin de la structure ou si l’aidant ne peut pas assurer les allers-retours. Dans cet article, vous allez voir comment vérifier si le transport est compris, ce que prévoit l’APA et comment éviter les pièges qui font grimper la facture au quotidien.
Ce que dit la loi
L’accueil de jour est défini par l’article D312-8 du Code de l’action sociale et des familles. Depuis le décret du 11 mai 2007, les structures de plus de six places doivent organiser le transport des bénéficiaires entre leur domicile et l’accueil de jour, ou justifier d’une impossibilité technique. Cette obligation a pour but d’éviter que le coût du transport ne dissuade les familles, en particulier en zone rurale.
Deux modèles existent dans la pratique :
- Transport organisé par la structure : navette interne, taxi conventionné, prestataire associatif. Le coût est inclus dans le tarif journalier ou facturé en supplément.
- Forfait transport versé à la famille : si la famille assure le transport elle-même, la structure verse un forfait, ou le déduit du tarif.
Le montant plafond du forfait journalier transport est fixé chaque année par arrêté ministériel. Il s’élevait à 12,95 euros pour 2024 selon l’article R314-207 du CASF. Les arrêtés annuels successifs ont ajusté ce plafond à la marge.

Le financement par l’APA
L’accueil de jour est financé en priorité via le plan d’aide de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile, attribuée par le conseil départemental aux personnes de 60 ans et plus en perte d’autonomie (GIR[2] 1 à 4).
Le plan d’aide APA peut couvrir :
- Le tarif journalier de l’accueil de jour, dans la limite du plafond APA de votre GIR.
- Le forfait transport, soit directement facturé à la structure, soit versé à la famille.
- Un complément de droit au répit, plafonné à 583,52 euros par an en 2026, qui peut financer des journées supplémentaires au-delà du plafond APA classique.
La participation financière du bénéficiaire dépend de ses ressources, selon le barème départemental. Au-dessous de 933,89 euros de revenus mensuels en 2026, la participation est nulle. Elle augmente progressivement jusqu’à 90 % au-dessus de 3 439,31 euros mensuels.
Lire un contrat d’accueil de jour : les six clauses à vérifier
| Clause | À vérifier | Question à poser |
|---|---|---|
| Tarif journalier | Détail hébergement, restauration, animations | Le tarif affiché est-il TTC ? |
| Transport | Inclus, optionnel, à la charge de la famille | Quel rayon kilométrique est couvert ? |
| Forfait transport | Montant, fréquence, qui le perçoit | Est-il versé à la famille ou facturé à l’APA ? |
| Conditions d’absence | Préavis pour annulation, facturation des jours non venus | Combien de jours d’absence autorisés par mois ? |
| Horaires de prise en charge | Heure de départ et de retour du domicile | Quelle amplitude pour le résident ? |
| Mode de transport | Navette dédiée, taxi conventionné, VSL | Le véhicule est-il adapté aux troubles cognitifs ? |
Demandez systématiquement le contrat de prise en charge et le règlement de fonctionnement. Le transport doit y figurer explicitement, avec son coût et ses modalités.
LIRE AUSSI : EHPAD : 3 questions à poser avant de signer le contrat d’hébergement
Ce que change un transport inclus au quotidien
Pour la personne malade, le transport organisé par la structure offre plusieurs bénéfices concrets :
- Continuité de prise en charge : un personnel formé Alzheimer accompagne le résident, ce qui réduit les épisodes d’angoisse au moment du trajet.
- Repérage des évolutions cliniques : le chauffeur ou l’accompagnant repère les jours où la personne est désorientée, fatiguée ou refuse de partir. Ces signaux sont transmis à l’équipe.
- Diminution de la fatigue : la personne n’attend pas dans le froid ou n’a pas à gérer un trajet long en transports en commun.
Pour l’aidant principal, c’est souvent le point qui décide de la viabilité de l’accueil de jour :
- Pas de double trajet quotidien (matin et soir) en plus de ses propres obligations.
- Une vraie journée de répit, et non un répit grignoté par les trajets.
- Une régularité possible sur plusieurs mois sans épuisement.
Contrat accueil de jour : Les trois pièges les plus fréquents
1. Le piège du périmètre : Beaucoup de contrats limitent le transport à un rayon de 10 ou 15 kilomètres. Au-delà, le forfait est plafonné ou le transport est refusé. Demandez la carte précise de la zone couverte avant de signer.
2. Le piège du forfait dévalué : Certaines structures versent un forfait transport très inférieur au coût réel d’un taxi pour la famille. Si vous assurez vous-même le transport, vérifiez que le forfait couvre au moins l’indemnité kilométrique de votre département.
3. Le piège du préavis d’absence : Si la personne ne peut pas venir un jour donné, le transport est-il facturé ? Le tarif journalier est-il maintenu ? Les contrats varient fortement : certains facturent dès le premier jour d’absence non justifié.

Démarches pour intégrer le transport au plan d’aide
- Demandez à l’équipe médico-sociale du conseil départemental, lors de la visite d’évaluation APA, d’inclure le transport accueil de jour dans le plan d’aide.
- Fournissez le contrat de la structure mentionnant le coût du transport.
- Si vous assurez vous-même les trajets, demandez un forfait familial sur la base du plafond annuel R314-207.
- Conservez les justificatifs (factures de la structure, attestations kilométriques) pour les contrôles éventuels.
- En cas de refus, demandez un recours gracieux auprès du président du conseil départemental, puis un recours administratif devant le tribunal administratif.
Questions fréquentes
Le transport d’accueil de jour est-il vraiment obligatoire ?
Pour les structures de plus de six places, le décret du 11 mai 2007 impose l’organisation du transport, sauf impossibilité dûment justifiée. La structure doit pouvoir produire cette justification écrite si elle ne propose pas le service.
Quel plafond annuel pour le forfait transport via l’APA ?
Le plafond du forfait journalier transport est fixé chaque année par arrêté. Il était autour de 13 euros par journée d’accueil en 2024-2025. Multiplié par le nombre de journées prévues au plan d’aide, il peut représenter plusieurs centaines d’euros par an.
Peut-on cumuler accueil de jour et droit au répit ?
Oui. Le droit au répit, plafonné à 583,52 euros par an en 2026, vient en complément du plan d’aide APA classique et peut financer des journées supplémentaires.
Le taxi conventionné ressemble-t-il au VSL ?
Non. Le VSL (véhicule sanitaire léger) est un transport sanitaire prescrit médicalement, distinct du transport d’accueil de jour. L’accueil de jour utilise plutôt des navettes dédiées ou des taxis conventionnés avec la structure.
Et si la personne refuse de monter dans le véhicule un matin ?
Les équipes formées à Alzheimer ont des protocoles de réassurance. Si le refus persiste, l’accueil de jour est annulé pour la journée, généralement sans facturation si la procédure d’absence est respectée.



Laissez un commentaire