Comment le GIR est-il calculé ? Comprendre le calcul du Groupe Iso-Ressources pour les seniors

Comment le GIR est-il calculé Comprendre le calcul du Groupe Iso-Ressources pour les seniors
Droits et Aides

En France, le GIR[1] détermine bien plus qu'un simple niveau d'autonomie. Derrière ce sigle – pour Groupe Iso-Ressources – se joue l'accès à l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), le montant de l'aide, la nature de l'accompagnement à domicile ou en établissement. Pourtant, peu de familles savent précisément comment s'établit ce score, ni sur quels critères il repose. Découvrez les détails concrets d'un calcul qui pèse lourd dans la vie quotidienne des personnes âgées.

Le GIR[1] : une référence nationale pour qualifier la dépendance

Le GIR[1] est l'indicateur officiel qui permet d'objectiver la perte d'autonomie des seniors. Il classe chaque personne âgée dans l'un des six groupes, du GIR[1] 1 (dépendance maximale) au GIR[1] 6 (autonomie quasi-complète). 

Ce classement, loin d'être anecdotique, conditionne l'accès à l'APA, la principale aide publique pour le maintien à domicile[3] ou le financement du tarif dépendance en EHPAD.

L'enjeu : adapter l'accompagnement aux besoins réels, garantir l'équité dans l'accès aux dispositifs, et orienter vers les bonnes solutions. 

Chaque année, des dizaines de milliers de dossiers sont instruits par les conseils départementaux, qui s'appuient tous sur le même outil : la grille AGGIR[5][4].

senior en perte d'autonomie et évaluée en GIR 4

LIRE AUSSI : APA en EHPAD 2025 : calcul, montant, ticket modérateur et formulaire selon votre GIR [1]

La grille AGGIR[5][4] : 17 critères, 10 essentiels pour le calcul

C'est sur la grille AGGIR[5] (Autonomie Gérontologique et Groupe Iso-Ressources) que repose tout le processus. Outil normé, commun à tous les départements, la grille dissèque 17 activités de la vie quotidienne, mais seules 10 – dites discriminantes – servent à déterminer le GIR[1].

  • Capacité à la communication cohérente, verbale ou non verbale
  • Orientation dans le temps et l'espace
  • Réalisation autonome de la toilette
  • Habillage et déshabillage
  • Prise des repas (alimentation préparée fournie)
  • Gestion de l'élimination (hygiène urinaire et fécale)
  • Transferts : se lever, se coucher, s'asseoir
  • Déplacements à l'intérieur du logement
  • Déplacements à l'extérieur, sans utiliser de moyen de transport
  • Utilisation d'un moyen de communication à distance (téléphone, sonnette, alarme)

Les 7 autres (gestion des affaires, préparation des repas, ménage, transport, achats, suivi du traitement, activités de loisirs) sont qualifiées d'illustratives ; elles n'entrent pas dans le calcul, mais éclairent la situation globale.

Comment s'effectue l'évaluation ?

L’évaluation du niveau de dépendance repose sur une procédure encadrée, menée par des professionnels, selon des critères précis et observables dans la vie quotidienne.

Qui réalise l’évaluation et dans quel cadre

L'évaluation ne s'improvise pas :

  • À domicile, elle est réalisée sur rendez-vous, par un membre de l'équipe médico-sociale mandatée par le département, après une demande d'APA. 
  • En établissement (EHPAD, USLD[6]), l'évaluation revient le plus souvent au médecin coordonnateur[7], en lien avec l'équipe soignante. La famille ou les proches peuvent assister à l'entretien, sans influer sur la notation.

Une évaluation formalisée à partir de critères codés (A, B ou C)

Pour chaque critère, le professionnel attribue un code :

  • A : la personne réalise seule, spontanément, de façon correcte et régulière
  • B : la personne accomplit l'acte seule mais de façon partielle, incomplète, ou de manière irrégulière
  • C : la personne ne peut pas faire seule, ou ne veut pas

Une appréciation fondée sur les capacités réelles au quotidien

L'évaluation s'attache à la réalité quotidienne, pas à ce que la personne pourrait faire dans l'idéal. Les actes sont observés ou décrits, selon les situations, mais toujours analysés sous l'angle de la spontanéité, de la complétude, de la régularité. Un geste fait parfois, ou sous contrainte, ne compte pas comme acquis.

seniors faisant une évaluation du GIR à domicile

LIRE AUSSI : Quand faut-il demander une évaluation AGGIR pour un proche âgé ?[5]

Du code à la classification : comment se décide le GIR[1] ?

La grille AGGIR[5][4] ne sort pas une note, mais un profil. Selon la combinaison de codes A, B, C sur les 10 critères discriminants, l'algorithme – défini nationalement – attribue un GIR[1] de 1 à 6. Les professionnels s'appuient sur un guide de remplissage précis, pour homogénéiser les évaluations sur tout le territoire.

Le classement s'effectue ainsi :

  • GIR[1] 1 : personne confinée au lit ou en fauteuil, avec fonctions mentales gravement altérées, nécessitant une présence continue
  • GIR[1] 2 : soit personne alitée mais avec fonctions mentales moins dégradées, soit personne mobile mais désorientée, demandant une surveillance permanente
  • GIR[1] 3 : autonomie mentale préservée, mobilité partielle, aide nécessaire plusieurs fois par jour pour l'autonomie corporelle
  • GIR[1] 4 : aide requise pour les transferts, la toilette, l'habillage, mais déplacements à l'intérieur maîtrisés
  • GIR[1] 5 : autonomie globale, aide ponctuelle sur la toilette ou la préparation des repas
  • GIR[1] 6 : personne totalement autonome pour les actes essentiels

Un tableau synthétise les droits :

GIR[1]Degré de dépendanceDroit à l'APA
1Dépendance maximale, besoin de présence constanteOui
2Dépendance très forte, aide majeure pour les actes essentielsOui
3Aide fréquente pour l'autonomie corporelleOui
4Aide pour certains gestes, autonomie intérieure préservéeOui
5Aide occasionnelle pour hygiène ou repasNon, aides caisse de retraite
6Autonomie pour les actes de la vie quotidienneNon, aides caisse de retraite

Qui peut établir le GIR[1] ? Et pourquoi ça compte

Seuls des professionnels habilités – médecin coordonnateur[7], équipe médico-sociale du département, parfois médecin traitant – peuvent fixer officiellement le GIR[1]. L'auto-évaluation par la famille peut donner une idée, mais n'a aucune valeur pour ouvrir droit à l'APA. 

Ce point a son importance : sans évaluation validée, pas d'aide, pas de plan d'accompagnement officiel.

En EHPAD, le GIR[1] conditionne le tarif dépendance : plus la dépendance est forte, plus ce tarif grimpe. À domicile, il influe sur le montant maximal de l'APA. Dans tous les cas, le GIR peut être réévalué[1] en cas d'évolution de la situation : un simple courrier au Conseil départemental suffit pour demander une nouvelle visite.

GIR[1] 5 et 6 : que reste-t-il comme solutions ?

Les personnes classées en GIR[1] 5 ou GIR[1] 6 n'ont pas accès à l'APA, mais peuvent frapper à la porte de leur caisse de retraite. Celles-ci proposent des aides à domicile pour l'entretien du logement, la préparation des repas, ou l'accompagnement social. Des dispositifs complémentaires existent aussi : carte d'invalidité, aide sociale à l'hébergement (ASH) pour certains profils.

Une procédure qui va évoluer en 2025 ?

À partir du 1er juillet 2025, vingt-trois départements entrent en phase d'expérimentation : le financement des EHPAD change, en fusionnant les tarifs soins et dépendance en un forfait unique. Pour ces établissements pilotes, l'APA en établissement disparaît, remplacée par ce forfait global. La grille AGGIR[5][4], elle, conserve sa place dans l'évaluation du besoin d'accompagnement, mais le paysage des aides évolue. Rester attentif aux annonces locales s'avère utile si un proche est concerné.

FAQ : ce que vous cherchez souvent sur le GIR[1]

Comment demander une évaluation du GIR[1] ?

Il suffit de déposer une demande d'APA auprès du Conseil départemental. Une visite d'un professionnel sera programmée, généralement sous quelques semaines.

Peut-on contester le classement ?

Oui, un recours gracieux est possible auprès du département si la perte d'autonomie s'aggrave ou si la famille estime le classement inadapté. Un courrier motivé, parfois accompagné d'un certificat médical, enclenche une réévaluation.

L'évaluation est-elle valable à vie ?

Non. À tout moment, une évolution de l'état de santé justifie une nouvelle évaluation. Les services sociaux restent vigilants, notamment en établissement où la situation peut changer rapidement.

Quelles aides pour les GIR[1] 5 et 6 ?

Aucune APA, mais des aides ménagères ou un accompagnement peuvent être versés par la caisse de retraite, sous conditions de ressources.

Où trouver un service d'évaluation ?

Les annuaires départementaux listent les services APA, les EHPAD, les services d'aide à domicile[9]. Le portail national pour-les-personnes-agees.gouv.fr fournit des contacts précis pour chaque territoire.

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