Quand doit-on aller en EHPAD en cas de maladie de Parkinson ? Les signes qui montrent que le maintien à domicile devient dangereux 

Quand doit-on aller en EHPAD en cas de maladie de Parkinson Les signes qui montrent que le maintien à domicile devient dangereux
Maisons de retraite

Décider d’une entrée en EHPAD pour un proche atteint de la maladie de Parkinson n’est jamais une décision facile. Les familles hésitent, doutent, redoutent d’agir trop tôt… ou trop tard. Entre la culpabilité des aidants, l’attachement du proche à son domicile et sa peur de l’institution, il est difficile de savoir quand le maintien à domicile[1] devient réellement risqué. Cet article vous aide à identifier les signaux d’alerte pour comprendre à quel moment l’EHPAD Parkinson devient la meilleure solution pour votre proche.

Parkinson et maintien à domicile[1] : ce qui fonctionne et jusqu’à quand ?

Le maintien à domicile[1] est souvent le premier choix, et il peut être très bénéfique pendant plusieurs années. Mais la maladie de Parkinson est évolutive, ce qui implique une réévaluation régulière de la situation.

Les bénéfices du maintien à domicile[1]

Rester chez soi permet de conserver ses repères, son rythme et une certaine autonomie. Le domicile rassure, limite le stress et favorise parfois une meilleure adhésion aux soins. 

Avec des aides adaptées (infirmiers, kinésithérapeutes, aides à domicile), de nombreuses personnes atteintes de Parkinson vivent longtemps chez elles dans de bonnes conditions.

Les limites liées à l’évolution de la maladie

Avec le temps, les symptômes moteurs tels que la raideur des membres, la lenteur des déplacements, les troubles de l’équilibre et les symptômes non moteurs tels que la fatigue, les troubles cognitifs et l’anxiété s’intensifient

Le logement, même aménagé, peut devenir inadapté à l’augmentation des besoins. La sécurité et la continuité des soins deviennent plus difficiles à garantir.

Cette évolution impacte également l’aidant, souvent un conjoint ou un proche, qui voit sa charge s’alourdir progressivement. Les sollicitations deviennent quasi permanentes, le temps de repos diminue et l’inquiétude s’installe. Lorsque l’aidant commence à s’épuiser, à négliger sa propre santé ou à ne plus pouvoir assurer une présence constante, le maintien à domicile[1] devient fragile, voire risqué pour les deux.

senior atteinte de Parkinson avec une aide à domicile

Pourquoi la question se pose tôt ou tard ?

Ce n’est pas l’âge ni le diagnostic en soi qui imposent l’entrée en EHPAD Parkinson, mais l’accumulation de difficultés. La question se pose lorsque le domicile ne permet plus d’assurer la sécurité, la santé et la dignité de la personne.

La maladie de Parkinson est évolutive : une solution adaptée aujourd’hui peut ne plus l’être demain. Il est important de réévaluer régulièrement l’état de santé et les besoins du proche malade.

Les signes concrets qui montrent que le maintien à domicile[1] devient dangereux

Certains signaux doivent alerter. Pris isolément, ils peuvent sembler gérables. Ensemble, ils indiquent souvent que le domicile n’est plus sécurisé.

Risques physiques et accidents domestiques

Les chutes répétées sont l’un des premiers marqueurs de danger. Les troubles de la marche, le blocage des pieds au sol, la perte d’équilibre ou la difficulté à se relever augmentent fortement le risque de fractures et d’hospitalisations.

La rigidité des gestes, la lenteur d’exécution et les troubles de la coordination exposent également à des accidents domestiques : brûlures en cuisine, coupures, difficultés à manipuler des objets chauds ou tranchants ou encore mauvaise utilisation des appareils électriques.

Difficultés cognitives et comportementales

La maladie de Parkinson peut s’accompagner de troubles de l’attention, de confusion ou de difficultés à évaluer correctement les situations.

Certains comportements deviennent alors à risque, par exemple sortir seule la nuit, oublier d’éteindre le gaz, ou refuser de l’aide. 

La maladie et les traitements peuvent également entraîner des excès de colère, de l’impulsivité, de l’opposition ou des prises de décision inhabituelles. Ces situations exposent la personne atteinte à des accidents graves et rendent la surveillance indispensable.

Gestion des traitements et des soins

Les médicaments antiparkinsoniens exigent une prise très rigoureuse, souvent à des horaires précis et avec des ajustements fréquents. Les oublis, les erreurs de dosage ou les effets secondaires non repérés peuvent entraîner des complications sévères et des hospitalisations évitables.

Avec l’évolution de la maladie, les soins deviennent plus nombreux et plus techniques :

  • toilettes médicalisées ; 
  • aide à l’habillage ; 
  • surveillance quotidienne de l’état général et de la prise des médicaments ; 
  • aide à la prise des repas.

La coordination de ces soins repose alors largement sur les proches.

Quand l’aide à domicile[3] ne suffit-elle plus à une prise en charge sécurisée du proche malade ?

L’augmentation des aides à domicile est souvent une étape intermédiaire naturelle. Elle permet de prolonger le maintien à domicile[1], mais elle ne répond pas toujours à l’ensemble des besoins lorsque la maladie progresse.

La multiplication des intervenants

Aides à domicile, infirmiers, kinésithérapeutes, auxiliaires de vie… À mesure que les besoins augmentent, les intervenants se multiplient. Cette succession de passages peut désorganiser le quotidien, perturber les repères de la personne atteinte de Parkinson et générer de la fatigue ou de l’anxiété.

La nécessité d’une présence continue, y compris la nuit

Lorsqu'il y a des risques importants de chutes nocturnes, d’errance ou d’anxiété, une présence humaine devient nécessaire 24h/24. Or, cette continuité est difficile à garantir durablement à domicile, tant sur le plan humain que financier.

L’impact sur l’équilibre familial et l’aidant

À ce stade, les proches sont souvent sollicités en permanence. Le rôle d’aidant empiète sur la vie personnelle, professionnelle et familiale. Le domicile se transforme progressivement en lieu de soins intensifs, sans la sécurité médicale ni l’organisation d’une structure spécialisée.

Pourquoi l’EHPAD peut devenir une solution de protection ?

L’entrée en EHPAD est souvent vécue comme un renoncement, voire un échec. En réalité, il s’agit plus d’une décision réfléchie qui vise à protéger la personne malade et son entourage, lorsque le domicile ne suffit plus.

Une sécurité assurée 24h/24

En EHPAD, la présence permanente de professionnels permet de : 

  • limiter les risques d’accident
  • intervenir rapidement en cas de chute ou de malaise
  • sécuriser les moments les plus à risque, notamment la nuit

Cette surveillance continue est difficilement reproductible à domicile sur le long terme.

Un suivi médical et des soins continus coordonnés pour sécuriser la prise en charge 

L’EHPAD offre un cadre structuré avec un suivi médical régulier, une coordination des soins et une surveillance des traitements. Les professionnels travaillent en lien étroit, ce qui permet de repérer rapidement les besoins d’ajustements thérapeutiques, ce qui réduit les complications et les hospitalisations en urgence.

senior avec Parkinson avec une aide-soignante en EHPAD

Un allègement de la charge pour les proches

Pour les aidants, l’entrée en EHPAD permet souvent de sortir d’un rôle d’assistance permanente. Elle offre la possibilité de redevenir conjoint, enfant ou proche, sans porter seul la responsabilité de la sécurité et des soins. Cet allègement est essentiel pour prévenir l’épuisement et préserver la relation affective.

Existe-t-il des alternatives à l’EHPAD avant d’envisager une entrée définitive ?

Avant d’envisager une entrée définitive en EHPAD, il existe plusieurs solutions intermédiaires. Elles permettent parfois de retarder la décision, tout en évaluant les besoins réels sur la durée.

L’accueil de jour en établissement spécialisé

L’accueil de jour permet à la personne atteinte de Parkinson de bénéficier, quelques jours par semaine, d’un accompagnement encadré avec des activités adaptées et une surveillance professionnelle. Il favorise le maintien du lien social tout en offrant un temps de répit indispensable aux aidants.

Trouver un accueil de jour ici.

L’accueil temporaire

L’accueil temporaire en EHPAD peut être envisagé après une hospitalisation, lors d’une période de fatigue de l’aidant ou pour tester la vie en structure. Il constitue souvent une étape rassurante et permet d’anticiper une éventuelle entrée définitive sans rupture brutale.

La garde de nuit

Lorsque les difficultés surviennent principalement la nuit, la mise en place d’une garde de nuit peut sécuriser temporairement la situation. La présence d’un professionnel permet d’intervenir rapidement en cas de problème et de rassurer la personne malade comme ses proches.

Cependant, cette solution reste lourde à organiser et coûteuse sur la durée. Elle implique une coordination précise, une continuité de personnel et une adaptation constante aux évolutions de la maladie.

Le renforcement des aides à domicile

Le renforcement des aides à domicile peut permettre de prolonger le maintien à domicile[1] pendant un temps. Il repose généralement sur la combinaison de plusieurs interventions : 

  • aides à la toilette et à l’habillage ;
  • passages infirmiers pour les soins et les traitements ;
  • séances de kinésithérapie[4] ;
  • accompagnement pour les repas ou les déplacements ;
  • présence d’auxiliaires de vie plusieurs heures par jour

Ces aides peuvent être en partie financées par des dispositifs comme l’APA. Elles facilitent l’accès à un accompagnement plus soutenu, notamment lorsque la perte d’autonomie progresse.

Comment préparer une entrée en EHPAD pour une personne atteinte de Parkinson ?

Préparer une entrée en EHPAD en amont permet d’éviter les décisions prises dans l’urgence. Anticiper cette étape aide à préserver le dialogue, à réduire l’anxiété et à accompagner le changement dans de meilleures conditions.

Anticiper la décision et les démarches

Idéalement, la réflexion autour de l’EHPAD doit débuter avant que la situation ne devienne critique. Se renseigner sur les établissements, constituer les dossiers administratifs et évaluer les besoins médicaux en amont permet de disposer de solutions lorsque le maintien à domicile[1] atteint ses limites.

Définir des critères de choix adaptés à la maladie de Parkinson

Tous les EHPAD ne proposent pas le même niveau d’accompagnement. Il est important de vérifier : 

  • l’expérience de l’équipe avec les pathologies neurodégénératives ;
  • la présence de professionnels formés ;
  • l’organisation des soins
  • l’accès à la kinésithérapie[4]
  • la capacité de l’établissement à s’adapter à l’évolution des symptômes

Le cadre de vie, la localisation et la possibilité de visites régulières sont également des critères essentiels.

Se renseigner sur le coût de l’EHPAD Parkinson et les aides financières possibles

L’entrée en EHPAD soulève inévitablement la question du coût, souvent source d’inquiétude pour les familles. Le tarif d’un EHPAD Parkinson dépend de plusieurs éléments : niveau de dépendance, besoins en soins, localisation de l’établissement et prestations proposées.

Des aides financières peuvent toutefois venir réduire le reste à charge. 

L’APA, les aides au logement, les soutiens des caisses de retraite ou encore la réduction d’impôt[5], permettent d’accompagner cette transition. Anticiper ces aspects financiers en amont évite que la question du coût ne devienne un frein ou une source de tension supplémentaire.

Accompagner le proche dans cette transition

L’entrée en EHPAD peut être vécue comme une perte de repères ou une remise en question de l’autonomie. 

Il est essentiel d’associer la personne atteinte de Parkinson aux discussions, de respecter son rythme et d’expliquer les raisons de la décision en termes de sécurité et de confort. 

Maintenir des habitudes, personnaliser la chambre et conserver des temps de visite réguliers favorisent une adaptation progressive et apaisée.

FAQ

À quel stade de Parkinson l’EHPAD est-il recommandé ?

Il n’existe pas de stade précis. La décision repose sur le niveau de danger et de dépendance, pas uniquement sur l’évolution médicale.

Peut-on entrer en EHPAD sans troubles cognitifs ?

Oui. Les troubles moteurs sévères et le risque de chute peuvent suffire à justifier une entrée.

Le refus du proche est-il fréquent ?

Le refus du proche est très fréquent. Il nécessite du temps, du dialogue et parfois un accompagnement professionnel.

Existe-t-il des EHPAD spécialisés Parkinson ?

Certains établissements ont une expertise renforcée, mais ils restent rares. L’important est la qualité du suivi et de l’équipe.

L’EHPAD est-il définitif ?

Pas toujours. Une entrée peut être temporaire, notamment après une hospitalisation.

Quelles aides financières sont possibles ?

Des aides comme l’APA, les aides au logement ou certaines réductions fiscales peuvent contribuer au financement.

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