PASA en EHPAD : combien d’établissements en disposent et pourquoi si peu en 2026

PASA en EHPAD : combien d'établissements en disposent et pourquoi si peu en 2026
Actualités des EHPAD Alzheimer

Quand une famille cherche un EHPAD pour un proche atteint d’Alzheimer ou de troubles du comportement, la présence d’un PASA en EHPAD peut faire une vraie différence au quotidien. Le problème, c’est que ces dispositifs restent encore rares en 2026, alors même que les besoins augmentent et que toutes les structures ne disposent pas des mêmes moyens pour les mettre en place. Cet article explique combien d’EHPAD ont réellement un PASA, pourquoi leur déploiement reste limité et quelles alternatives existent quand l’établissement pressenti n’en propose pas.

Ce qu’est un PASA et à qui il s’adresse

Le Pôle d’activités et de soins adaptés est un espace aménagé au sein d’un EHPAD, destiné à accueillir 12 à 14 résidents par jour, atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, présentant des troubles du comportement modérés. Les résidents y bénéficient, sur prescription du médecin coordonnateur, d’activités sociales et thérapeutiques individuelles ou collectives, animées par une équipe pluridisciplinaire formée.

Le dispositif a été créé par la circulaire DGAS/DSS/DHOS n°2009-195 du 6 juillet 2009, qui précise les modalités de mise en œuvre du volet médico-social du Plan Alzheimer 2008-2012. Le cahier des charges national fixe les conditions architecturales, l’encadrement, les activités obligatoires et les modalités de labellisation par les ARS.

Le PASA fonctionne en journée, du lundi au vendredi, et les résidents y sont conduits le matin pour y déjeuner et participer à des activités jusqu’en fin d’après-midi.

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Senior en PASA qui profite d'activités sociales et thérapeutiques

Combien de PASA en France en 2026

Le nombre de PASA labellisés a connu une montée en charge progressive. De 513 en décembre 2011, à environ 1 200 en 2017, le compteur dépasse aujourd’hui 1 800 PASA labellisés et financés. Rapporté à l’ensemble des EHPAD (7 500 environ), cela représente une couverture autour de 24 %. Le déploiement est inégal selon les régions, comme le montrent les appels à candidatures publiés par chaque ARS.

Région (exemples)Estimation du nombre de PASADynamique récente
Île-de-FranceEnviron 220Données croisées FINESS/CNSA/HAS publiées 2025-2026
Nouvelle-AquitaineEnviron 180Enveloppe 4,09 millions d’euros pour 50 nouveaux dispositifs en 2025
Grand EstEnviron 150Appel à candidatures pour 20 PASA supplémentaires
Auvergne-Rhône-AlpesEnviron 200Plan régional de déploiement actif
Pays de la LoireEnviron 100Appel à candidatures permanent
BretagneEnviron 110Cahier des charges régional révisé en 2025
Hauts-de-FranceEnviron 130Programme de création active
OccitanieEnviron 150Déploiement régulier

Ces chiffres sont indicatifs et reposent sur les données régionales publiées par les ARS et la CNSA, ainsi que sur les jeux de données croisés FINESS/CNSA/HAS publiés sur data.gouv.fr. Pour connaître la situation précise d’un département, il faut consulter le site de l’ARS concernée.

Pourquoi un déploiement aussi lent

Plusieurs freins structurels, financiers et organisationnels expliquent la lenteur du développement des PASA en EHPAD.

Un coût structurel pour l’EHPAD

Le PASA suppose un local dédié, sécurisé, aménagé selon des normes précises : surface minimale, accès à un jardin clos thérapeutique, espaces de repas, de repos et d’activités. Pour les EHPAD existants, cela implique souvent des travaux lourds, parfois la suppression de chambres existantes pour créer l’espace nécessaire. L’investissement, à la charge de l’établissement, freine de nombreuses directions.

Un financement ARS plafonné

Le PASA est financé à 100 % sur l’enveloppe soins. Le forfait annuel varie selon les régions : environ 63 800 euros pour un PASA de 14 places, 54 686 euros pour 12 places dans certaines régions. En Bretagne, le financement plafonne à 80 000 euros par an en année pleine. En Nouvelle-Aquitaine, certains PASA de 12 places sont financés jusqu’à 76 000 euros. Ce forfait couvre principalement le poste d’assistant de soins en gérontologie[3] (ASG) exigé par le cahier des charges, ainsi qu’une partie du temps de psychomotricien, ergothérapeute ou psychologue.

Une exigence d’encadrement contraignante

Le cahier des charges impose au minimum un ETP d’assistant de soins en gérontologie, un temps de psychomotricien ou d’ergothérapeute, l’intervention d’un psychologue et la supervision du médecin coordonnateur. Recruter et fidéliser ces profils, particulièrement les ASG, reste difficile sur de nombreux territoires, surtout en zone rurale ou périurbaine.

Une enveloppe nationale limitée

Chaque année, la CNSA notifie aux ARS une enveloppe régionale dédiée à la création de PASA et d’UHR (Unités d’hébergement renforcées). Cette enveloppe est limitée et oblige les ARS à sélectionner les projets parmi de nombreuses candidatures. La règle est désormais claire : les PASA non ouverts au 1er octobre 2026 verront leur labellisation retirée, ce qui pousse les ARS à privilégier les dossiers les plus aboutis.

Conditions du cahier des charges DGAS

Pour être labellisé, un EHPAD doit respecter une série de critères stricts définis par la circulaire DGAS de 2009 et précisés par les recommandations de la HAS.

Parmi les exigences principales figurent :

  • un local dédié et sécurisé, accessible aux personnes en perte d’autonomie ;
  • un projet de soins et de vie spécifique au PASA, distinct du projet général de l’EHPAD ;
  • une équipe formée à la prise en charge des troubles du comportement ;
  • un protocole d’admission validé par le médecin coordonnateur ;
  • un cahier de liaison avec les équipes des unités de vie ;
  • une évaluation des résidents accueillis selon la grille NPI-ES (inventaire neuropsychiatrique version équipe soignante) ;
  • des activités thérapeutiques structurées (stimulation cognitive, musicothérapie, art-thérapie, jardinage thérapeutique, ateliers cuisine).

Senior dans un EHPAD qui respecte les conditions du cahier des charges DGAS

Alternatives quand l’EHPAD n’a pas de PASA

L’absence de PASA dans un établissement n’est pas rédhibitoire. Plusieurs dispositifs complémentaires ou alternatifs existent et peuvent répondre aux besoins.

DispositifPour quiCaractéristiques
UVP (Unité de vie protégée)Résidents Alzheimer avec risque de fugueHébergement permanent fermé, 12 à 20 places
UHR[4] (Unité d’hébergement renforcée)Troubles du comportement sévèresHébergement 24h/24, 12 à 14 places, encadrement renforcé
Ateliers thérapeutiquesTous résidentsStimulation cognitive, musicothérapie, animation
Accueil de jour externePersonnes à domicile ou résidents1 à 5 jours par semaine en structure dédiée
Équipe spécialisée Alzheimer (ESA)Intervention à domicile15 séances de réhabilitation à domicile

Les ateliers thérapeutiques internes à l’EHPAD, lorsqu’ils sont régulièrement programmés et animés par un psychomotricien ou un ergothérapeute, peuvent constituer une alternative correcte au PASA pour les troubles du comportement modérés. Demander au directeur l’organigramme exact des activités hebdomadaires et la qualification des animateurs est un bon réflexe.

Projets de renforcement pour 2026-2027

La feuille de route ministérielle sur le grand âge prévoit un renforcement progressif des dispositifs Alzheimer en EHPAD. Les ARS publient régulièrement des appels à candidatures, et plusieurs régions ont annoncé des plans de création supplémentaires. La CNSA finance également des expérimentations autour des PASA itinérants, qui permettent à un PASA implanté dans un EHPAD de rayonner sur deux ou trois établissements voisins, mutualisant ainsi l’encadrement et les activités.

FAQ

Comment savoir si un EHPAD dispose d’un PASA ?

L’information figure normalement sur le site internet de l’établissement, sur le portail viatrajectoire.fr, sur le site du portail national pour-les-personnes-agees.gouv.fr et sur la plateforme du ministère. Vous pouvez également poser la question directement au directeur lors de la visite.

L’accueil en PASA est-il facturé en supplément ?

Non. Le PASA est financé par l’ARS sur l’enveloppe soins de l’EHPAD. L’accueil en journée d’un résident dans le PASA n’entraîne pas de surcoût pour la famille au-delà du tarif d’hébergement habituel.

Mon proche peut-il aller au PASA tous les jours ?

L’accueil en PASA se fait sur prescription du médecin coordonnateur, généralement entre un et cinq jours par semaine, du lundi au vendredi. Le PASA ne fonctionne pas le week-end ni les jours fériés.

Quelle est la différence entre PASA et UHR ?

Le PASA accueille en journée des résidents avec troubles modérés du comportement, qui retournent dormir dans leur chambre. L’UHR (Unité d’hébergement renforcée) accueille en hébergement permanent 24h/24 des résidents présentant des troubles sévères. Le cadre, l’encadrement et la finalité diffèrent.

Que faire si aucun EHPAD avec PASA n’est disponible dans ma région ?

Recherchez les EHPAD disposant d’un programme d’activités thérapeutiques structuré, animé par un psychomotricien ou un ergothérapeute. Vérifiez la formation du personnel aux troubles du comportement (ASG, formation Alzheimer). L’accueil de jour externe à l’EHPAD, plusieurs fois par semaine, peut compléter utilement la prise en charge.

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